Qui nous reniera ce droit?

Une fête juste pour Nous, les Canadiens-français?

Notre identité, nos origines, sources intarissables de fierté

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Tribune libre

Chaque année le 18 mars, les descendants d'Irlandais célèbrent la fête de leur patron Saint-Patrick par leur défilé annuel dans les rues de Québec et d'ailleurs.

Mais au grand dam de certains vendus multiculturalistes, on n'y célébrait que l'identité... irlandaise! Mais non, pas de contingent haïtien, pas de dragon chinois, pas de rythmes latinos du carnaval de Rio, non, juste des Irlandais!

Passant dans le quartier ce jour-là et assistant au joyeux événement couleur de trèfle, je me suis dit à part moi, songeur: «les seuls à qui on refuse le droit de fêter leur identité spécifique par un jour national spécifique sont les Canadiens-français».

En effet, il y a un mois complet des noirs (coutume venue des États-Unis mais qui selon moi n'a pas sa raison d'être ici en raison de leur faible pourcentage), la journée des gais, la Saint-Patrick, la journée de la femme, la fête des Acadiens, le nouvel an chinois et combien d'autres encore.

Mais la fête de la Saint-Jean-Baptiste, quant à elle, s'est faite détourner de son sens premier en reniant purement et simplement le peuple fondateur qui se voit forcé de céder la place à toutes les ethnies de la terre qui veulent se faire voir. On la célèbre en anglais ou dans votre dialecte préféré. On célèbre à la place la diversité (érigée en dogme idéologique imposé) au lieu de l'identité d'un peuple qui en possède pourtant une bien distincte.

On cherche à reléguer notre peuple héritier au simple rang de minorité comme les autres.

En passant, on nous a fait le même coup avec l'Ô Canada d'Adolphe Routier et Calixa Lavallée, qui nous représentait jadis mais qui au fil des années est devenu l'hymne des fédéralistes canadiens, nous dépossédant de ce qui nous appartenait en propre.

On nous refuse le droit de célébrer le sentiment naturel d'appartenance à un grand peuple, d'en tirer la moindre fierté, de célébrer notre différence, nos origines historiques. Interdit d'être d'ici. Mais être de partout, c'est n'être de nulle part. Un arbre sans racines. Il faudrait s'en souvenir.

Devant cette tentative éhontée de nous évincer de la carte, celle qui voudrait que plus aucun Canadien-français n'ait droit à la fierté d'appartenir à sa noble descendance de pionniers et de bâtisseurs et de l'affirmer tout haut, il faudrait songer à mettre sur pied une grande fête annuelle qui ne célébrera que Nous, glorifiant notre passé, nos aïeux, représentative de notre héritage culturel, nos accomplissements et notre étonnante résilience à ne pas se laisser assimiler et disparaître.

Ce serait un jour où toutes les autres ethnies applaudiraient à ce que nous sommes et à notre enracinement dépassant les dix générations, à développer le territoire légué par nos valeureux ancêtres, à mettre au point le type de société qui est la nôtre et qui doit être l'unique modèle vers lequel doivent converger tous ceux qui désirent venir s'installer ici.

D'après vous, quel jour de l'année conviendrait le mieux pour ce faire? Comment appellerons-nous l'évènement? La fête des Bâtisseurs du pays? La fête du Peuple fondateur? La fête des descendants de la Nouvelle-France? La fête des Familles souches? La fête des Canadiens-français?

«Je me souviens», le sens d'une devise: http://vigile.net/Je-me-souviens-63186

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Réjean Labrie836 articles

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Réjean Labrie est natif de Québec. Il a fait une partie de sa carrière dans la fonction publique provinciale.

Il tire la plus grande fierté d’être un enraciné de la 11ème génération en sol natal. Son élan nationaliste se porte sur la valorisation de la culture québécoise et sur la préservation de l'identité culturelle québécoise et de sa démographie historique.

Il se considère comme un simple citoyen libre-penseur sans ligne de parti à suivre ni carcan idéologique dont il se méfie comme des beaux parleurs de la bien-pensance officielle.

L'auteur se donne pour mission de pourfendre les tenants de la pensée unique, du politiquement correct, de la bien-pensance vertueuse, toutes ces petites cliques élitistes qui méprisent le bon peuple.

Plus de 835 articles publiés en ligne ont été lus un million 400 000 fois par tous ceux qui ont voulu partager une réflexion s'étendant sur une période de plus de 15 ans. À preuve que l'intérêt pour une identité nationale québécoise affirmée ne se dément pas, quoi qu'on en dise.





