Trudeau approuve les frappes occidentales en Syrie

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Trudeau, petit caniche sans importance internationale


Le Canada approuve la décision des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France de mener des frappes contre l’arsenal chimique de la Syrie, a affirmé samedi le Premier ministre Justin Trudeau.


Depuis Lima, où il assiste au sommet des Amériques, Justin Trudeau a soutenu «la décision des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime (NDLR: du président syrien Baschar al-Assad) de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens».


«Le Canada condamne avec la plus grande fermeté l’usage d’armes chimiques dans l’attaque perpétrée la semaine dernière dans la Ghouta orientale, en Syrie» a ajouté Justin Trudeau dans un communiqué.


«Nous continuerons de travailler avec nos partenaires internationaux pour mener des enquêtes plus approfondies sur l’emploi d’armes chimiques en Syrie. Il faut traduire en justice les responsables de ces gestes», a-t-il assuré.


Les démocrates américains veulent un vote du Congrès


L’opposition démocrate au Congrès des États-Unis a réagi samedi à l’annonce des frappes contre la Syrie en soulignant que toute action militaire ultérieure d’envergure nécessiterait une vision stratégique précise - et un vote du Congrès.


Le président Donald Trump a précisé que les «frappes de précision» pourraient se poursuivre «jusqu’à ce que le régime syrien arrête d’utiliser des agents chimiques interdits».


Mais la chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a appelé le président à présenter un plan détaillé devant le Congrès s’il veut étendre son action militaire.


«Une nuit de frappes aériennes ne peut se substituer à une stratégie cohérente», a commenté Mme Pelosi dans un communiqué.


Le président «doit venir devant le Congrès pour obtenir une nouvelle Autorisation d’employer la force militaire (AUMF), pour présenter un ensemble clair d’objectifs, et enfin faire en sorte que (le président russe Vladimir) Poutine ait à rendre des comptes pour le bain de sang qu’il a permis», a-t-elle ajouté.


Dans leurs opérations menées ces dernières années contre des groupes extrémistes, comme le groupe Etat islamique, y compris en Syrie, les forces armées américaines se sont appuyées sur une autorisation AUMF votée par le Congrès peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001.


Tout en reconnaissant que l’attaque chimique présumée attribuée au régime de Damas était une «abomination», certains élus démocrates, comme le sénateur Tim Kaine, considèrent que les frappes lancées dans la nuit de vendredi à samedi sont illégales.


«La dernière chose que le Congrès devrait faire est de donner un chèque en blanc à ce président pour guerroyer contre n’importe qui, n’importe quand. Nous devons mettre des limites claires avant qu’il ne commence une autre guerre», a dit M. Kaine, qui fut candidat à la vice-présidence des États-Unis en 2016, en «ticket» avec Hillary Clinton.


«Aujourd’hui, c’est une frappe contre la Syrie - qu’est-ce qui l’empêchera ensuite de bombarder l’Iran ou la Corée du Nord?», a-t-il ajouté.


A l’inverse, des élus républicains se sont félicités de la décision d’engager des frappes.


Cette opération est «nécessaire» car il s’agit d’un «combat entre le bien et le mal, un combat entre les États-Unis et la face sombre de l’humanité», a ainsi estimé le sénateur Cory Gardner.


Mais des républicains libertariens, comme le représentant Justin Amash, ont vivement critiqué la décision du président. Ces frappes sont «inconstitutionnelles, illégales et irresponsables», a jugé M. Amash.


L'ONU appelle les États à la retenue


Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé samedi tous les États membres à faire preuve de retenue et à s’abstenir de tout acte qui pourrait conduire à une escalade après les frappes occidentales contre la Syrie.


«J’appelle tous les Etats membres à faire preuve de retenue dans ces circonstances dangereuses et à éviter tous les actes qui pourraient entraîner une escalade de la situation et aggraver les souffrances du peuple syrien», a déclaré dans un communiqué M. Guterres.


Le secrétaire général a reporté un voyage prévu en Arabie saoudite pour gérer les suites de l’opération militaire lancée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France et qui visait principalement les capacités militaires chimiques dont dispose selon eux le pouvoir syrien.


«Toute utilisation d’armes chimiques est horrible», a déclaré M. Guterres.


Il a par ailleurs souligné l’importance d’agir en conformité avec la charte de l’ONU et le droit international.


L’intervention militaire occidentale contre la Syrie n’a pas été autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU.


M. Guterres a appelé les membres du Conseil de sécurité à se mettre d’accord sur l’ouverture d’une enquête qui établirait l’identité des auteurs d’attaques chimiques en Syrie.


Les frappes aériennes ont été lancées une semaine après l’annonce d’une attaque chimique présumée commise selon les Occidentaux par les forces gouvernementales à Douma, près de Damas, et qui aurait fait plus de 40 morts.


La Syrie dénonce une «agression barbare et brutale»


 Le régime syrien a dénoncé samedi une «agression barbare et brutale» des Occidentaux, après les frappes menées peu avant l’aube par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne contre des bases militaires, selon l’agence officielle Sana.


Ces frappes visent à «entraver» une mission de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui devait entamer samedi son enquête à Douma sur une attaque chimique présumée, selon Sana, qui cite une source officielle au ministère des Affaires étrangères.


«L’agression [...] a pour principal objectif d’entraver le travail de l’équipe, devancer ses conclusions, et faire pression sur la mission dans une tentative visant à dissimuler les mensonges et les fabrications» des Occidentaux, selon Sana.


L’attaque chimique présumée qui a visé il y a une semaine la ville de Douma, dernier bastion rebelle aux portes de Damas, a fait selon des secouristes des dizaines de morts, déclenchant un tollé international et poussant les Etats-Unis et la France à brandir la menace de frappes en Syrie.


Le régime et son allié russe avaient nié toute responsabilité, dénonçant des «fabrications» des rebelles.


Cette «agression tripartite contre la Syrie est une violation flagrante du droit international (...) et elle sera vouée à l’échec», avait rapporté un peu plus tôt l’agence officielle.


De son côté, le haut commandement de l’armée syrienne a indiqué dans un communiqué que les trois pays occidentaux avaient «tiré environ 110 missiles sur des cibles à Damas et ailleurs» dans le pays, assurant en avoir intercepté «la plupart».


«De telles attaques ne décourageront pas nos forces armées et leurs alliés de continuer à écraser ce qui reste des groupes terroristes armés sur tout le territoire», selon le communiqué lu par un officier à la télévision publique syrienne.


Washington, Paris et Londres ont affirmé avoir visé des cibles liées au programme d’armement chimique syrien.


De son côté, le mouvement chiite libanais du Hezbollah, un allié du régime, a estimé que «la guerre menée par les États-Unis contre la Syrie n’atteindra pas ses objectifs».


La Russie dénonce et demande une réunion du Conseil de sécurité


Le président russe Vladimir Poutine dénonce les frappes militaires des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France menées vendredi soir en Syrie.


Il s’agit, selon lui, d’un «acte d’agression qui va exacerber la catastrophe humanitaire» en Syrie.


Moscou, qui appuie le régime du président syrien Bachar el-Assad, demande une rencontre d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.


Les États-Unis, de concert avec leurs alliés, ont visé des cibles associées au programme d’armes chimiques syrien. Le président Donald Trump a expliqué que la décision avait été prise en représailles à la présumée attaque chimique de Douma, attribuée au président el-Assad.


Vladimir Poutine réaffirme qu’il n’y a aucune preuve d’une attaque chimique, et déplore que les États-Unis n’aient pas attendu que les enquêteurs internationaux se soient rendus à Douma pour inspecter les lieux.


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