Dégel des relations Cuba-États-Unis

Pour quand un Sommet des Amériques sur la santé à Montréal

Appel aux chefs de partis et dirigeants de bonne volonté

Tribune libre

Avec le récent et historique rapprochement Cuba-USA facilité par des négociations secrètes tenues à Toronto, Ottawa et la Cité du Vatican, les leaders de la société civile d’ici ont une fenêtre d’opportunité inouïe pour positionner la spécificité culturelle du Québec dans les Amériques.

La tribune toute désignée serait de tenir à Montréal un prochain Sommet spécial des Amériques… d’ouverture sur le monde de la santé et ce, dans quatre des six langues officielles de l’ONU : le français, l’espagnol, le portugais et l’anglais. Une idée à faire éclore - au lieu de l’influenza - durant la période des fêtes, moment des plus opportuns et privilégiés pour les bilans de fin d’année, de réjouissances en famille et de désirs d'Avenir. Un temps de paix où tout le monde en fait se souhaite les meilleurs vœux de paix et de santé!

D’abord, le prochain Sommet des 35 chefs d’État des Amériques se tiendra au Panama en avril 2015. Raoul Castro a déjà annoncé une première présence sur cette scène, dans le Concert des Nations. Il rencontrera inévitablement Barack Obama. En trame de fond et sujets qui ne seront jamais abordés directement ou à l’ordre du jour de ce sommet : un embargo économique révolu âgé de 54 ans, soit le même âge que le premier président afro-américain. Un blocus comblé durant toutes ces années, en partie par les Québécois et Canadiens.

D’une part et malgré des moyens totalement disproportionnés, les Cubains ont, [selon l’Index Mundi, une espérance de vie moyenne à la naissance de 79 ans alors que celle de l’Américain-type est de 78,5 ans. Étonnamment, selon un article passé de L’Actualité et des statistiques de la Conférence régionale des élus (CRE), l’espérance de vie pour le « petit cul» de Rimouski est de 80,2 ans, mais de 74,2 ans seulement pour les enfants du Dr. Julien dans Hochelaga-Maisonneuve.

Pourtant, les médecins et les jeunes fonctionnaires formés par la Révolution cubaine durant 56 ans sont fiers, très compétents et ingénieux, spécialement pour développer des politiques commerciales. Les mécaniciens de Varadero, de Santa Clara ou de Holguín ne sont-ils pas les champions tous azimuts pour retaper de vieilles « minounes » et bagnoles US ou des fournitures médicales et des autobus scolaires offerts déjà par le Québec?

Un tel Sommet hémisphérique au Québec pourrait facilement, image forte, s’amorcer à la Biosphère, cet ex pavillon des États-Unis d’Amérique, maintenant Musée de l’environnement à Terre des hommes. Même plus, cinquante ans après notre Exposition universelle de 1967, la Grosse boule dessinée par l’architecte américain Richard Buckminster-Fuller demeure l'un des emblèmes-phare de la Ville de Montréal, métropole qui aspire au premier rang des Villes intelligentes ; une Ville francophone du Monde qui commémorera bientôt, soit en 2017, le 375e anniversaire de sa fondation alors qu’il y a 70 ans, la Ville de Québec agissait comme pilier de la création de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) !

Une idée toute géniale ne vaut rien s’il n’y a personne pour la partager.
À cette occasion unique, américains, cubains et leaders des Amériques ou d’ailleurs aimeraient sans doute relancer cette singulière idée de nombreux scientifiques, chercheur-e-s et universitaires de la Planète, soit celle de réinventer l’actuelle base militaire de Guantanamo en un centre de recherche, de traitements et de vaccins pour combattre les maladies infectieuses (VIH/sida, tuberculose, hépatites).

En effet, au lieu de demeurer un triste symbole dépassée de torture et d’hégémonie, Guantanamo pourrait servir de terre de liberté et de défense des droits humains fondamentaux , spécialement pour le Président américain Barack Obama qui cherche désespérément à fermer cette prison depuis le premier jour de son mandat, le 20 janvier 2009, ou l’obtention comme Nelson Mandela d’un Prix Nobel pour la Paix.

