Jeunes du PLQ : reprendre le pouvoir en misant sur la crise climatique

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Le PLQ ne sait plus où donner de la tête pour sortir du marasme

La crise climatique deviendra la bouée de sauvetage du Parti libéral du Québec (PLQ), selon l'aile jeunesse du parti, convaincue que c'est en misant sur une protection exemplaire de l'environnement que les libéraux reprendront le pouvoir en 2022.


La promotion d’un Québec plus vert que jamais sera au cœur des propositions présentées aux quelques centaines de membres de l’aile jeunesse du parti réunis en congrès annuel à l’Université Laval le week-end prochain.


Entourés du chef par intérim, Pierre Arcand, des députés et organisateurs du parti, les jeunes militants libéraux devront dire s’ils adoptent le ton alarmiste de leurs dirigeants, en se prononçant sur une série de résolutions axées autour d’une dizaine d’orientations, la principale étant la lutte aux changements climatiques, promue au rang de «projet de société».


La gestion efficace de la crise climatique devrait donc devenir, à leurs yeux, la priorité numéro un d’un éventuel gouvernement libéral en 2022.


Dès la prise du pouvoir, un gouvernement libéral devrait notamment décréter «l’état d’urgence climatique» et se doter d’une loi le forçant à respecter ses engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES).


On veut aussi accorder un statut juridique au fleuve Saint-Laurent, qui serait considéré comme un «sujet de droit», de même que rédiger une Charte québécoise de l’environnement.


«On a une crise à régler. Il faut absolument qu’on trouve des solutions», a commenté mercredi, en conférence de presse, le président de l’aile jeunesse du PLQ, Stéphane Stril, qui veut voir le Québec devenir «un leader mondial» des technologies vertes.


Chassé du pouvoir en octobre dernier et pratiquement disparu de l’ensemble du Québec, sauf dans la grande région de Montréal, le parti tente depuis de se reconstruire. Le congrès des jeunes constitue donc une étape importante dans le vaste mouvement actuel de redéfinition du parti et de son programme, avec en fond de scène la course au leadership, qui doit mener à l’élection d’un nouveau chef en mai prochain.


M. Stril a dit souhaiter que le «nouveau» PLQ soit plus progressiste, plus nationaliste que par le passé et plus soucieux d’accroître la place du Québec au sein du Canada. Il s’est aussi dit pour le droit de vote à 16 ans.


Le «nationalisme» à la sauce libérale devra cependant s’éloigner, a prévenu M. Stril, de celui prôné par le gouvernement caquiste, «profondément conservateur, profondément identitaire».


Pour le gouvernement Legault, «la cause identitaire est vraiment au niveau ethnique quasiment», misant sur les divisions et l’interdiction de porter des signes religieux, alors que les libéraux revendiquent un nationalisme civique, «inclusif», et «qui ne voit pas la diversité comme un obstacle», a-t-il indiqué en substance.


Un futur gouvernement libéral devrait également doter le Québec d’une constitution et voter une loi promulguant un modèle d’intégration des immigrants fondé sur l’interculturalisme, «centré sur le respect des libertés individuelles», en tournant le dos au multiculturalisme à la canadienne.


Un moyen proposé par les jeunes libéraux en vue de renforcer le statut du Québec au Canada serait de confier désormais à l’Assemblée nationale le soin de désigner les sénateurs québécois à Ottawa.


Pas de rapatriement de pouvoirs


Ils disent vouloir renouveler le fédéralisme canadien, mais dans les documents fournis aux médias on n’indique aucune revendication visant le rapatriement de pouvoirs à Québec.


L’ensemble des propositions de l’aile jeunesse constitue «un premier pas», pas une fin en soi, s’est défendu M. Stril.


«Est-ce que le parti voudra aller plus loin encore? C’est possible. Est-ce qu’on le souhaite? On verra ce que les militants en pensent lors de notre congrès», a ajouté M. Stril.