Le Québec / Réel et imaginaire

Président d'un pays souverain

Par Paul E. Laberge

Le "Nous" - l'expérience québécoise


1. Le Québec réel :
. Aujourd’hui, le Québec est reconnu comme une nation; celle-ci, majoritairement francophone, est subordonnée à la fédération canadienne, majoritairement anglophone. La nation québécoise a toujours eu à défendre sa langue et ses autres caractéristiques au sein de la fédération canadienne dont elle est pourtant l’un des peuples fondateurs.
. Pendant plus de trois siècles, l’Église catholique a influencé largement la mentalité et la culture de la nation québécoise en assumant en bonne partie les tâches relatives à l’éducation et aux soins de santé. À partir de 1960, l’État québécois a pris progressivement à sa charge ces fonctions qui lui appartenaient en propre et il a établi des mesures pour que les services d’éducation et de santé soient rendus accessibles à tous les citoyens. À la même époque, l’État québécois s’est doté de services financiers et de services énergétiques importants afin d’assurer le développement et la stabilité des ressources nationales. Voilà les principaux fruits de la Révolution tranquille dont les Québécois sont fiers.
. Sur le plan démographique, le Québec, dans le passé, s’est constitué à l’avenant, d’une façon un peu naïve, sans orientations précises et sans prévoir les difficultés d’un vivre ensemble harmonieux. Depuis environ trois décennies, nos gouvernements ont pris quelques mesures pour corriger l’improvisation dans les politiques de l’immigration en vue de concilier plus adéquatement les droits sociaux d’une population déjà existante et ceux des nouveaux arrivants. Dans cette perspective, la langue française a été proclamée «langue officielle» du Québec en 1974; la Charte de la langue française (loi 101) a été adoptée en 1977 et, aussi, l’État québécois est devenu partiellement responsable de déterminer les conditions de son immigration.
. Tout dernièrement, des choix démocratiques ont été faits pour mieux définir l’utilisation de l’espace public, particulièrement en ce qui concerne la dimension religieuse. Bien que la majorité des Québécois étaient alors de foi chrétienne, ceux-ci ont reconnu que leur État, à l’heure de la mondialisation, pour favoriser la liberté de tous ses citoyens, se devait d’être neutre sur le plan religieux et officiellement laïc.
. Désormais, la table est mise pour accueillir respectueusement toute personne qui veut, avec réciprocité, contribuer à construire le Québec de demain.
. Dans la réalité, le Québec offre aujourd’hui à ses citoyens des conditions de vie agréables, parmi les meilleures au monde. Pourtant, il n’est pas encore un paradis. En effet, parmi les Québécois, il existe des écarts inacceptables dans la répartition de la richesse collective et dans l’appropriation des savoirs et des arts; écarts générateurs d’injustices et de conflits sociaux. Il reste beaucoup à faire et à inventer à ce sujet.. Il nous appartient de consolider nos acquis et de les prolonger solidairement au profit de tous.
2. Le Québec imaginaire :
Que sera le Québec de demain ?
. Je souhaite qu’il devienne la somme des aspirations de tous les hommes et de toutes les femmes habitant le Québec et le résultat de leurs efforts conjugués.
. Je souhaite que nos gouvernements successifs aient le courage de toujours affirmer clairement, et de façon dynamique, notre identité nationale et nos valeurs communes: la langue française, la démocratie, la laïcité, l’égalité des personnes devant la loi, l’accessibilité pour tous à l’éducation et à la santé. De cette façon, les immigrants, venant de partout dans le monde, sauront dans quel contexte ils seront bien accueillis chez-nous et pourront contribuer avec nous à l’amélioration de leur nouveau milieu de vie.
. Je souhaite que notre économie soit au service de notre humanité: que l’État québécois veille constamment, par ses politiques fiscales, à bien répartir la richesse collective de façon à éliminer chez-nous la pauvreté et qu’il devienne, sur ce point, un exemple dans le monde.
. Dans ce Québec imaginaire, je vois les immigrants d’aujourd’hui acquérir fièrement leur citoyenneté québécoise et se mettre aussitôt à rêver que l’un des leurs assistera peut-être à l’élection de son enfant ou de son petit-enfant comme président ou présidente d’un PAYS SOUVERAIN...!
Paul-E. Laberge

Québec



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