Fureurs terroristes et terreur antiterroriste

Le bagage clandestin de l'immigration

S'ouvrir autant qu'on le fait avec ses valises

Tribune libre

Depuis le 11 septembre 2001, le monde tremble de fureurs terroristes et de terreur antiterroriste. Des fous sèment des horreurs, et des politiciens leur livrent une effroyable bataille, interminable. À toutes les années électorales, la lutte effrénée au terrorisme reprend et mousse le vote. Car l'électeur aime bien se faire dire qu'on a assez de muscles pour prendre le dessus sur la menace à notre sécurité.

Le terrorisme A et le terrorisme B

La nuit porte conseil, mais aussi la nuit fait peur. Quand ça fait sombre, obscure, ça s`me la trouille. Le jour, la lumière dissipe la peur. Le terrorisme fonctionne comme l'obscurité. Moins on sait ce quoi il s'agît, plus on est terrorisé. Et pourtant j'ai l'impression qu'on sait clairement ce que c'est. Je crois que la clarté entoure la perception de la sécurité. Tout le monde sait ce que c'est sa sécurité et la sécurité collective. Mais c'est plutôt nébuleux le terrorisme. Autant pour les terroriste en herbe, autant pour les terrorisés. Qui sont-ils les terroristes ? Où sont-ils ? Que cherchent-ils ? Qu'est-ce qui les poussent à la violence?

Le terrorisme alimente de sombres débats, avec une tonne de mots de consonance troublante. Par exemple, radicalisation. Que signifie « radicalisé » ? Quiconque a l'écoute courte envers l'autre, quiconque est renfermé sur ses propres perceptions est radicalisé. Mais radicalisé sonne « islamiste » dans mon oreille. Pourquoi ? Parce que je suis moi-même radicalisé, à mon insu. Est-ce que le radicalisé est conscient de son état d'esprit ? Je ne crois pas.

Le terrorisme fonctionne de deux façons, l'une est l'action terroriste, l'autre est la réaction antiterroriste. On prend des mesures disproportionnées, on accroît le spectre de la terreur. On se sent terrorisé, parce qu'on nous fait voir la menace venant de partout. On dirait que le gouvernement est impuissant, ne sait plus se faire confiance pour assurer la sécurité. Alors, il prend les gros canons et enferme tout le monde dans un bunker pressurisé. On ne sait pas d'où part et où s'estompe la terreur, alors notre perception de sécurité vole en éclat.

Terrorisme migratoire

Au Canada et en Occident en général, la menace terroriste a vite viré au «djihadisme». On parle alors de distorsions de perceptions existentielles. Autant ici on tient tant à la sécurité publique et aux libertés individuelles, autant ailleurs on s'accroche sur le surréalisme absurde et d'idéologie du désespoir. Alors que des jeunes d'ici vont à l'école et prennent le goût à vivre en paix, d'autres d'ailleurs confondent la liberté d'expression avec la liberté d'explosion. Confus, ils se font exploser pour faire exploser d'autres humains, dans le but mal compris de se faire comprendre. Qui sont ces «gens d'ailleurs» ? Ici chez nous il y en a aussi. Je l'entends souvent et je les croise à l'église, à l'épicerie, à la mosquée, au centre d'achat, etc. Ce sont des gens venus d'ailleurs, ou plutôt ayant les pieds et les yeux ici mais le coeur et l'esprit ailleurs. De mon point de vu, ce sont des gens frustrées et exaspérées, abandonnées à eux-mêmes ou dans les bras de terroristes.

Ces derniers jours mes proches de souche m'approchent et me font sentir leur déception de voir que des gens d'ailleurs ne savent pas mordre à notre paix et nous livrent le terrorisme. Ma réponse est simple. Ce sont des gens arrivées en fuyant la terreur. Dans leurs valises ils en ont amené des germes. Et ces valises n'ont jamais été défaites. Alors ? La solution est simple, me dit doucement Mr Tremblay : qu'ils refassent leurs valises. Ou plutôt faut-il les aider à les défaire. Je veux dire, qu'ils se fassent soigner, et qu'ils se sentent accompagnés.

Une thérapie collective

Des gens venues d'ailleurs sont des humains. C'est à dire qu'elles ont un coeur et un esprit. Souvent elles ont fuit des conflits violents nourris aux divergences d'idées et de perceptions. Je pense en ce moment aux Rwandais, aux burundais, aux Yougoslaves, aux Palestiniens, etc. Au Canada, ces divergences les rattrapent. Lorsqu'elles ne les poussent pas dans des guéguerres intracommunautaires, elles les emprisonnent dans une sorte de ghetto ethnique où l'on a l'intime conviction qu'en dehors on n'est pas bien compris ni bien perçu. La situation devient très instables avec le brassage des irritants médiatiques. Il enflamme les esprits sensibles pour les tourner vers une absurde quête d'équité par la violence. Hélas cela nous surprend toujours et on cherche le coupable. Le premier qui nous vient à l'esprit, c'est la cellule d'un terrorisme en dormance ou en herbe. Et pourquoi ce n'est pas le gouvernement ?

En admettant sur le sol canadien des fugitifs, le gouvernement prend l'engagement de les accompagner dans leur conquête de la paix. La paix intérieure et la paix avec autrui. Cet engagement va au delà des balises légales. Il faut à mon avis et c'est primordial, amener l'individu et les communautés vers la guérison. Les communautés ont par ailleurs un rôle important à jouer dans la thérapie. Un rôle essentiel et incontournable de défection des valises et d'éducation à l'enracinement. Le gouvernement a quant à lui de devoir d'assister les communautés et s'assurer qu'elles jouent correctement leurs partitions.

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François Munyabagisha78 articles

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Psycho-pédagogue et économiste, diplômé de l'UQTR
(1990). Au Rwanda en 94, témoin occulaire de la tragédie de «génocides»,

depuis consultant indépendant, observateur avisé et libre penseur.





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1 commentaire

  • Pierre Cloutier Répondre

    31 janvier 2015

    Pourquoi chercher midi à 14 heures? Vous savez fort bien que le terrorisme actuel n'est pas relié aux immigrants d'où qu'ils proviennent du monde entier, mais à l'islam.
    Pour guérir une maladie, il faut d'abord l'identifier et poser le bon diagnostic.
    La source de la haine du terrorisme actuel est dans le Coran. L'avez-vous lu? Non? Lisez-le et on en reparlera. Ok?

    En attendant je vous laisse méditer, à titre d'exemples, sur 2 versets du Coran, qui contiennent des appels au génocide contre les polythéistes et les non croyants et des incitations à la haine contre les non musulmans y compris les Juifs et les chrétiens et ces versets s'adressent à TOUS les musulmans, car ce sont des ordres d'Allah. Les voici - Versets 5 et 29 de la Sourate 9 ou 113 (en ordre chronologique):
    5. Après que les mois sacrés expirent, TUEZ les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux.
    29. COMBATTEZ ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humilies .
    CQFD