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Le vote anglo-allophone est retourné dans le giron libéral


Jour de sondage politique mardi et la cela a fait le bonheur des chroniqueurs politiques. J’ai bien souri en lisant le tweet de Jonathan Trudeau d’ailleurs...


J’ai souvent écrit sur les «sondages», sur la place démesurée qu’on leur accorde dans la conduite de notre vie démocratique.



Jonathan Trudeau@JETrudeau


Je participerai à une édition spéciale de La Joute ce soir, 21:00, à , en compagnie @Ant_Robitaille @RegineLaurent @mcbergeronTVA pour commenter le sondage Léger publié cet après-midi.



Un sondage, c’est le comble du bonheur pour un chroniqueur politique! 😜😉




J’ai souri, car Trudeau a tout à fait raison. Un sondage politique, c’est une fenêtre ouverte à toutes les interprétations du monde. Chacun trouvera dans un sondage une donnée lui permettant d’étayer son argumentaire politique.


D’ailleurs, je suis toujours étonné de voir à quel point certains chroniqueurs sont prêts à tirer de vastes conclusions à partir de sous-ensembles statistiques dans un sondage.


Analyser à rallonge à propos du «vote des femmes» à partir de 383 réponses (de femmes selon l’avis méthodologique) à un sondage web?


Voici quelques exemples. Si l’on compare les données du Léger du 3 mars 2018 (il y a environ un mois) à celui publié mardi, je suis en mesure de tirer les conclusions suivantes :



  • le vote de la CAQ à Montréal (Montréal RMR) et les environs s’est effondré

  • le vote du PQ à Québec (Québec RMR) et les environs s’est effondré

  • le vote du PLQ en région (reste du Québec) a fondu

  • le PLQ voit son score chez les non-francophones croitre au détriment du vote de la CAQ


Pour chacune de ces affirmations, je me base sur les écarts statistiques dans les sous-ensembles qui sont plus élevés que la marge d’erreur d’un sondage probabiliste. Le hic c’est que les échantillons de ces sous-ensembles sont très petits.


La moindre des choses serait d'y aller de prudence avant de traiter des sous-ensembles comme si c'était là des données statistiquement probantes. Chaque analyse devrait d’ailleurs être précédée par une courte mention de la méthodologie du sondage, mais ça, c’est juste moi...


Les grandes tendances...


Si l’on veut trouver matière à analyse des sondages, il faut y aller selon les grandes tendances qui s’en dégagent. Et je m’arrêterai ici à l’une de ces tendances qui persistent depuis des mois : l’effondrement du vote libéral chez les francophones.


16%!!!


C’est hallucinant que le PLQ demeure dans la course alors qu’il est complètement désapprouvé par l’écrasante majorité de la population francophone au Québec. Vrai qu’à ce plancher, cela lui serait difficile de former le prochain gouvernement, mais son vote captif chez les non-francophones lui assure une représentation minimale d’une quarantaine de comtés.


Un vote captif qui s’accroit chaque année de 75 à 80% des plus de 50 000 nouveaux arrivants. On doit le rappeler. Ce n’est pas non-significatif.


Cette réflexion d’un contact que j’estime beaucoup fait d’ailleurs réfléchir...



Oblomov@LeGrosRaTt



En réponse à @LeGrosRaTt


Le but n’est pas de dire que le vote francophone vaut plus qu’un autre, parce que dans les circonstances, c’est plutôt l’inverse. Un vote monolithique a plus de poids qu’un vote qui se divise. Division qui est une chose normale en démocratie.




Oblomov@LeGrosRaTt


Comment une société minoritaire peut-elle défendre des enjeux qui sont liés à sa continuité politique, culturelle et historique si le vote de sa majorité est disqualifié? M’enfin, tout va bien.




Le Parti libéral sait très bien que son salut électoral passe par la fidélité de son vote captif non francophone. Cela se traduit par des manifestations de mépris absolument sidérantes de certains de ses représentants.


Comme Stéphanie Vallée qui accuse la CAQ de ne courtiser que «les familles blanches», ou Philippe Couillard qui l’échappe en divisant le Québec en fonction des «véritables citoyens» et des autres... À n’en point douter, ce ne sont pas toujours ceux que l’on pense qui «soufflent sur les braises de l’intolérance»...


Poussé dans leurs derniers retranchements, qui sait jusqu’où iront les libéraux afin de tenter de s’accrocher au pouvoir? Par le jeu de la division du vote au sein de certains comtés bien précis – là où parfois des luttes à trois, voire à quatre sont imprévisibles – il n’est pas impossible que le PLQ arrive à arracher une courte minorité.


Je me questionne souvent sur la santé de notre vie démocratique.


Encore plus quand je constate que ce parti qui s’accroche au pouvoir, fort de puissants appuis au Québec, en contrôlant tous les leviers du système de la justice, ce qui l’empêche jusqu’à maintenant d’avoir à répondre de son passé éthique, tout en étant fortement désapprouvé par l’écrasante majorité des francophones...


Imaginez que le prochain gouvernement non libéral décide de dépolitiser complètement l’UPAC, la justice... Vous souvenez de ce qui s’est passé avec Union Montréal?


Attachez vos tuques avec de la broche, la prochaine campagne électorale sera rocambolesque. Chaque chef de parti y joue son avenir, et il n’est pas donné que l’échiquier des partis sera le même après les élections.