ECR: des dires trompeurs

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Le cours ECR est une propagande multiculturaliste


L’article « L’abolition du cours Éthique et culture religieuse suscite du mécontentement » dans les pages du Devoir le 11 janvier dernier contient des affirmations que je trouve exagérées, peut-être même trompeuses.


D’abord, il y a une sorte de contradiction entre ce qu’affirme avec virulence votre ex-journaliste Jean-Pierre Proulx, au sujet de l’athéisme supposément triomphant, et ce que dit la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), à savoir que l’école doit favoriser « l’égale dignité de l’autre et la poursuite du bien commun ». Or, un non-croyant a autant droit à la dignité que n’importe quel « autre », ce qui n’a pas été développé dans le cours ECR et qui lui a été reproché à plusieurs reprises. À noter aussi qu’il y a plus d’athées et de non-croyants au Québec qu’il y a de pratiquants musulmans, juifs, sikhs, etc. De plus, les propos de M. Proulx relèvent non seulement de la caricature, mais manquent carrément de nuances lorsqu’il fait cet amalgame entre cette soi-disant victoire de l’athéisme et les positions du ministre Roberge sur la réforme scolaire. À ce que je sache, il n’y a pas à la CAQ ou au gouvernement une majorité d’athées et de non-croyants.


Ensuite, il faudrait demander au président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation (FPPE-CSQ), Jean Martineau, sur quelles bases ou études scientifiques il peut affirmer que la vie spirituelle est aussi fondamentale à l’être humain que « la structure nerveuse ou la structure osseuse ». Comme si la spiritualité était innée, une sorte de déterminisme, mais évidemment pas l’athéisme ou la non-croyance. En tant que professionnel de l’éducation, il serait approprié qu’il fasse ses recherches, car rien n’a été prouvé dans ce domaine.


Pour terminer, il me semble important de souligner la persistance tenace de l’équation « spiritualité égale religion ». La religion est une doctrine qui codifie la spiritualité, entre autres par des rites et des dogmes, et se maintient par le prosélytisme. En revanche, la spiritualité est d’abord et avant tout une affaire individuelle. Faire la critique de la culture religieuse n’est pas attaquer la spiritualité d’une personne, mais plutôt en examiner les fondements. Cette dimension critique n’a jamais été actualisée dans le cours Éthique et culture religieuse.









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