Débat sur la place des Québécois auprès de Stéphane Dion - La tête du directeur général du PLC est réclamée

Un partisan de la reconnaissance de la nation québécoise se fait boycotter par le parti

Dion-le-fossoyeur

Le débat sur la place des Québécois dans l'entourage de Stéphane Dion continue de créer des remous au sein du Parti libéral du Canada (PLC). Des militants du Québec réclament la démission du directeur général du parti pour cause d'insensibilité à leur cause tandis que Fabrice Riveault, comme d'autres qui avaient milité pour la reconnaissance de la nation québécoise, se fait montrer la porte.

Ottawa -- Le président de l'aile québécoise du PLC, Robert Fragasso, réclame la démission du grand patron pancanadien du parti, James Carroll, après que celui-ci eut minimisé l'importance d'accroître le nombre de Québécois à des postes clés.
M. Fragasso reproche à son collègue son insensibilité envers le Québec. Depuis plusieurs mois déjà, les militants libéraux du Québec demandent que les préoccupations québécoises soient mieux défendues par le PLC. Dans cette optique, M. Fragasso a, au cours d'une réunion interne, demandé à M. Carroll d'embaucher davantage de Québécois. Ce à quoi l'homme aurait répondu: «Si j'embauche plus de Québécois, est-ce que je vais aussi devoir embaucher plus de Chinois?»
Dans un communiqué de presse envoyé hier, M. Carroll nie ces informations. «Les propos qui m'ont été attribués par Marco Fortier dans Le Journal de Montréal d'aujourd'hui ne représentent aucunement le sens des discussions qui ont eu lieu», écrit-il. Il indique au contraire qu'il «a été convenu que nous devrions à la fois accroître le nombre d'employés francophones du Québec à la permanence nationale et conserver notre engagement incessant envers les langues officielles».
Pourtant, M. Fragasso, qui était présent, confirme l'anecdote. «On parlait du bilinguisme, a-t-il expliqué hier au Devoir. J'ai fait valoir que ce n'était pas tout d'avoir des personnes qui parlent quelques mots de français à la permanence du PLC et au bureau du chef de l'opposition officielle. J'ai dit qu'il était important d'avoir des personnes qui ont des connaissances de la réalité québécoise.» Ce à quoi M. Carroll a répondu par sa fameuse phrase.
M. Caroll a pris la direction du PLC en février dernier dans la foulée de l'élection du nouveau chef. Il avait alors été qualifié de bilingue, ce qu'il n'est pas, selon des personnes qui le connaissent.
«Je n'étais pas heureux du tout, a poursuivi M. Fragasso. Le soir même, j'ai envoyé un courriel à la présidente du parti l'informant que je demanderais la démission de
M. Carroll à la prochaine réunion de régie interne.» «Je me suis senti attaqué comme Québécois, a-t-il continué. Je n'ai pas trouvé ça drôle du tout.» Selon lui, la question de M. Carroll «ne se voulait pas une blague».
Un élu qui réclame l'anonymat a indiqué que cette réplique, «inacceptable», résume à elle seule tout le malaise ressenti ces jours-ci par les militants québécois, qui déplorent ne plus avoir aucun ascendant sur leur parti.
Dehors, les partisans de la nation!
Le malaise québécois se traduit d'ailleurs autrement. Le Devoir a appris que Fabrice Riveault s'est fait refuser le droit de porter les couleurs du PLC à la prochaine élection... dans Laurier-Sainte-Marie, fief de Gilles Duceppe. M. Riveault, qui a travaillé à la permanence du PLC-Q, avait milité en faveur de la reconnaissance de la nation québécoise par son parti. D'ailleurs, il a vanté ce fait d'armes en faisant connaître son voeu de se mesurer au populaire chef bloquiste dans une lutte qui s'annonçait perdue d'avance.
Sa candidature a été rejetée mardi soir. M. Riveault, qui est en Europe cette semaine, n'a pas pu être joint hier. La coprésidente de la commission électorale, Lucie Santoro, a refusé d'expliquer pourquoi. «C'est une décision de la commission électorale et je n'en dirai pas plus. M. Riveault sera avisé.»
M. Riveault est le dernier en lice dans le clan des partisans de la reconnaissance de la nation québécoise à se trouver sur la voie de service. L'ex-astronaute Marc Garneau, qui avait rédigé une lettre ouverte en ce sens, a décidé de ne plus se porter candidat. Enfin, Hervé Rivet, l'ex-directeur général du PLC-Q qui s'était assuré qu'une résolution sur la reconnaissance puisse être débattue en congrès, s'est aussi fait évincer.


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