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8 commentaires

  • Réjean Labrie Répondre

    3 juin 2015

    Me Michel Leclerc de Québec, grand nationaliste s'il en est un, m'a fait l'honneur de prendre le relai de l'idée que j'ai lancée plus haut, en rédigeant une véritable plaidoirie bien sentie qui va dans le même sens que mon article, et qu'il a fait publier une semaine après le mien dans Le Soleil, et possiblement d'autres quotidiens à grand tirage. Je l'en remercie. À preuve que les articles publiés sur Vigile peuvent avoir des répercussions positives sur la diffusion des idées.
    En voici le texte intégral.
    L'erreur du 24 juin
    En 1978, l'Assemblée nationale a adopté une loi stipulant que dorénavant, le 24 juin, on ne célébrerait plus la fête de saint Jean-Baptiste, patron des Canadiens-français, mais que la Saint-Jean-Baptiste serait la fête nationale des Québécois.
    Lors de la révolution tranquille, nous avons troqué le titre de "Canadiens-français" contre celui de "Québécois". Or, il ne s'agit pas du tout de la même chose, Les Canadiens-français sont les descendants des Français venus s'installer en Amérique; il y en a partout au Canada, et ils composent aujourd'hui environ 75% de la population du Québec. Alors que les Québécois sont toutes les personnes qui habitent au Québec, quelle que soit leur origine.
    En fondant notre définition sur la province que nous habitons plutôt que sur notre identité historique, les Canadiens-français se privent de leur fête nationale, alors que toutes les autres nationalités présentes au Québec gardent la leur.
    Pour fixer la date de la fête de tous les Québécois, pourquoi choisir le jour de la fête des Canadiens-français? Qui aurait eu l'idée de choisir le 17 mars, fête de Saint-Patrick, patron des Irlandais? Ou le 4 juillet, jour de l'indépendance américaine, ou le 14 juillet, fête nationale des Français?
    Le résultat est que maintenant, la fête des Canadiens-français est célébrée partout au Canada, sauf au Québec, où ils sont majoritaires.
    Je souhaite qu'il y ait une fête de tous les Québécois, et qu'elle inclue autant des dragons chinois, des danses ukrainiennes que des chansons en anglais comme en français. Mais je ne veux pas que ça efface "ma" fête. Je demande que l'on choisisse une autre date comme fête nationale des Québécois, et qu'on laisse le 24 juin aux Canadiens-français et à leurs descendants. (fin du texte)
    Me Leclerc a présenté un intéressant mémoire sur les accommodements ethniques: http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/memoire-michel-leclerc.pdf

  • Réjean Labrie Répondre

    23 mai 2015

    M. Mathieu Bock-Côté, que je verrais bien conseiller en matière d'immigration pour M. Péladeau, aborde à son tour le sujet du culte de la diversité qui nous force au reniement de soi, dans son article "Toutes les origines sont bonnes, sauf la nôtre!".
    Un extrait sur ce qu'on impose aux jeunes à l'école:
    Sous prétexte d’ouverture, on invite les enfants à se lover dans leurs origines. On leur dit qu’il n’y a rien de plus important qu’elles. Et qu’ils doivent les conserver à tout prix. On chante la diversité, alors que dans les faits, on fabrique une société éclatée, fragmentée, où fleuriront des millions d’identités individuelles, mais où on peinera à reconnaître une identité collective.
    Dans un monde normal, il faudrait plutôt transmettre aux jeunes enfants l’histoire du Québec, et la culture québécoise. Plutôt que de demander à chaque gamin de parler du patelin de ses parents, il faudrait l’inviter à parler d’un héros québécois, d’un grand événement historique québécois, ou d’un artiste québécois. Autrement dit, il devrait moins se replier sur sa culture d’origine qu’embrasser son nouveau pays. (fin de la citation)

  • Archives de Vigile Répondre

    21 mai 2015

    J'ai cru que vous vouliez "restaurer" la fête du 24 juin. Remarquez que le gouvernement Lévesque aurait pu choisir un autre jour que le 24 juin pour la fête nationale de tous les Québécois car ce que vous écrivez est légitime.
    Vous insitez sur le terme Canadiens-francais. Est-ce que vous inclueriez aussi les descendants francais hors Québec? Qu'en est-il des Franco-Américains?

  • Réjean Labrie Répondre

    20 mai 2015

    M. Lauzon ne semble pas comprendre le propos. J'ose espérer qu'il ne fait pas partie de ceux (antinationalistes et fédéralistes) qui cherchent systématiquement à diminuer l'importance des Québécois de souche dont il est question ici de souligner l'importance.
    Même les jeunes sont actuellement inculqués à l'école à ne considérer les descendants des Canadiens-français que comme une simple minorité comme une autre, et non pas comme la majorité fondatrice du pays comme elle l'est dans les faits.
    On cherche à relativiser notre valeur collective, à nous ravaler au second rang, pour ne pas dire au dernier, pour céder toute la place à l'Autre venu de partout. À les en croire, il faudrait renier honteusement tout ce que nous représentons.
    On nous refuse le droit d'être reconnu pour notre contribution. Dans l'article, il n'est pas question de remettre en cause la nature de la fête nationale qui est établie pour tous, mais de la mise sur pied d'un autre événement officiel tenue à un autre moment de l'année pour célébrer Nous et juste Nous, les Québécois de souche, comme les autres commentateurs l'ont parfaitement compris. Que M. Lauzon se donne la peine de bien relire l'article.
    Nous avons le droit en tant que descendants de plus de 10 générations de Canadiens-français de s'écrier tous ensemble: Vive Nous! et d'en tirer fierté, dignité et honneur.
    Car nous, nous sommes d'ici et il y a là de quoi en être particulièrement fier; nous sommes une continuité qui traverse les âges, une nation spécifique qui a bâti le pays tel que nous le voulons et qui le sera encore plus le jour où nous atteindrons l'indépendance nationale que nous méritons, le couronnement de notre ferme volonté de durer.
    Réjean Labrie

  • Archives de Vigile Répondre

    19 mai 2015

    N'est-ce pas René Lévesque qui a décrété que le 24 juin était la fête nationale de Québécois. Une fête naitionale, c'est une fête nationale. Elle est pour tous les Québécois, indépendamment de leurs origines.

  • Jean Gilles Répondre

    18 mai 2015

    "Canadiens français": un terme folklorique qui correspond à aucune réalité politique.

  • Archives de Vigile Répondre

    17 mai 2015

    Nous l'avons déjà notre fête mais c'est qu'il n'y a personne qui semble vouloir la souligner et en faire un bel hommage, elle s'appelle la Fête Des Patriotes.
    Ces patriotes sont morts pour notre cause et ils méritent notre respect. Puisqu'on nous a accordé cette journée férié, pourquoi ne pas en profité et en faire une belle grande parade?

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    17 mai 2015

    La Fête de l'Indépendance du Québec, célébrée le jour où nous la proclamerons.