La crise au Canada - Qui faut-il croire ?

Crise mondiale — crise financière

Certains analystes du marché immobilier, dont David Wolf, de Merrill Lynch Canada, prédisent le même genre de chute de valeur des propriétés que ce que connaissent les États-Unis depuis un an.
En réaction à cette prévision pessimiste, voire alarmiste, le premier ministre Stephen Harper s'est voulu rassurant en rappelant qu'il n'existe pas au Canada de ces hypothèques à haut risque qui sont à l'origine de la crise américaine, et que notre système financier est en bien meilleure posture que celui des États-Unis.
Pour sa part, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a dit s'attendre à un resserrement du crédit et à un ralentissement de l'économie canadienne, mais ni lui ni aucun autre économiste des grandes banques n'anticipe une récession en bonne et due forme.
Qui dit vrai? En fait, personne n'est en mesure de prédire avec le moindrement de précision ce que nous réservent les prochains mois.
Ce qu'on sait cependant, c'est que le prix des maisons au pays a crû rapidement au cours des cinq dernières années, surtout dans les régions du pays où l'activité économique a été très forte. Si les observateurs s'entendent pour dire qu'il s'agissait pour une bonne part d'un rattrapage salutaire après des années de vaches maigres, cet argument ne constitue pas un gage d'assurance pour l'avenir.
En matière d'investissements immobiliers ou mobiliers (actions et autres titres), il n'existe pas telle chose que la justice ou l'équité! Tout ce qui explique une augmentation des prix plus forte que les coûts de construction d'une maison, c'est la pression de la demande. C'est pourquoi il serait très surprenant que le prix des maisons se maintienne au niveau actuel si l'économie canadienne ralentit ou, pire, si elle tombe en récession, même de courte durée.
Qui ne se rappelle pas la chute du marché immobilier qui a suivi la récession de 1991? À Montréal, les maisons avaient alors perdu entre 10 % et 20 % de leur valeur, selon le quartier, et il a fallu attendre la décennie suivante pour assister à une remontée des prix.
Il est tout à fait normal que les politiciens au pouvoir et les dirigeants des banques lancent des messages réconfortants dans une période comme celle que nous traversons. On imagine mal un premier ministre en campagne ou un banquier dont les résultats financiers dépendent de la qualité du portefeuille de prêts de son établissement lancer des messages susceptibles de décourager la consommation et l'emprunt. C'est normal: leur job dépend de la confiance des gens. Mais comme une hirondelle ne fait pas le printemps, il faudrait beaucoup plus que ces messages d'optimisme pour contrer les effets d'un ralentissement économique mondial dans un pays qui dépend autant de ses exportations.
En conséquence, malgré tous les beaux discours qui pourront sortir de la bouche de nos élites politiques et financières au cours des prochaines semaines, la leçon la plus importante à retenir, c'est que même si payer ses dettes ne relance pas l'économie d'un pays, cela constitue toujours l'investissement le plus rentable à l'échelle familiale.


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