Kosovo, une indépendance qui viole le droit international

L’arbitraire canadien, raison de plus pour les Québécois de quitter ce pays

Chronique de Gilles Verrier


En reconnaissant le Kosovo, le Canada revoit à la baisse ses exigences
pour la reconnaissance de l’indépendance d’un État. Cela peut être
interprété comme une bonne nouvelle par les souverainistes. Cette
reconnaissance affaiblit les positions traditionnelles du Canada sur cette
question et pourrait, grâce à ce précédent fourni par le Canada lui-même,
faciliter l’accession du Québec au statut d’État reconnu dans le cas de
négociations qui n’aboutiraient pas. En tout cas, le fait nouveau est
qu’une simple déclaration unilatérale d’indépendance aura suffi au Canada
pour reconnaître un nouveau pays. Il va de soi que les indépendantistes
exploitent cette ouverture offerte par le Canada.
Il faut toutefois se garder de faire une lecture trop simple de la
réalité. Sans faire le portrait complet de la situation, il faut souligner
qu’à la base de ce nouvel État il n’y a aucune tradition de lutte
indépendantiste et que cet État n’est le foyer d’aucune nation reconnue
luttant pour sa souveraineté. Il faut alors chercher ailleurs les raisons
de la reconnaissance de ce nouvel État faite avec réticence et dans un
malaise évident. Le jeu politique des grandes puissances n’y est certes
pas étranger.
Aussi, pour tirer les pleines conséquences de cette situation, il importe
de noter la rupture que fait le Canada avec sa propre tradition. Le Canada
lâche les Nations Unies. Par cette reconnaissance, le Canada viole la
résolution 1244 des Nations unies (1999) qui prévoit qu’en échange d’une
large autonomie accordée au Kosovo, l’institution garantit l’intégrité
territoriale de la Serbie. Peu importe les prétextes invoqués, le Canada
s’engage désormais sur la voie de l’affaiblissement des institutions
internationales et dans la voie du mépris du droit. Cette évolution du
Canada est inquiétante et ne signifie rien de bon ni pour le Québec ni pour
le monde.
Le Canada agit-il désormais sans principe, l’arbitraire est-il sa nouvelle
ligne de conduite ? Beaucoup de Québécois pour qui le respect envers le
Canada tient à sa réputation de bon citoyen sur la scène internationale
auront matière à se raviser. Si le Canada peut reconnaître l’indépendance
unilatérale d’un pays à l’encontre du droit international alors que la
formation de ce pays prend l’allure d’une partition pure et simple, il faut
s’inquiéter de ce que ce même pays n’hésite pas à réprimer une lutte
d’indépendance légitime en la qualifiant de tentative de partition
ethnique. Il est évident que le Canada a agi dans cette affaire à son corps
défendant et le malaise que soulève cette reconnaissance n’a pas fini de
faire tiquer dans le ROC. Mais les faits sont là. Les Québécois n’ont rien
à gagner de l’arbitraire et de l’anarchie qui pourrait en résulter. Que le
Canada s’engage sur cette voie, ce serait une raison de plus pour les
Québécois de le quitter pour se donner un pays bien à eux.
Gilles Verrier
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

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Entrepreneur à la retraite, intellectuel et autodidacte. Je tiens de mon père un intérêt précoce pour les affaires publiques. On peut communiquer avec moi et commenter mon blogue : http://gilles-verrier.blogspot.ca





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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    7 mai 2008

    Vous semblez plus préoccupé par le respect du droit et de la légalité que par la volonté populaire. Le droit n'est pas là fait pour domestiquer les peuples mais pour les servir. Le droit des peuples à disposer d'eux même... et non pas le droit du droit à disposer des peuple, cher ami. Vous semblez choisir la sécession par dépit pour le Canada. Choisisez-la par amour pour la nation québécoise sans éliminer la fraternité universelle et alors celle avec avec le Canada votre voisin d'abord. Je ne vois aucune anarchie, aucun gâchis le jour de la venue de l'indépendance. Dans quelle boule de cristal avez-vous vu celà? Dans celle du Canada qui vient de reconnaître le Kozovo? Vous semblez déçu et résigné. Allons un peu de joie, un peuple vient de se libérer de la domination. Le droit international est encore vierge, zut!