Gouvernement inuit

L'entité politique inuite ne sera pas un nouvel ordre de gouvernement, assure Charest

Nunavik - un gouvernement territorial



Québec - Le premier ministre Jean Charest a confirmé hier que Québec, Ottawa et les Inuits annonceraient «la semaine prochaine» la création d'un gouvernement régional au Nunavik pour 2009, comme le révélaient différents médias, mais que ce ne sera pas un nouvel ordre de gouvernement.
Même s'il s'est montré prudent - «ce n'est pas signé tant que ce n'est pas signé» -, il a dit se réjouir de la définition d'une «solution inédite» pour des gens qui habitent «un très grand territoire» de la taille d'un tiers du Québec. «On est en train d'innover [...] de tailler sur mesure une solution pour eux», a commenté le premier ministre, ajoutant: «c'est le génie québécois qui permet ce genre de solution».
«Je peux vous dire qu'on a travaillé beaucoup depuis quelques années», a-t-il soutenu lors d'un point de presse en marge du Council of State Governments, au Hilton à Québec. Il a tenu à préciser qu'il ne s'agissait pas de la création d'un nouvel ordre de gouvernement: «Cette entité va être sous l'autorité toujours, en termes législatifs, de l'Assemblée nationale du Québec et du gouvernement fédéral.»
Dans le passé, à deux occasions, les gouvernements avaient tenté de s'entendre dans ce dossier, mais en vain. «Je crois que, cette fois, c'est la bonne», a dit M. Charest, tout en soulignant qu'il y a des «problèmes très sérieux» dans le Nord. «Vous vous rappelez le rapport sur les enfants qui a été publié récemment?»
Du côté du Parti québécois, dont le député d'Ungava, Luc Ferland, représente le Grand Nord, on a dit trouver le projet d'entente intéressant. «C'est le fruit du travail que l'on avait effectué lorsqu'on était au pouvoir», a commenté le bureau du PQ à l'Assemblée nationale. Selon le PQ, le gouvernement fédéral a longtemps bloqué le projet.
L'entente de principe qui a été conclue le 9 août, sera rendue publique à Kujjuaq la semaine prochaine. L'entité créée ne se fonde pas sur des critères ethniques. Ainsi, les représentants seront élus par les 10 000 personnes (quasi-totalité d'Inuits) habitant le territoire. «On n'obtient pas de nouveaux pouvoirs dans une première phase. C'est un regroupement de compétences qui existent déjà. [...] De nouveaux pouvoirs, comme la taxation, ce sera dans une phase deux. Ce qu'on obtient de plus, c'est un mode électoral. Il y aura une véritable assemblée du Nunavik», a déclaré à Radio-Canada Jean-Francois Arteau, conseiller juridique et adjoint exécutif à la présidence de la société Makivik. Le nouveau gouvernement comptera 21 membres. Les maires des villages et cinq personnes élues au suffrage universel formeront l'exécutif, et l'assemblée s'inspirera des principes de fonctionnement britanniques.


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