Envoye à maison!

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« D’un coup, on se rappelle les vertus de l’enracinement.»


Au fil des jours, les mots d’ordre se multiplient et vont tous dans le même sens. Les uns disent: envoye à maison! Les autres ajoutent: misez sur l’achat chez nous! Et cela, dans un contexte où on redécouvre que les frontières, loin t’étouffer les peuples, les protègent. Nous basculons de l’imaginaire de la mobilité vers celui de la demeure, pour emprunter le mot du philosophe et homme politique français François-Xavier Bellamy. Le localisme reprend ses droits, la solidarité locale aussi, et on se demande comment on a pu oublier si longtemps de telles évidences. L'homme ne vit pas dans un «village global», mais un quartier, une ville, un pays. C'est là où l'existence trouve son sens pour le commun des mortels.   


La mondialisation frénétique faisait violence à l’homme et déstructurait profondément les sociétés en plus de saccager l'environnement. Les circonstances nous obligent à rompre mentalement et pratiquement avec elle. Sa mystique se décompose devant nous. Tout cela ne se fait pas sans désordre. L’histoire relève davantage du tumulte que de la berceuse. Évidemment, ceux qui voulaient croire au-delà de la raison au sans-frontiérisme et au libre-échangisme mondialisé ne décrochent pas de leurs certitudes. C’est le propre de l’idéologie de couper celui qu’elle hypnotise du réel. Ils hantent encore l'espace public à la recherche d'un bouc-émissaire à la crise. Comme des zozos, ils traquent encore les populistes et continuent de voir dans le nationalisme le masque de la xénophobie!   


D’un coup, on se rappelle les vertus de l’enracinement. Hier, elles sentaient apparemment le renfermé et qui s'en réclamait risquait de passer pour un vilain réactionnaire. Aujourd’hui, on redécouvre qu’il est bien d’avoir un chez soi. On constate l’importance d’avoir un endroit où se replier lorsque le monde devient tumultueux. L’homme sans port d’attache n’est pas libre mais abandonné. On redécouvre, en fait, l’importance du politique et de la souveraineté, qui n’est rien d’autre que la maîtrise qu’a un peuple de son propre destin. Le monde qui sortira de la crise ne se contentera pas de revenir à celui qui y est entré. Ce sont les nations et non les structures postnationales qui répondent à la crise en ce moment.  


On voit ici l’importance d’avoir une société cohérente, avec une identité forte, sur laquelle s’appuyer en temps de crise. Une langue commune, des références partagées, un imaginaire historique, des codes culturels vivants, nous donnent une capacité de réaction essentielle quand vient le temps de se mobiliser collectivement pour affronter une épreuve, qui ne fait probablement que commencer. L'identité est une source d'énergie. Notre peuple a toujours su s’encabaner pour affronter la tempête, et c’est ce qu’il fait avec une certaine fierté. La crise nous amène à nous rallier autour de symboles forts et vers un pouvoir protecteur. Elle rappelle l’importance vitale de l’État. Elle nous rappelle l’importance d’avoir un pays.   


Et dans la crise, certaines évidences s’imposent à nous. Dans cette épreuve, on se rend compte à quel point le Québec est notre pays. C’est le formidable docteur Arruda qui l’a dit!