Avec sa position stratégique dans le Golfe du Mexique, ses pistes d'aéroport, ses installations socio sanitaires actuelles bâties pour accueillir jusqu’à 10 000 réfugiés (auparavant des milliers de boat people haïtiens refoulés); l’enclave historique cubaine de 117 km2 – quatre fois plus petite que l’Ile-Notre-Dame! - pourrait sûrement obtenir de l’aide du Canada pour un tel centre de recherche sur les maladies infectieuses, du moins à coûts moindres d’un seul F-35.

Au cours des dernières années, toutes ces infections ont fait des ravages chez nous bien sûr mais aussi, ont continué à tuer chaque année, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Radio-Canada, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, soit nettement plus de victimes qu’en a fait cette année seulement le virus de l'Ébola en Afrique, en Espagne, au Texas et à New-York. Ce centre de recherche serait une superbe contribution complémentaire des Amériques pour combattre le virus africain qui demeure un défi humanitaire planétaire révélé cette année au monde entier, entre autres par la montréalaise et Docteure Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières (MSF). En plus, les « Combattants de l'Ébola » ont été honorés récemment comme « Personnalités de l'Année 2014 » par le Time Magazine.

Les crises économiques rendent malades, .
Les maladies infectieuses, aussi invraisemblable que ça puisse paraitre, sont également la résultante de programmes d’austérité. C’est ce qu’ont révélé nombre d’études mondiales dont celle au Québec de Jennie Laure-Sully de l’Institut de recherches et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Au plan des Amériques, ces maladies, parfois mortelles, soulèvent aussi l’urgente et nécessaire concertation continentale visant l’instauration d’alternatives nationales à la guerre à la drogue comme la légalisation du cannabis de qualité contrôlée et ses dérivés. Cette avenue de solution est d’ailleurs l’une des premières recommandations du rapport percutant de la Commission mondiale pour la politique des drogues déposé lors du 6e Sommet des Amériques tenu en juin 2012 à Carthagène en Colombie. Ce rapport a été rédigé et signé par une quarantaine de leaders mondiaux et d’ex chefs d’État dont le Britannique, Sir Richard Branson de Virgin Mobile, la Canadienne Louise Arbour, ex Juge en chef à la Cour Suprême du Canada et au Tribunal pénal international pour le Rwanda et le Kosovo de même que par Ruth Dreifuss, ex Présidente du Conseil de la Confédération helvétique et ex Présidente du Parti Socialiste Suisse (PSS).

Cette étude sérieuse rappelait le terrible constat des 60 dernières années quant à l’inutile guerre aux drogues, douces ou chimiques, qui s’est avérée, à ce jour, le plus vaste détournement de fonds publics et vecteur de violences urbaines et de pauvretés endémiques au Brésil, en Haïtitout comme au Mexiqueavec les 43 étudiants tués en septembre par des narcotrafiquants.

Sans compter que le principal marché des acheteurs et consommateurs sont dans les zones urbaines nord-américaines incluant le cœur d'un centre-ville comme Montréal et ses portes d’entrée et zones névralgiques que sont le Port de Montréal, son aéroport de Dorval/Pierre-Elliott Trudeau ou des prisons comme St-Jérôme et Orsainvillequi ont fait découvrir par inadvertance le Québec dans le monde, tant à l’AFP, qu’à CNN, que dans le New-York Times avec Jimmy Cournoyer, le « Roi du pot »dans la Grosse Pomme!

L’OACI à Montréal avec ses 700 spécialistes de la sécurité, du trafic aérien et…
Aussi, Montréal profite d’un centre de conférences ultra moderne et de l'expertise de plus de 700 fonctionnaires internationaux au seul siège social d'une agence de l'ONU en Amérique du Nord celui de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Des ONG bien ancrées chez nous comme l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), l’Institut du nouveau monde (INM) et la Section canadienne francophone d’Amnistie internationale pourraient être mandatées pour planifier et organiser le volet ouvert, populaire et public d’une telle Conférence, concrétisant ainsi le dégel de telles relations internationales Nord-Sud axées sur la santé.

En plus, Montréal, le Québec et le Canada représentent un modèle (vulnérable) et système d’assurance santé public, accessible et universel envié dans le monde. Un bien commun à préserver pour lequel le Président Obama, son francophile Secrétaire d’État, John Kerry et son ex Secrétaire d’État, Hillary Clinton, candidate démocrate prévue en janvier à la présidentielle de 2016 oseront de nouveau s’inspirer et repositionner comme enjeu afin de réduire une dette astronomique en raison de dépenses militaires inégalées. Les trois leaders démocrates ont bataillé ferme par le passé pour instaurer l’Obamacare en tant que legs national, , à leurs commettants. Dès janvier, avec un Congrès et un Sénat contrôlés dorénavant par les Républicains, cet héritage sera menacé par les ultras conservateurs issus du duo « va-t’en guerre » Georges W. Bush/Dick Cheney et ceux du Tea Party.

