La démesure dans l'information

L'affaire St-André

Frans Van Dun, L'Assomption - Il est plutôt rare de participer à un événement dont on voit le compte rendu le soir même ou le lendemain dans certains médias. Ce concours de circonstances permet de jauger la qualité du travail des journalistes et, à travers eux, le degré d'objectivité de leur employeur. Plusieurs facteurs sont à considérer: titre, caractères, page, nombre de colonnes, illustration, et bien sûr contenu.
Cela m'est arrivé samedi 9 novembre, au Vieux Palais de L'Assomption à l'occasion de l'investiture de Scott Mckay comme candidat du Parti québécois dans la circonscription.
On avait appris depuis peu que la candidature de Jean-Claude Saint-André n'avait pas reçu l'accréditation de la part de l'exécutif national qui avait plutôt opté pour Scott Mckay, ancien président du Parti vert du Québec. Il s'agit en fait d'un parachutage, une procédure exceptionnelle au Parti québécois.
Qu'ai-je constaté en regardant la télévision et en lisant certains journaux? Avant tout, la démesure. Une poignée de Jeunes Patriotes d'en dehors de la circonscription -- ce jour-là, ils intervenaient plutôt comme agitateurs -- s'était pointée pour empêcher les membres d'entrer dans la bâtisse. Or, journalistes, photographes et cadreurs sont souvent friands de ce genre de manifestation accompagnée d'un peu de bousculade. Il n'est donc pas étonnant que cet aspect de l'événement ait été privilégié au détriment de l'investiture elle-même qui a finalement pu avoir lieu dans le calme.
De plus, ne devrais-je pas taxer les reportages présentés de superficiels, et dans certains cas de tendancieux? J'aurais aimé apprendre la raison de l'absence de Jean-Claude Saint-André lui-même. Et surtout, pourquoi aucun journaliste n'a retracé son parcours des dernières années, expliquant du coup comment cet ancien député se retrouve aujourd'hui dans une impasse? Il aurait fallu parler de dissidence permanente, d'échec évident et prévisible lors de la course à la direction, de départ progressif de beaucoup de fervents militants, de manque d'estime et de coopération de la part des maires du comté, de distance prise par rapport aux députés du Bloc, de présidence de l'exécutif du comté après sa défaite en 2007 sans succès au niveau de la diffusion des idées, du recrutement de nouveaux membres et des campagnes de financement.
En répondant franchement à cette question oubliée, on en serait arrivé immanquablement à la conclusion suivante: est-ce que l'exécutif national et Pauline Marois avaient vraiment le choix?
Quant à Scott Mckay, absent pour éviter de mettre de l'huile sur le feu, les militants dans la salle l'ont applaudi chaleureusement et semblaient prêts à donner la chance au coureur. S'il sait s'y prendre pour apprivoiser sans tarder à la fois les membres du parti et la population, il réussira à mobiliser des équipes prêtes à travailler pour lui. Il peut également espérer que les jeunes seront ses meilleurs complices. Ces derniers seront sûrement heureux d'apprendre que pour le Parti québécois, souveraineté et environnement sont dorénavant indissociables, et que développement durable et économique commencent à se conjuguer.


Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé

-->