Requiem pour les PPP

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CHUM



Depuis plusieurs années déjà, le mouvement syndical, appuyé par nombre de chercheurs indépendants, met le doigt sur les vices des partenariats public-privé, les PPP. Parmi ceux-ci, le manque de transparence, le pelletage hors bilan de l'endettement public, la tarification et la marchandisation de services publics, ainsi que le partage risques publics versus profits privés. En plus, les PPP gonflent les coûts totaux en raison de l'impératif de profit et des coûts supérieurs du financement privé: nos gouvernements peuvent emprunter à bien meilleur taux que les multinationales.
Donc, avant l'éclatement de la bulle financière et l'enclenchement de la crise économique mondiale, plusieurs voyants rouges clignotaient déjà. Depuis quelques mois, ce sont maintenant les signaux d'alarme qui retentissent: sauve qui peut!
C'est qu'avec le resserrement dramatique du crédit bancaire, le coût du financement privé passe de handicap majeur à maladie mortelle. Comme l'a rapporté André Noël dans La Presse du 19 février, même PricewaterhouseCoopers, grand partisan des PPP, a admis dans un rapport récent que «le crédit bancaire est simplement insuffisant, et inefficace, comme source de financement à long terme» pour les PPP. Les consortiums «pourraient faire face à des paiements de dette plus élevés que prévus, ou même être incapables de se refinancer».
Même son de cloche dans un rapport de janvier 2009 de l'Internationale des Services Publics, qui ajoute que la récession a des répercussions sur les rentrées de fonds des PPP qui dépendent des frais d'utilisateurs.
Imaginez le portrait à la fin de la récession, déjà que les échecs se suivent au Canada. En décembre, le vérificateur général de l'Ontario a souligné que l'hôpital de Brampton a coûté 50 millions $ de plus à construire en PPP. Il faut ajouter à cela 200 millions $ en coûts supplémentaires de financement privé.
En Colombie-Britannique, le juricomptable de renom Ron Parks vient de déposer un rapport sur quatre importants PPP en santé et dans les transports. Conclusion: en mode public, les coûts auraient été inférieurs dans tous les cas, voire moitié moindres dans l'un d'entre eux.
Les gouvernements Harper et Charest doivent troquer le dogmatisme pour le pragmatisme. Ils peuvent prévenir la catastrophe en ramenant au public tous les grands projets prévus en PPP. La dernière chose dont l'économie aura besoin dans les prochaines années, c'est de nouvelles sources de déstabilisation requérant des injections massives de fonds publics! À moins que vous n'en ayez pas marre de payer?
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Claude Généreux, Secrétaire-trésorier national, Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP)
Ottawa

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