Bulletin de l’opposition

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Le biais anti-PKP est trop évident pour ne pas trahir les orientations très fédéralistes de Michel David

Alexandre Cloutier (Lac-Saint-Jean), que plusieurs tenaient pour quantité négligeable, constitue l’heureuse surprise du début de course à la succession de Pauline Marois. Même si l’avance de PKP semble insurmontable, il apporte fraîcheur et originalité. Très efficace dans son rôle de porte-parole en matière de justice, il n’a pas laissé à la ministre Stéphanie Vallée d’autre choix que d’exiger un complément d’enquête à la suite du décès tragique d’un enfant de cinq ans lors d’une poursuite policière à Longueuil. A

Plusieurs ont regretté que Sylvain Gaudreault (Jonquière) renonce à entrer lui aussi dans la course au leadership, mais son travail comme critique en matière d’environnement a été impeccable, notamment dans le dossier du projet de port pétrolier de Cacouna. A

Françoise David (Gouin) peut revendiquer une bonne part du mérite pour la bouleversante commémoration du 25e anniversaire du drame de Polytechnique à l’Assemblée nationale, qui a amené le premier ministre Couillard à promettre le maintien d’un registre québécois des armes à feu. Un autre point pour son projet de loi sur les droits des locataires aînés. A-

Certains diront que Jean-François Roberge (Chambly) a la partie un peu trop facile face au ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, mais il n’en apparaît pas moins comme l’étoile montante de la CAQ depuis l’élection du 7 avril dernier. A-

Malgré la neutralité que lui impose théoriquement son rôle de chef intérimaire, Stéphane Bédard (Chicoutimi) a beaucoup de mal à cacher sa partialité dans la course au leadership, mais il a réussi jusqu’à présent à faire en sorte que l’opposition péquiste demeure efficace et relativement cohérente durant une période qui n’est jamais facile pour un parti politique. B

Même si ses vedettes ne cessent de déserter, François Legault (L’Assomption) réussit plutôt bien à combler les vides, comme en témoigne l’élection de François Paradis à l’élection partielle dans Lévis. À l’Assemblée nationale, le chef de la CAQ demeure le plus efficace critique du gouvernement en matière économique. B

Faire face à un bulldozer comme Gaétan Barrette n’est pas une mince tâche. Éric Caire (LaPeltrie) est d’autant mieux placé pour critiquer ses initiatives qu’on ne peut pas l’accuser d’être un apôtre de l’État-providence ou de se faire le porte-parole des syndicats. B-

Agnès Maltais (Taschereau) a un style criard qui peut facilement devenir irritant, mais elle ne fait que son travail de leader parlementaire quand elle défend bec et ongles celui dans lequel de nombreux péquistes voient une ultime planche de salut. La frustration de son vis-à-vis libéral, Jean-Marc Fournier, était manifeste quand elle a torpillé sa tentative d’obtenir l’appui unanime de l’Assemblée nationale pour examiner le cas de Pierre Karl Péladeau. B-

M. Péladeau (Saint-Jérôme) a multiplié les faux pas depuis le tout premier jour de son entrée en politique. Même si le commissaire à l’éthique n’a recommandé aucune sanction, ses violations du code d’éthique des parlementaires étaient flagrantes. Seul le temps dira si cet autocrate sera capable de composer avec les frustrations qui sont le lot quotidien de la vie politique et de cohabiter avec les médias, mais il faut reconnaître que sa façon peu orthodoxe de faire campagne lui a bien réussi à ce jour. C

L’an dernier à pareille date, Bernard Drainville (Marie-Victorin) était un véritable héros au PQ. Aujourd’hui, c’est à qui se distanciera le plus de sa charte de la laïcité, qu’il traîne comme un boulet. Dans la perspective de la course au leadership, sa proposition de reporter d’entrée de jeu le référendum à un deuxième mandat était mal avisée. C-

Jean-François Lisée (Rosemont) semble avoir une trop haute opinion de lui-même pour réaliser à quel point il se nuit en multipliant les pieds de nez à son parti. Le contrôle que PKP exerce sur l’empire médiatique de Québecor pose un réel problème, mais il aurait dû laisser à d’autres le soin d’ouvrir la boîte de Pandore. D

Ardent fédéraliste et grand admirateur de Stephen Harper, Gérard Deltell (Chauveau) a perdu son poste de leader parlementaire parce qu’il ne correspondait pas à l’image plus nationaliste que François Legault entend donner à la CAQ. Son flirt avec le Parti conservateur en agace plusieurs. Il aurait intérêt à décider rapidement s’il veut poursuivre sa carrière politique à Québec ou tenter sa chance au niveau fédéral, sans quoi il pourrait bien être invité à poursuivre sa réflexion à l’extérieur du caucus caquiste. D

Critère d’évaluation

Quand j’ai commencé à distribuer des bulletins au gouvernement et à l’opposition, il y a maintenant 20 ans, j’ai expliqué que mon évaluation, nécessairement subjective, était « basée sur la seule performance politique ». Le critère n’a pas changé. Les notes attribuées ne traduisent aucunement une appréciation qualitative des mesures ou des propositions mises de l’avant.


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