La désintégration tranquille du Canada

Pourquoi le PQ ne joue-t-il pas sa meilleure carte?

Tribune libre

Se peut-il qu'il ne la connaisse même pas ou plutôt que ce sera PKP qui, la gardant en réserve comme arme secrète, l'utilisera pour démolir le château fort fédéraliste? Alors que les indépendantistes s'apprêtent à lancer une importante offensive pour enfin faire triompher l'idée de l'indépendance du Québec, les signes avant-coureurs concernant les armes qu'on utilisera nous donnent l'impression que ce seront celles du siècle dernier.
Fierté, maturité, rappel historique, avantage de disposer de tous les pouvoirs politiques, créativité de son peuple, dialogue avec les minorités et les jeunes générations… Voilà la résurrection des anciennes recettes remises au goût du jour même si la population a toujours majoritairement refusé de les adopter.

Les médias fédéralistes se délecteront de nous souligner qu'on nous sert encore et toujours les mêmes plats, que la cuisine a oublié d'évoluer, que les indépendantistes radotent et ne peuvent se réinventer.
Par contre, il est stupéfiant de constater qu'un reportage publié en juin 2014 dans la revue L'Actualité, intitulé ''Bye-Bye Canada'', et qui aurait dû avoir chez nous l'effet d'une bombe a produit encore moins de résultats que les célèbres pétards à la farine de Bobinette.

Dans ce reportage, on y expose les résultats d'une étude très approfondie effectuée par un professeur de l'université de Toronto, M. Michael Valpy, qui en arrive à l'incroyable, inconcevable, voir délirante conclusion que le Canada est un pays en voie de désintégration.

Valpy tire ses conclusions principalement du fait que les Canadiens sont rongés par l'individualisme, le chacun-pour-soi, le peu d'attachement des uns envers les autres et le déclin dans la participation à la vie démocratique et aux élections. Autre constatation, selon lui, le Canada est un assemblage de communautés diverses qui ne se parlent pas entre elles et qui n'ont aucun rapport les uns avec les autres.
Voilà la recette idéale pour engendrer la dislocation d'un pays.

Pour ma part, je souligne depuis longtemps la conclusion de cette étude, soit la disparition du Canada, en me basant sur deux phénomènes dont un Canadien anglophone peut difficilement mentionner l'existence tellement ils touchent au plus profond de l'âme de beaucoup d'entre eux.

En premier lieu et quoi qu'en pensent certains Québécois, le Canada est né d'une volonté d'être un pays britannique. Après 1760, le remplacement du colonialisme français par le colonialisme britannique. Et à la venue massive de loyalistes après la déclaration d'Indépendance Américaine en 1775 ont contribué à donner au Canada son caractère britannique. L'arrivée en grand nombre d'immigrants en provenance des iles britanniques au 19e siècle et jusqu'au début des années 1950 a servi à renforcer cette caractéristique.

Par contre, la ruine de la Grande-Bretagne causée par les deux grandes guerres mondiales et la décolonisation qui a suivi la 2e guerre mondiale ont fait disparaître l'empire britannique et réduit l'Angleterre à une simple nation européenne comme tant d'autres.

Le qualificatif ''britannique'' a, dès lors, perdu tout son lustre entraînant dans la tourmente le principe même à la base du Canada. De plus, les Canadiens anglophones descendant des Britanniques sont eux aussi en voie de devenir une minorité comme nous. Les tentatives du gouvernement Harper pour redonner au Canada son caractère britannique (visites royales, multiplication des photos de la souveraine, célébration de la guerre de 1812) sont un combat d'arrière-garde voué à l'échec.

Le second phénomène menant à la disparition du Canada consiste dans le remplacement de l'immigration en provenance des iles britanniques par une immigration provenant en quasi-totalité de partout dans le monde en dehors de la Grande-Bretagne.
Ce phénomène s'est amplifié très fortement après 1950 et jusqu'à nos jours et on ne voit pas comment il pourrait diminuer dans les années à venir avec pour résultat que ces nouveaux arrivants formeront bientôt, si ce n'est déjà fait, la majorité dans un pays dépouillé de son caractère britannique où la culture québécoise, sans grande force d'attraction, est confinée à une région limitée. Le terrain devient alors très fertile à l'implantation de la culture dominante en Amérique du Nord, soit la culture américaine.

Que faut-il conclure devant toutes ces constatations? Malheureusement pour ceux qui croient encore au Canada, celui-ci est fortement malmené et à l'agonie malgré les apparences du ''plus merveilleux pays au monde'' et sa désintégration ou disparition semble assurée avec comme résultat son intégration dans le grand tout américain qui est déjà très avancé.

Heureusement pour les indépendantistes, le plus gros obstacle à la réalisation de leur rêve est en voie de disparition. De plus, l'argument massue des fédéralistes, soit la peur de perdre la police d'assurance que représente le Canada, devient désuet et inefficace.
Il convient cependant, de mettre un bémol à ces réjouissances car ceux au Québec qui s'opposent actuellement à l'idée d'indépendance chercheront sans doute à faire valoir qu'une intégration du Québec aux États-Unis à l'instar de leur autre compatriote du Canada serait plus rassurante. Il s'agira de savoir en temps et lieux quel sera le poids de cette opposition.

Il faut donc dès maintenant commencer à dire et redire haut et fort que le Canada ça n'existe plus. Si une majorité de Québécois s'en convainquent, l'idée de l'indépendance comme formule de remplacement la plus souhaitable a des fortes chances de s'imposer naturellement et par elle-même.

Science politique fiction ou délire psychotique diront les incrédules et les aveugles après la lecture de ce texte ou nouvelle façon de raviver la flamme et de transformer la réalité ''virtuelle"" en réalité actuelle penseront les lucides et les audacieux.
À vous de choisir votre camp.


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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    1 novembre 2014

    L’étiquette chinoise et l’impair de Philippe Couillard (Martine Biron)
    Le principe de Peter
    Exprimé avec le langage de l’Américain Laurence Peter (1919-1990) : dans une hiérarchie, toute personne finit par atteindre son niveau d’incompétence.
    Voila un autre exemple flagrant d'un gouvernement libéral passé maitre de l'improvisation d'un ministre mal adapté à son emploi (Bolduc, Thériault et lui-même) qui se contredisent sur la place publique et n'ayons pas peur de le dire qui font honte aux québécois.
    Mne Biron, allez-vous parler de l'incompétence du parti libéral dans vos prochains reportages à RDI ou simplement le souligner sur votre blogue?
    http://blogues.radio-canada.ca/politique/2014/11/01/letiquette-chinoise-et-limpair-de-philippe-couillard/