La nécessaire reconstruction du mouvement souverainiste

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Un énième appel à renouveler le souverainisme : il faudra pourtant un jour sortir de la logique référendaire


Instaurer une déclaration d’impôt unique gérée par le Québec ? Elle sera plutôt gérée par le fédéral ou rien, tranche Ottawa.


Investir notre argent dans les énergies vertes et renouvelables ? On prendra plutôt près de 4 milliards de la poche des contribuables québécois pour acheter et agrandir un oléoduc de pétrole dans l’Ouest canadien, tranche Ottawa.


Développer le secteur laitier québécois ? On le sacrifiera plutôt dans les négociations commerciales internationales pour favoriser les producteurs de boeuf dans les provinces des Prairies, tranche Ottawa.


Chaque jour, des décisions ayant des conséquences concrètes sur la vie des Québécois sont prises par un gouvernement situé hors Québec, sans considération première pour nos intérêts nationaux. C’est ce qui se produit lorsqu’on laisse une autre nation trancher à notre place. Chaque jour, nous avons ainsi la démonstration de l’urgence d’acquérir les pleins pouvoirs d’agir pour nous-mêmes, par nous-mêmes, ce qui est la souveraineté.


Pourtant, malgré toute sa pertinence, depuis 1995, le projet stagne. On ne peut passer sous silence les résultats des élections du 1er octobre dernier et faire comme si tout allait bien au sein du mouvement souverainiste.


Alors que d’aucuns proposent une énième période de réflexion, on sait au fond parfaitement ce qu’il faut faire : le mouvement souverainiste a besoin d’un vaisseau amiral qui s’assume et qui n’a pas peur d’incarner la nécessaire audace qui vient avec sa raison d’être. Comment s’étonner que le projet ne soit plus associé aux priorités des Québécois si les organisations qui en sont porteuses ne le placent même pas à l’agenda ?


D’un côté, le Parti québécois a tergiversé sur la question depuis le dernier référendum, au gré de ses nombreux chefs. De l’autre, Québec solidaire a toujours opté pour une position plus tranchée sur l’axe gauche-droite, faisant en sorte de repousser bon nombre de souverainistes et de garder en son sein des fédéralistes convaincus.


Résultat des courses ? Le Parti québécois n’est plus jugé cohérent, ni même crédible, pour réaliser la souveraineté. Quant à Québec solidaire, il se scinderait vraisemblablement entre les camps du OUI et du NON en cas de démarche claire vers le pays. La solution se trouve donc ailleurs.


La dispersion des souverainistes dans plusieurs partis nuit à notre cause. Il est urgent de pouvoir compter sur une formation politique faisant de l’indépendance du Québec la priorité absolue et au sein de laquelle tous les souverainistes peuvent se rassembler. Après tout, qu’ils militent activement pour la cause ou qu’ils soient plus passifs, les souverainistes se comptent toujours en millions au Québec. À ceux du Parti Québécois, ajoutons les souverainistes de droite qui se retrouvent à la CAQ, ceux de gauche qui se retrouvent chez QS ou encore ceux qui ne se rattachent à aucun parti.


Les pays démocratiques ne sont ni de gauche ni de droite, ils évoluent et progressent simplement selon la volonté du peuple. Ce qu’il faut retrouver, c’est un véhicule qui arrivera à regrouper tous les souverainistes pour réaliser l’indépendance.


Les Québécois peuvent avoir comme priorité, par exemple, l’environnement, la culture, l’éducation ou l’économie. Or, un Québec souverain pourra mieux s’occuper de tous ces dossiers, selon nos intérêts naturels, comme le font toutes les nations du monde selon les leurs. La subordination à son voisin ne sera jamais optimale, ni pour une personne ni pour une nation.


Quelle forme prendra ce nécessaire nouveau véhicule ? Qu’il ressorte d’entités existantes ou qu’il soit créé de toutes pièces, cela reste à voir, mais il est clair qu’il devra voir le jour pour que le Québec aille au bout de son destin et devienne enfin souverain, comme près de 200 pays l’ont fait avant nous sans jamais le regretter. À bon entendeur.










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