Réforme en immigration: Legault reconnaît avoir mal évalué les conséquences

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Sous la pression médiatique, SJB recule


Le gouvernement Legault reconnaît avoir mal évalué les impacts de sa réforme et accordera finalement un droit acquis aux étudiants et travailleurs étrangers temporaires déjà au Québec dans le cadre de sa révision du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). 


«Dans notre tête, les gens qui étaient venus au Québec étaient venus sans garanties d’avoir une citoyenneté et étaient venus pour étudier au Québec, pis c’est correct, il n’y a rien de changer. Mais là, ce que j’ai compris, c’est qu’il y a des gens qui sont allez à l’étranger recruter des étudiants en leur faisant miroiter que le PEQ leur permettrait rapidement d’avoir la citoyenneté. Ça, j’avoue qu’on n’avait peut-être pas saisi cette présentation qui avait été faite à certains étudiants», a reconnu le premier ministre François Legault mercredi matin.  


Un peu plus tôt, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, avait annoncé que les candidats déjà au Québec profiteront d’un droit acquis dans le cadre de la réforme du PEQ, qui offre aux étudiants et travailleurs temporaires étrangers une voie rapide pour l’obtention du Certificat de sélection du Québec.   




 




«On n’a peut-être pas, effectivement, évalué des cas personnels de gens qui s’étaient fait faire des représentations, qui ont décidé de bonne foi de dire : ‘‘moi j’en suis de la nation québécoise, je me sens Québécois, je suis déjà au Québec’’. [On n’avait] peut-être pas évalué comme il faut cette partie plus humaine», confie M. Legault. 





Photo Simon Clark




Pour les étudiants et travailleurs étrangers qui arriveront après le 1er novembre, la réforme demeure : désormais, seuls les étudiants internationaux qui étudient dans les domaines d’étude ciblés par Québec pourront bénéficier de cette voie rapide. 


Vives critiques  


La veille, l’application rétroactive de cette mesure a suscité un tollé à l’Assemblée nationale. Une cinquantaine d’étudiants étrangers sont venus assister, parfois en larmes, à une période de questions monopolisée par le sujet. Les trois oppositions ont tour à tour dénoncé l’injustice infligée à ces étudiants, qui se sentaient trahis.    



En mêlée de presse mercredi matin, M. Legault a reconnu avoir été ébranlé par les vives critiques essuyées par son gouvernement la veille. «Je n’ai pas aimé ma journée et quand j’ai parlé à mon épouse, hier soir, elle a bien vu que je n’avais pas aimé ma journée», dit-il. 





Photo Simon Clark




Malgré tout, «la réforme reste», souligne M. Legault. «On veut, à l’avenir, que les immigrants, que ce soit des étudiants, que ce soit des travailleurs, soient dans des domaines où il nous manque de main-d’œuvre au Québec», dit-il. 


Soupir de soulagement  


En entrevue à TVA Nouvelles, Alessandra de Bargigli, travailleuse belge, et Clément Sageste, étudiant français, se sont dits absolument soulagés, mercredi, par cette annonce. Ils faisaient partie de la délégation présente à l’Assemblée nationale pour réclamer des changements.     


«Ça fait des jours qu’on ne dort pas. Je ne peux pas vous cacher ma joie et mon soulagement», a confié Mme de Bargigli.    




 



La veille, elle avait livré un témoignage à Québec «devant toute une assemblée et un premier ministre qui semblait complètement insensible».   


Pour sa part, Clément Sageste espère que «ces règlements ne changent pas dans six mois».   


Plus de détails suivront...  








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