La démagogie de Philippe Couillard

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Un habitué





Le soir des attentats de Paris, Philippe Couillard a trouvé les bons mots, en soulignant le caractère tragique des événements et en rappelant que les nations occidentales étaient en guerre contre l’État islamique. À côté de lui, Justin Trudeau avait l’air d’un petit garçon cherchant ses mots et peinant à comprendre ce qui arrivait. Ce moment de grâce n’aura pas duré.


Moins de 48 heures après les attentats, Philippe Couillard s’est fendu d’une déclaration odieuse en s’inquiétant de la tentation xénophobe qui traverserait les Québécois parce qu’un grand nombre s’inquiéterait de l’arrivée massive de réfu­giés syriens dans les prochaines semai­nes et les prochains mois.


Apparemment, la moindre question transformerait celui qui la pose en suspect idéologique. Il faudrait ouvrir grands les bras sans poser de questions, sans demander si nous avons vraiment les moyens d’accueillir autant de réfugiés. Le devoir humanitaire nous aveugle tellement qu’il faut censurer le moindre point d’interrogation.


La culture


Est-il permis de se demander si nous parviendrons à les intégrer dans un délai raisonnable? Est-il aussi permis de demander au gouvernement quelles mesures il entend prendre pour éviter leur ghettoïsation?


Nos élites mondialisées s’imaginent que la planète est peuplée de populations interchangeables, qu’on peut déplacer à loisir, sans tenir compte de leur culture, de leur identité, de leur religion. Tenir compte de ces facteurs relèverait au mieux de l’intolérance et au pire du racisme. On a oublié que les frontières entre les peuples sont civilisatrices.


Pire encore, Philippe Couillard a accusé le Parti québécois et la Coalition avenir Québec de complaisance xénophobe. Leur bilan en matière «d’ouverture à la diversité» laisserait à désirer. Le premier se serait disqualifié moralement avec la charte des valeurs.


Faut-il lui rappeler qu’une grande majorité de Québécois y était favorable?


Le second chercherait à renforcer les politiques d’intégration des immigrés. Ça aussi, ce serait impardonnable. Comment ne pas voir là une affreuse démagogie qui cherche à retourner un drame majeur en occasion de se faire du petit capital politique?


100 000 !


On peut bien, si on veut, dénoncer ceux qui s’imaginent que 25 000 islamistes carnassiers débarqueront à Montréal. Parfait. Et critiquons-les fermement. Mais on devrait dénoncer aussi ceux qui pratiquent l’ouverture jusqu’au délire et qui souhaitent l’arrivée au Canada de 100 000 réfugiés par année.


C’était notamment le cas du patron de Cogéco, Louis Audet, figure caricaturale de la droite patronale, qui fait passer pour un élan humanitaire son désir d’avoir accès massivement à une main-d’œuvre bon marché.


François Crépeau, de l’ONU, en proposait même 125 000! La droite économi­que et la gauche mondialiste font dans la surenchère de vertu!


Le droit des réfugiés n’a pas été pensé pour des mouvements de population aussi massifs. En ce moment, il s’agit d’une fiction idéologique ne correspondant plus à la réalité.


Que le Canada et le Québec aient un devoir humanitaire d’accueil de réfugiés est reconnu par tous. Mais on devrait avoir le droit de discuter de l’ampleur et des modalités de cet accueil.


Et ceux qui s’interrogent sur la nécessité d’accueillir des réfugiés devraient avoir le droit de le dire sans se faire systématiquement insulter.


On sera en désaccord avec eux. Mais ce ne sont pas des chiens galeux.




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