Fermez le chemin Roxham

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Les illégaux viennent du foyer infectieux des États-Unis : l'État de New York !


S’il y a un endroit, dans cette crise, où l’impéritie du gouvernement Trudeau apparaît, c’est bien au chemin Roxham.  


Hier, alors qu’on annonçait le bouclage de la frontière Canada–É.-U., Ottawa refusait de bloquer ce passage, près des douanes de Lacolle, célèbre depuis la crise des migrants de 2017.   


Par là pénètrent encore, chaque jour, de 30 à 80 demandeurs « irréguliers » du statut de réfugié (les chiffres varient selon que c’est Ottawa ou le syndicat des douaniers qui parle).  


La querelle  


En période de pandémie, que faire avec des migrants qui proviennent d’un pays où ils ne sont pas en danger au sens des conventions internationales ? Pour des raisons sanitaires, ne vaudrait-il pas mieux les bloquer ?  





C’est ce que le gouvernement Legault fait valoir. Il rappelle ce « patient 31 », en Corée du Sud, qui a annulé les efforts des 30 premiers en ne respectant pas les consignes de confinement.  


Accueillir des migrants mobilise infirmières, policiers, etc., qui pourraient être utiles ailleurs en période de crise. Actuellement, les demandeurs d’asile sont logés dans un YMCA du centre-ville de Montréal.  


Le gouvernement Trudeau estime au contraire qu’il vaut mieux les laisser entrer. Ainsi, la « traçabilité » d’éventuels infectés sera plus aisée. Mieux que s’ils entrent clandestinement par les bois. (N’y a-t-il pas encore pas mal de neige en forêt ? Et Ottawa n’a-t-il pas placé des milliers de caméras le long de la frontière ?)  


Difficile de savoir si Ottawa demande vraiment aux migrants ce qui est exigé des citoyens rentrant au pays : 14 jours d’isolement.  


Mardi matin, c’était non. Un test de symptômes suffirait. Plus tard, volte-face, Ottawa promettait l’inverse. TVA Nouvelles a bien démontré mardi que l’isolement était bien relatif, les demandeurs d’asile sortant du YMCA et y entrant continuellement.  


« Pas acceptable »  


C’est ce qui enrage François Legault, qui semble se retenir à deux mains pour le faire savoir. Hier, en point de presse, il s’est tout de même permis ceci : « Concernant le chemin Roxham, ce n’est pas acceptable. » La ministre Chrystia Freeland venait de lui promettre de « prendre en charge » les migrants ? Mais où ? À Trenton ? Rien n’était encore clair.  


Legault, on le sait, n’a jamais aimé la gestion fédérale du chemin Roxham. En août 2017, il déplorait que la frontière soit une « passoire » sous Justin Trudeau, et que ce dernier avait fait une erreur en invitant « toute la misère du monde ».  


À l’époque, la déclaration était osée. Philippe Couillard l’avait accusé d’« attiser les inquiétudes ». Mais aujourd’hui, alors que le tsunami de la COVID-19 s’en vient, la donne a changé. À preuve, au caucus libéral, on appuie le PM caquiste.  


L’ancien ministre du gouvernement Couillard, Gaétan Barrette, s’est empressé de twitter hier : « Sur le chemin Roxham @francoislegault a raison. Inacceptable. De responsabilité fédérale. L’État de New York est le plus contaminé. Ces gens proviennent en plus peut-être de zones contagieuses. »  


Faudra-t-il que Québec dépêche la Sûreté du Québec au chemin Roxham pour s’occuper de la frontière, comme Valérie Plante a été contrainte d’envoyer des agents à l’aéroport ?