L'historien Frédéric Bastien tenté par la chefferie du PQ

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Bastien voit juste : « On doit continuer nos batailles à la pièce, parce que si on n’avance pas, on recule »



Le professeur et historien Frédéric Bastien envisage de se lancer dans la course à la chefferie du Parti québécois, en proposant un «nationalisme décomplexé» axé sur une réduction importante du nombre d’immigrants et la relance de négociations constitutionnelles avec Ottawa.




«J’y réfléchis. Il y a des gens qui s’offrent pour m’aider, je prends leurs noms», confirme celui qui a récemment fait paraître Après le naufrage, un livre où il critique les choix stratégiques de Jean-François Lisée durant la dernière campagne électorale.




Frédéric Bastien attend toutefois de connaître les modalités de la course à la chefferie avant de trancher. «On ne connaît même pas les conditions de la course, souligne-t-il. Alors, je n’en suis pas au point d’une décision finale.»




Peu de candidats en lice




Le professeur d’histoire au Collège Dawson s’est fait connaître du public en révélant, dans son précédent livre, intitulé La bataille de Londres, que le juge Bora Laskin de la Cour suprême avait été en contact avec les gouvernements canadien et britannique en vue du rapatriement de la Constitution en 1982.




Après le député péquiste Sylvain Gaudreault, il devient la deuxième personne à déclarer publiquement son intérêt pour l’éventuelle course à la chefferie du PQ, prévue en 2020.








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Le nom de l’ex-journaliste de TVA Alexis Deschênes a également circulé, mais le père de trois jeunes enfants a confirmé à notre Bureau parlementaire, mercredi, qu’il ne sera pas sur les rangs, pour des raisons de conciliation travail-famille. «Je ne serai pas candidat à la chefferie», affirme celui qui est aujourd’hui avocat à l’aide juridique.




Baisse de l’immigration




Parmi les idées qu’il met de l’avant, Frédéric Bastien propose de réduire encore davantage le nombre d’immigrants reçus par le Québec annuellement. Alors que la CAQ a fait passer (temporairement) leur nombre de 50 000 à 40 000, l’historien suggère de réduire le flot de nouveaux arrivants entre 25 000 et 30 000.




Frédéric Bastien estime que l’immigration doit servir à « renforcer le fait français au Québec ». Il propose donc de choisir uniquement des candidats «très éduqués» qui parlent déjà le français. «Plein d’études le démontrent, il n’y a aucun gain économique à recevoir plus d’immigrants», dit-il.




Forcer Ottawa à négocier




Mais la pièce maîtresse de l’éventuel programme de M. Bastien serait d’utiliser «l’obligation de négocier» prévue par le renvoi sur la récession de la Cour suprême afin d’obtenir plus de pouvoirs pour le Québec.




Celle-ci prévoit qu’une motion adoptée par une province exigeant une modification constitutionnelle oblige le gouvernement fédéral et les autres membres de la fédération à négocier.




L’idée avait été soumise à Jean-François Lisée avant la dernière campagne électorale, mais sans succès. «Il faut se battre sur la question du régime [constitutionnel], en attendant que les conditions redeviennent favorables, maintient tout de même M. Bastien. On doit continuer nos batailles à la pièce, parce que si on n’avance pas, on recule.»