Comment tuer le CHUM

CHUM



Le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette, a lancé une campagne contre le nouveau CHUM tel que présentement conçu. Ce faisant, le Dr Barrette fragilise un projet déjà mal en point.

Selon le radiologiste, le CHUM dont on prépare la construction sera trop petit. Au lieu de 700 lits, il devrait en compter 850. Le projet devrait également compter une dizaine de salles d'opération supplémentaires. Objectif: que tous les spécialistes oeuvrant actuellement dans les trois composantes du CHUM travaillent dans le nouvel établissement au lieu d'être répartis entre celui-ci et l'hôpital de soins généraux que deviendra Notre-Dame. Pour y arriver et permettre une éventuelle expansion. M. Barrette estime qu'il faudrait de nouveau envisager de construire le CHUM sur le site de la gare de triage d'Outremont.
En février 2005, le prédécesseur du Dr Barrette à la tête de la FMSQ, Yves Dugré, pressait le gouvernement de mettre un terme aux tergiversations et d'aller enfin de l'avant avec la construction du centre hospitalier. "L'effet pervers, le danger, c'est la démobilisation. C'est une perte de crédibilité du projet, qui devait être rassembleur", disait M. Dugré.
Le Dr Dugré avait raison. Pour le meilleur et pour le pire, le gouvernement a tranché. Aujourd'hui, Gaétan Barrette semble croire que les décisions prises avant son entrée en scène doivent être revues selon ses voeux. Le nombre de lits du nouveau CHUM a été arrêté il y a cinq ans? Le site d'Outremont a été rejeté en 2005? M. Barrette n'en a cure, il faut tout remettre sur la planche à dessin!
La campagne du Dr Barrette est bien accueillie parmi les médecins, dans les couloirs de la faculté de médecine et dans les milieux d'affaires. Là, on rêve encore d'un CHUM construit à Outremont, à proximité de l'université, qui deviendrait le coeur d'un quartier des sciences de la santé. Or, ces gens-là doivent se rendre à l'évidence: si le CHUM ne se fait pas au centre-ville, il ne se fera pas. Les objections faites il y a trois ans au site d'Outremont, qu'on les juge fondées ou excessives, referaient surface dès que le gouvernement envisagerait d'y aménager l'hôpital. Il n'y a aucune raison de croire que la bataille perdue à l'époque pourrait être gagnée aujourd'hui.
Les médecins spécialistes aimeraient que le nouveau CHUM soit plus grand? Comment croire que cela est possible alors que Québec a toutes les misères du monde à faire tenir le projet actuel à l'intérieur de balises budgétaires raisonnables?
Il y a plus de 15 ans qu'on débat de l'avenir des hôpitaux universitaires de Montréal. Les projets se sont succédé sans qu'on n'en vienne jamais à construire parce que les intérêts corporatistes et les calculs politiques l'ont toujours emporté sur le bien commun.
L'appui de la population au projet du CHUM est aujourd'hui au plus bas. Si cela continue, il deviendra politiquement rentable de proposer qu'on mette tout sur la glace. Avant que ce jour-là arrive, tous ceux qui sont convaincus de la nécessité d'un nouveau CHUM feraient mieux de mettre l'épaule à la roue plutôt que du sable dans l'engrenage.

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André Pratte878 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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