Grave rupture en vue

La Belgique est donc de plus en plus minée par ses divisions

Chronique de José Fontaine

Dans cinq jours, comme je l’annonçais la semaine passée, il y aura sans doute à la Chambre belge un vote scindant l’arrondissement de Halle-Vilvorde, arrondissement s’étendant sur deux Etats fédérés, la Région de Bruxelles (bilingue mais de fait francophone), et une partie de la Région flamande où existent quelques communes avec des majorités francophones. En scindant cet arrondissement électoral, les Flamands veulent consolider la frontière d’Etat fédéré à Etat fédéré en une sorte de frontière internationale qui mettrait à l’abri leur langue et leur culture, assiette de la nation flamande.
Le vote qui risque d’avoir lieu mercredi prochain a des chances d’être un vote des parlementaires fédéraux flamands (majoritaires à la Chambre belge) contre les parlementaires fédéraux wallons et francophones (minoritaires depuis 1830 et la fondation du pays).
Le désintérêt pour cette question est patent en Wallonie. Et même à Bruxelles. Mais certains ont pu dire qu’un tel vote ferait tomber le gouvernement actuel en place depuis un bon mois et qui avait succédé à un gouvernement intérimaire, formé pour sauver les meubles fin décembre 2007 après six mois de la crise politique grave qui a succédé aux élections fédérales de 2007.
La Belgique est donc de plus en plus minée par ses divisions.
Au début de cette semaine, le journal flamand De Standaard remarquait que la Belgique vit déjà de fait dans un système confédéral. Ce qui introduit une première division, celle qui existe entre Wallons et Flamands. Mais à l’intérieur de chaque partie confédérale surgissent également des divisions, cette fois idéologiques ou, disons plutôt, partisanes avec la lutte pour le pouvoir soit en Flandre, soit en Wallonie.
De toute façon, rupture ou pas, le gouvernement actuel avait l’intention de transférer de nombreuses compétences de l’Etat fédéral aux Etats fédérés.
Dire que la Belgique éclaterait en fonction de l’exacerbation de ces conflits n’est pas tout à fait exact car les Etats fédérés ont, en trente ans à peine, acquis une marge de manoeuvre politique de plus en plus considérable. L’idée a existé l’an dernier que l’on pourrait renoncer à la formation d’un gouvernement belge et amener les divers Etats fédérés à négocier directement d’une structure belge commune. C’est une possibilité, mais on n’en est pas encore là.
José Fontaine

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Né le 28/6/46 à Jemappes (Borinage, Wallonie). Docteur en philosophie pour une thèse intitulée "Le mal chez Rousseau et Kant" (Université catholique de Louvain, 1975), Professeur de philosophie et de sociologie (dans l'enseignement supérieur social à Namur et Mirwart) et directeur de la revue TOUDI (fondée en 1986), revue annuelle de 1987 à 1995 (huit numéros parus), puis mensuelle de 1997 à 2004, aujourd'hui trimestrielle (en tout 71 numéros parus). A paru aussi de 1992 à 1996 le mensuel République que j'ai également dirigé et qui a finalement fusionné avec TOUDI en 1997.

Esprit et insoumission ne font qu'un, et dès lors, j'essaye de dire avec Marie dans le "Magnificat", qui veut dire " impatience de la liberté": Mon âme magnifie le Seigneur, car il dépose les Puissants de leur trône. J'essaye...





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