Vision d’apocalypse

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Nous revivons le retour à l'hystérie religieuse de masse sur la Fin des Temps


Depuis la nuit des temps, il existe une fascination pour l’idée de la fin du monde. L’annonce du cata­clysme universel est aussi une façon d’exprimer l’impuissance à contrôler des forces qui dépassent l’homme et le renvoient à sa condition de grain de sel ou de fétu de paille.


La jeune Greta Thunberg qui marche dans les rues de Montréal aujourd’hui est habitée par l’apocalypse, pourrait-on dire. La violence de l’angoisse personnelle de cette jeune fille qui, à 10 ans, a plongé dans une grande dépression est douloureuse à observer. Son intervention rageuse à l’ONU, lundi dernier, a créé un malaise.


L’acuité de la perception de cette adolescente quant à la crise écologique s’explique en partie par le fait qu’on lui a diagnostiqué à 11 ans un syndrome d’Asperger, un trouble obsessionnel compulsif et un déficit d’attention. L’on trouve ces informations dans sa récente biographie, écrite par ses parents, sa sœur et elle-même.


Urgence immédiate


Il ne s’agit pas de discréditer la cause que cette jeune fille incarne, mais de comprendre que les tourments qui l’habitent portent peu d’espoir. Car aucune solution réelle ne peut être à court terme. Or, Greta et ses jeunes amis sont dans l’urgence immédiate.


En effet, c’est à la mort de la planète, donc de l’humanité, que mène cette vision d’apocalypse. D’ailleurs, nombre de disciples de Greta lancent désormais un appel pour qu’on cesse de mettre des enfants au monde.








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Ces centaines de milliers de Québécois qui défilent aujourd’hui dans les rues de Montréal, plusieurs avec leurs enfants, doivent éviter de surdramatiser la situation. Car l’écoanxiété s’est emparée des très jeunes, on le sait. D’ailleurs, à partir de quel âge doit-on exposer de jeunes enfants à des préoccupations auxquelles seuls les adultes peuvent trouver des réponses ? La question est légitime à une époque où trop d’adultes entraînent les enfants dans des situations émotionnelles qui les perturberont pour la vie.


Et à cet égard, les jeunes ne seraient-­ils pas plus à l’abri dans leurs salles de classe avec des enseignants qui les sensibilisent avec réserve et intelligence à ces fléaux réels que dans la rue ?


Dégradation de la planète


Nous sommes tous dans le même bateau, les pollueurs criminels qui s’enrichissent comme ceux qui respectent l’environnement. C’est la seule véritable justice devant cette dégra­dation de la planète. Nous sommes tous les victimes des conséquences dramatiques de la violation de la terre.


L’outrance, les délires, les faus­setés qualifiées de scientifiques ou les vérités scientifiques dénoncées par les climatosceptiques doivent céder la place à la pensée humaine lumineuse et clairvoyante. C’est avec la raison que nous avons réussi à conjurer tant de malheurs passés pour en arriver à nous libérer, relativement certes, afin de vivre mieux, plus longtemps, dans une forme de progrès.


Un discours de haine et de rage envers les générations d’adultes est une façon pour les jeunes de se tuer eux-mêmes. Psychologiquement et moralement. Et faire l’éloge de l’infertilité ne fera pas pousser les feuilles aux arbres et fleurir les champs.