Il ne faut pas diviser le vote souverainiste

Québec 2007 - Tribune libre de Vigile


J’aime bien Françoise David, Amir Khadir et Québec Solidaire, et j’aurais souhaité qu’on améliora notre mode de scrutin pour permettre la représentation à notre Assemblée nationale de la diversité politique, mais malheureusement les libéraux et les péquistes ont fait en sorte que la réforme électorale est tombée en panne.
Dans ces conditions, tous ceux qui veulent que le Québec devienne enfin un pays souverain doivent se rallier et voter pour le PQ, si imparfait soit-il.
C’est une erreur de prétendre que nous sommes en 2007 dans la même situation qu’en 1968, à la fondation du Parti Québécois. Le Parti libéral avait alors rejeté la proposition de René Lévesque et de son groupe – dont je faisais partie – et l’Union nationale était un vieux parti, corrompu et opposé à la Révolution tranquille, auquel il était impensable de nous rallier. Ne restait alors que la possibilité de rejoindre le turbulent RIN ou de fonder un nouveau parti souverainiste auquel tous les indépendantistes pourraient se rallier. Ce qui fut fait.
La situation est toute autre aujourd’hui. Comment les Solidaires peuvent-ils raisonnablement espérer absorber le PQ? Leur nouveau parti ne peut que diviser le vote souverainiste, favoriser les fédéralistes, retarder la solution de la question nationale et décourager les Québécois qui, depuis quarante ans, espèrent pouvoir passer à autre chose. D’où la tentation de se réfugier à l’ADQ si trompeusement autonomiste.
J’admire le courage et la force des convictions des membres du QS, mais les souverainistes n’ont qu’un choix, celui d’appuyer le PQ et de le rendre meilleur, pas de fuir la réalité en désertant le PQ pour se complaire dans quelques puretés idéologiques.
Marc Brière

Montréal


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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    26 mars 2007

    Je partage tout à fait ce point de vue à propos du rôle de Q.S. sur l'échiquier politique et je réitère que le point de vue de Mme David à ce propos est celui de l'immaturité politique fondée sur le dogmatisme (très prégnant au sein de la gauche dès les années 70). Je pense quant à moi qu'il en coûte d'autant moins à Mme David de nuire au projet souverainiste qu'elle ne l'est elle-même que du bout des lèvres.
    J'ajoute par ailleurs, à propos de la réforme immédiate du mode de scrutin, dont je sais que M. Brière est un partisan, que je crois plus judicieuse la position (défavorable jusqu'à l'indépendance) de M. Boisclair, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le mérite de cette option mais parce qu'une telle réforme avantagera les fédéralistes au point de marginaliser la mouvance souverainiste, comme l'expose d'ailleurs sur ce site aujourd'hui M. Joseph Burbery dans son article sur la proportionnelle.