Aussant interdit à l'ÉTS

Un refus audacieux

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Quand les souverainistes ont moins de droits que les fédéralistes...

L’École de technologie supérieure a récemment refusé la tenue d’une conférence du chef d’Option nationale Jean­-Martin Aussant à l’intérieur de ses murs. Un groupe d’étudiants de l’ÉTS avait fait la demande au début du mois de février, le sujet devait être la souveraineté du Québec. Ces étudiants motivés avaient alors fait leurs démarches sans passer par l’association des étudiants de l’ÉTS qui est réputée comme étant apolitique. Après étude du dossier, l’ÉTS rend son verdict: « L’ÉTS n’est pas en mesure d’autoriser cet événement, car il est de nature politique partisane et n’est pas directement en lien avec la mission de l’École. ». À première vue, on peut comprendre qu’après tout, c’est une conférence dans les locaux de l’ÉTS donc il est de leur ressort de refuser l’événement. Cependant, faire appel à cette liberté de refuser devient plutôt gênant lorsqu’il y a quelques précédents en la matière d'événements politiques. En effet, le 1er mai 2012 avait lieu dans cette école d’ingénierie, une conférence fortement politique mettant en scène le chroniqueur, cofondateur du Réseau Liberté Québec et ex-­adéquiste Éric Duhaime, faisant la promotion de son livre « L’état contre les jeunes » qui explique comment « Les baby­boomers ont perpétré un véritable hold­up générationnel ».

*Annonce de la conférence d'Éric Duhaime sur le site de l'AÉÉTS
On peut tout de même avouer qu’Éric Duhaime n’est pas directement lié à un parti politique donc que ce n’est probablement pas de la politique partisane comme l’entendent les responsables de l’ÉTS. Cependant, les étudiants promoteurs de l’événement se sont rendu compte également que le 23 février 2011, l’ex-­chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff s’était rendu à l’ÉTS avant les élections fédérales de mai 2011. On peut voir certains éléments de la visite de cet homme politique par ce texte sur le vidéo YouTube mis en ligne par la chaîne officielle du parti: « Michael Ignatieff a discuté avec les étudiants des succès de leurs programmes et des priorités des libéraux comparativement aux choix faits par les conservateurs de Stephen Harper. ».

*Michael Ignatieff en discussion avec plusieurs étudiants de l’ÉTS.

*Michael Ignatieff qui visite les clubs scientifiques de l’ÉTS.
L’autre raison du refus de la tenue de la conférence de monsieur Aussant est que ça ne cadre pas dans la mission de l’ÉTS. On peut tout de même se demander en quoi la visite d’Ignatieff et celle de monsieur Duhaime cadrait avec la mission de l’école. Cependant, la visite de l’ex-­chef libéral a donné beaucoup de visibilité à l’ÉTS.

Depuis plusieurs mois déjà, le chef d’Option nationale fait des conférences dans plusieurs universités au Québec sur différents thèmes comme la souveraineté et l’éducation. En fait, il est en train de faire le tour des institutions d’enseignement, où il bénéficie d’une bonne cote d’écoute. Les salles sont souvent bondées de jeunes curieux. Il est allé entre autres à l’Université Laval, à l’Université de Montréal, à l’Université de Sherbrooke et à l’UQÀM pour parler de souveraineté et d’éducation.

L’École de technologie supérieure est une constituante du réseau de l'Université du Québec. Il s’agit toutefois d’une école plutôt qu’une université étant donné que la seule faculté présente dans cette institution est celle du génie. Malgré l’absence de facultés de sciences politiques ou d’autres sciences humaines similaires, on peut tout de même se demander pourquoi une école devrait refuser la tenue de conférences à contenu politique n’ayant pas un lien direct avec les programmes donnés. Le réseau universitaire n’est­ il pas le meilleur milieu pour l’échange d’idées? Les étudiants ne sont ­ils pas avant tout des citoyens? Le future profession d'ingénieur de ces étudiants, est-elle si éloignée que l’on peut le croire de la chose politique?

