Étudiants français au Québec: les faits

Accord France-Québec



Plusieurs médias se sont fait récemment l'écho d'un reportage de Radio-Canada sur le nombre d'étudiants français admis dans les universités québécoises, notamment de langue anglaise. Je souhaite -- par quelques faits et loin de toute polémique -- dresser un tableau plus complet d'un des éléments moteurs de la relation privilégiée entre la France et le Québec.
Près de 6400 Français étudient dans les universités québécoises alors qu'environ un millier de Québécois part étudier en France chaque année. À première vue, ces chiffres peuvent paraître déséquilibrés. En réalité, ils sont proportionnels non seulement aux populations de la France (64 millions) et du Québec (7,6 millions) mais aussi à nos populations estudiantines respectives: environ trois étudiants français sur 1000 choisissent le Québec, contre quatre étudiants québécois sur 1000 qui se rendent en France.
Des rappels
Il convient de rappeler que:
- un Québécois qui étudie en France, aujourd'hui comme il y a 40 ans, paie les mêmes droits d'inscription qu'un Français;
- depuis 1978, une entente de réciprocité lie la France et le Québec: les Français au Québec bénéficient donc des mêmes avantages que ceux toujours consentis pour les Québécois en France.
Peut-on dire que les Français viennent au Québec car les études sont moins chères qu'ailleurs? Pas si on les compare à la France. Compte tenu du financement direct des universités françaises par l'État, donc par le contribuable français, les coûts d'inscription d'un étudiant français -- ou québécois -- est, en France, de l'ordre de 300 $ à 400 $ pour le premier cycle. Ils sont donc nettement inférieurs aux tarifs payés par les étudiants français au Québec (près de 1800 $).
Statistiques
Selon les chiffres disponibles au ministère québécois de l'Éducation, près de 85 % des 6400 étudiants français au Québec fréquentent les universités de langue française. Les quatre principaux établissements qui les accueillent sont, dans l'ordre, l'Université de Montréal, l'UQAM, l'Université Laval et HEC.
Seulement 15 % des étudiants français au Québec sont inscrits dans les universités anglaises du Québec. Les étudiants français ne représentent qu'environ 10 % des étudiants étrangers à McGill ou à Concordia. Les étudiants français qui s'inscrivent à ces universités n'y vont pas pour apprendre l'anglais puisqu'ils doivent déjà le maîtriser avant d'y entrer. Ils le font parce que ce sont des universités réputées. Il n'y risquent pas de perdre l'usage du français.
Des atouts
Plus largement, les étudiants français au Québec présentent d'autres caractéristiques souvent ignorées qui, je le pense, constituent des atouts pour le Québec:
- ils sont plus enclins que les autres étudiants étrangers à suivre leur formation à l'extérieur de Montréal et de Québec. À titre d'exemple, ils représentent 30 % des étudiants étrangers à l'Université du Québec à Trois-Rivières, 40 % à Chicoutimi et 45 % à Sherbrooke. Ce chiffre s'élève à près de 60 % à Rimouski;
- près d'un quart des étudiants français étudient en sciences (pures, appliquées ou de la santé) et, pour certains, participent directement aux découvertes de la recherche québécoise;
- ils sont jeunes, diplômés, francophones et déjà intégrés à la société québécoise, certains demeurant après leurs études au Québec, auquel ils apportent leur force de travail.
La balle aux étudiants
Faut-il le rappeler, les étudiants québécois sont les bienvenus en France. La France est un des grands pays d'accueil d'étudiants étrangers. Avec quelque 265 000 étudiants étrangers présents dans ses établissements d'enseignement supérieur en 2006, la France se classe troisième au monde.
Les étudiants québécois doivent davantage saisir cette occasion. Pour donner corps à ce mouvement, la France amplifie, en cette année du 400e anniversaire de la fondation de Québec, sa politique d'attractivité. Un forum franco-québécois sur les formations supérieures aura lieu en septembre à Québec et à Montréal. Environ 80 établissements d'enseignement supérieur français ont prévu d'y participer. C'est, à ma connaissance, la première fois qu'une rencontre de ce type et de cette importance est organisée au Québec.
Il revient aux étudiants québécois de saisir la balle au bond.
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François Alabrune, Consul général de France à Québec


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