La Presse et la diversité médiatique

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Bock-Côté se trompe : les souverainistes doivent souhaiter la disparition de « la putain de la rue St-Jacques »


Cela faisait des années qu’on savait que La Presse était en crise. Ce journal cherchait, d’une manière ou d’une autre, une solution pour assurer sa survie. Il avait cru trouver la formule magique avec la tablette. C’était une illusion.


Chez les indépendantistes québécois, et pas seulement chez les paranos, on répétait que La Presse n’était pas maintenue en vie par la famille Desmarais pour des raisons économiques, mais politiques. Le journal fonctionnait à perte. Mais ces pertes étaient le prix à payer pour assurer la domination du point de vue fédéraliste dans l’espace public.


Politique


Ces dernières années, elle s’était aussi spécialisée dans la promotion active du multiculturalisme et des accommodements raisonnables, ce qui était probablement la suite logique de son engagement canadien à tout prix. Avec l’indépendance à 31 % dans les sondages, les Desmarais se disent peut-être : mission accomplie. Ils se délivrent de ce fardeau maintenant que les souverainistes ne font plus peur à personne. C’est non seulement une page de l’histoire médiatique, mais politique, qui se tourne, ces jours-ci.


On se demandera seulement, dans les prochains temps, non pas quelle sera sa ligne éditoriale, mais qui la fixera. Ce n’est pas une question malveillante, mais de simple transparence. De quel courant politique La Presse sera-t-elle représentante ? Voudra-t-elle en représenter un ?


Quoi qu’il en soit, officiellement, La Presse vient de changer de mains. Ses artisans se sentent peut-être libérés, il ne faut pas l’exclure, de la tutelle idéologique du grand patron.


Élargissons la réflexion.


Un des grands enjeux démocratiques de notre temps, c’est la survie de médias à un moment où le mythe de la gratuité de l’information a complètement ravagé la conscience populaire. Le commun des mortels ne comprend plus trop pourquoi il devrait payer pour ses journaux. Pire encore : il se sent offusqué lorsqu’on lui fait remarquer que son comportement, s’il se généralise, risque de tuer la possibilité même d’un système médiatique.


Est-ce qu’une entreprise de presse peut encore être une entreprise comme les autres ? Certains en appellent à l’aide financière gouvernementale. On peut le comprendre. Mais en dernière instance, une presse absolument dépendante des fonds publics risque d’être inféodée à l’État.


Une société, pour bien fonctionner, et bien penser, ne doit pas se voir que d’un œil. Elle ne doit pas se lire à partir d’une seule perspective. Elle doit diversifier les points de vue sur sa propre réalité. Elle doit être capable d’entendre dans l’espace public une chose et son contraire. Elle doit entendre la gauche parler, et la droite lui répondre. Et l’inverse, naturellement. Elle doit savoir débattre.


Journalistes


Lorsque le système médiatique ne fait entendre qu’une seule voix, c’est la qualité de la vie démocratique qui est compromise.


Comme tous ceux qui tiennent à un environnement médiatique diversifié, je souhaite la meilleure des chances à La Presse. On y trouve plusieurs journalistes indispensables au décryptage et à la compréhension de notre société.