À l'impossible...

Géopolitique du Proche-Orient


Éditorial - "Le gouvernement doit bouger et sortir ses citoyens de là au lieu de seulement en parler ", lance Rania Fallah, dont le frère est à Beyrouth. Un autre Canadien furieux contre le gouvernement Harper? Non. Mme Fallah habite Londres; son commentaire vise le gouvernement de Tony Blair.
Contrairement à l'impression qu'ont beaucoup de Canadiens, le Canada ne met pas plus de temps que les autres pays à extirper ses ressortissants du Liban. À part la France qui a pu évacuer plusieurs centaines de ses citoyens, les pays concernés n'ont fait sortir que quelques dizaines de personnes, souvent par hélicoptères militaires. On sait que Canada ne dispose pas de tels appareils dans la région. Plusieurs ambassades ont transporté des gens par autobus jusqu'à la Syrie. Compte tenu du grand nombre de Canadiens à évacuer, cette voie ne pouvait être considérée. Elle était de toute façon très risquée: les routes vers la Syrie ont été la cible de bombardements intensifs hier.
Qu'il s'agisse de la Grande-Bretagne, des États-Unis ou de l'Australie, l'évacuation massive commencera au plus tôt ce matin, en même temps que celle des Canadiens. Dans chacun de ces pays, on s'est plaint du temps qu'il a fallu au gouvernement pour prendre les choses en main. " J'essaie de rester en contact avec l'ambassade, mais les circuits sont toujours occupés ", a déploré l'Américaine Marianne Abas, qui passait ses vacances dans le sud du Liban.
Le ministre des Affaires étrangères d'Australie a fait savoir qu'il compte notamment sur les navires loués... par le Canada pour évacuer les milliers d'Australiens vivant ou en vacances au Liban. L'un d'eux, Patrick Kayrooz, est furieux: " À la télévision libanaise, tous les pays ont annoncé leur plan d'évacuation: les Américains, les Anglais, les Canadiens, les Français, les Allemands, même les Russes. L'Australie n'a tout simplement pas livré la marchandise. "
À l'impossible nul n'est tenu. Évacuer des milliers de personnes d'une zone de guerre située à 10 000 kilomètres du Canada est une opération extrêmement complexe. L'impatience des Canadiens concernés est parfaitement compréhensible mais tout indique que le ministère des Affaires étrangères fait vraiment le maximum pour leur venir en aide.
L'impression de passivité est accentuée par l'attitude des membres du gouvernement Harper. C'est sur les élus que les gens comptent pour savoir ce que fait leur gouvernement, pour jauger de l'importance accordée par la capitale à tel problème, pour donner à la machine bureaucratique l'impulsion nécessaire. Si le chef de l'État ne prend pas personnellement un problème à bras le corps, on aura l'impression que l'ensemble du gouvernement continue à faire du 9 à 5. On attend encore que Stephen Harper manifeste quelque émotion, fasse sentir ne serait-ce qu'un tout petit peu à quel point lui tient à coeur le sauvetage des milliers de Canadiens pris au Liban.
Les Québécois, eux, sont informés par le ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon. M. Cannon ne semble pas maîtriser le dossier- il a parlé lundi de la Libye plutôt que du Liban- et paraît aussi touché par ce qui se passe là-bas que s'il s'agissait d'une conférence internationale sur le transport ferroviaire.
Dans des circonstances extrêmement difficiles, les fonctionnaires et diplomates canadiens font aussi bien que leurs homologues du reste du monde. On ne peut malheureusement pas en dire autant du premier ministre Harper et de son équipe.
apratte@lapresse.ca

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André Pratte875 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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