Il est important de noter que le groupe d’étudiants promoteurs de l’événement a fait appel à la décision de l’administration. La demande a pu être réétudiée ensuite au comité de direction de l’ÉTS mais elle a abouti sur un autre refus.
***

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Samuel Milette Lacombe1 article

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Étudiant à l'ETS, militant d'Option nationale





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7 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    27 février 2013

    Monsieur Marc Tremblay,
    Vous demandez: "Pourquoi n’ont-ils pas été voir leur association étudiante pour obtenir de l’aide ? "
    Comme mentionné dans l'article: "Ces étudiants motivés avaient alors fait leurs démarches sans passer par l’association des étudiants de l’ÉTS qui est réputée comme étant apolitique."
    Plusieurs administrateurs de l'association étudiante ont clairement expliqué aux organisateurs que l'association étudiante ne pourrait intervenir sur ce dossier-là et que donc aucune n’aide ne pouvait être donné aux organisateurs.
    Vous dîtes: "Je trouve que toute cette histoire ressemble à une grosse campagne de salissage contre l’ÉTS de la part d’un groupe d’enfants-roi qui se sont fait dire non et font maintenant une crise du bacon pour avoir ce qu’ils veulent."
    Ce procès d'intention est infondé. Aucune mauvaise volonté envers l'ÉTS n’est à noter ici. Il s'agit uniquement de mettre au jour les faits pour lancer un questionnement public sur une décision incohérente.

  • Archives de Vigile Répondre

    25 février 2013

    Suite à la lecture de ce texte, il me vient une seule idée en tête. Pourquoi n'ont-ils pas été voir leur association étudiante pour obtenir de l'aide? Je trouve que toute cette histoire ressemble à une grosse campagne de salissage contre l'ÉTS de la part d'un groupe d'enfants-roi qui se sont fait dire non et font maintenant une crise du bacon pour avoir ce qu'ils veulent.

  • Alain Maronani Répondre

    25 février 2013

    Je me souviens des clameurs indignées qui avaient accompagnés la conférence que devait donner Benjamin "Bibi" Netanyahu, il n'était pas encore premier ministre de l'état d'Israel, ministre des affaires étrangères, en Septembre 2002, à l'université Concordia...
    La censure est mauvaise conseillère...l'indignation sélective en face de celle-ci aussi...
    L'ETS aurait du laisser Aussant faire sa conférence, probablement destinée à un public de partisants...

  • Archives de Vigile Répondre

    25 février 2013

    Je ne suis pas un fan de Jean-Martin Aussant. Mais en lui refusant la tenue d'une conférence dans ses locaux, tout en accueillant Éric Duhaime comme conférencier constitue, pour l'ITS un choix politique évident.
    Et ce choix politique manifestement d'extrême droite et en faveur du libéralisme le plus sauvage me fait frémir.
    Où allons-nous?

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    25 février 2013

    Refus fort éloquent, de la part de la profession qui a manqué le plus de prudence dans ses rapports avec la construction en période libérale...
    Ont-ils été échaudés dans les medias à l'époque où les étudiants islamistes réclamaient à grands cris des salles de prières? (ablutions des pieds dans les lavabos) Ça ferait cependant un troublant rapprochement entre ces revendicateurs et les "de souche"...

  • Archives de Vigile Répondre

    24 février 2013

    M. Samuel Milette Lacombe
    Après avoir lu votre article et examiné les exemples que vous donnez, je remplacerais le mot "audacieux" par le mot "scandaleux".
    Ce refus est une décision politique anti-démocratique qui rappelle une époque de l'histoire du mouvement indépendantiste où des membres du RIN avec Pierre Bourgault en tête étaient ostracisés.
    Cela montre que la démocratie québécoise est en régression et non en progrès.
    Robert Barberis-Gervais, 24 février 2013
    p.s. Je ne suis pas membre du parti Option nationale.

  • Lise Reid Répondre

    24 février 2013

    Il est évident que J-M Aussant fait peur aux fédéralistes
    et aux mous de la souveraineté,car il parle d'indépendance
    avec compétence et audace.On l'a vu aussi lors du débat des
    chefs aux dernières élections provinciales quand R-C a
    refusé sa participation.
    Raison de plus pour que les indépendantistes l'appuient,
    lui et son parti.Souhaitons un immense succès à ON à son
    congrès en fin de semaine prochaine.