Montréal, le Québec et le Canada ont aussi beaucoup à partager et à recevoir mutuellement de leurs voisins et partenaires au Sud, comme par exemple avec les médecins cubains, spécialistes mondiaux des soins ophtalmologiques incluant le tourisme médical qui rapporte, plus de 6 $ millions par année à l’ile, selon le réputé magazine The Economist.

Par ailleurs, notre voisin immédiat de l'État « écolo » du Vermont est gouverné par le réputé et influent Patrick Leahy, le plus Québécois des sénateurs américains, aussi secrétaire de l'important Comité judiciaire du Sénat des États-Unis. Avec sa conjointe Marcelle Pomerleau, une « amie du Québec », la franco-américaine militante des droits civiques et sociaux a été honorée lors du 400e anniversaire de la Ville de Québec, siège social de l’Organisation des Villes du patrimoine de l’UNESCO, maintenant Capitale mondiale de l’optique et de la photonique.

Le couple est reconnu pour avoir accueilli à Washington cet autre couple qu’a été Michèle et Barack Obama aux premières heures du premier mandat du Président des USA. Leur influence notoire sur les grands dossiers et enjeux des USA a incité le Président Obama à nommer Sonia Sotomayor, première femme hispanophone comme Juge à la Cour Suprême des États-Unis en raison de sa compréhension de dossiers complexes comme l’immigration, le mariage gay ou même l’injonction pour mettre fin au conflit dans le baseball majeur… alors, qu’ironie du sort, nos Amours d’Expos étaient au 1er rang du classement des équipes.

À ce titre, un Sommet spécial des Amériques sur la santé à Montréal pourrait aisément se conclure par un festival de jazz ou un tournoi amical d’équipes nationales de soccer ou de baseball au Stade Saputo ou au Parc olympique, payé jadis… par les fumeurs de cigarettes!

Pour sa part, Mariela Castro Espin, fille de Raoul et présidente actuelle du Centre national cubain d’éducation sexuelle (CENESEX) à La Havane accepterait sûrement venir témoigner à Montréal lors de ce Sommet quant aux droits (à la santé) de la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle, transsexuelle et queer (LGBTQ). La nièce de Fidel a obtenu un visa d’Obama en pleine récente campagne présidentielle afin de visiter entre autres un hôpital de San Francisco. Pour sa part, Montréal est réputée mondialement pour ses chirurgiens plasticiens, spécialisés pour leur approche humanisée envers les hommes et femmes des communautés marginalisées, désireux de changer de sexe.

Enfin, je suis persuadé que le réseau de l’Université du Québec, celui de ses dirigeants et chercheurs à l’UQAM, d’enseignants à l'UQO dans l'Outaouais ou d’étudiants à l’UQAC au Saguenay accepteraient de décerner un doctorat honoris causa à cette défenseure cubaine des droits humains, spécialement dans le contexte où l’UQAM accueille depuis plusieurs années une Chaire de recherche sur l’homophobie (spécialisée sur les jeunes et les régions) dirigée par cette autre leader qu’est la Pr. Line Chamberland; une chaire de recherche qui se distingue hautement des deux seules au monde sur l'homosexualité que sont Yale au Connecticut et celle de l’Université Harvard à Boston (Mass.) !

À l'approche de cette nouvelle année 2015, décrétée par l'ONU et l'UNESCO comme Année internationale de la lumière, célébrant ainsi les découvertes de la fibre optique et du laser, spécialement dans l'avancée phénoménale des technologies biomédicales et de la santé, je vous offre à chacun et chacune de vous, à vos familles et vos proches mes meilleurs Vœux de joies, de bonheur et de sérénité. Que la Santé et un Sommet spécial des Amériques thématique, soit sincèrement à votre rendez-vous quotidien et sur votre écran radar pour 2015 pour les années à venir, qui se doivent d’être porteuses d'Avenir et de solidarités universelles.

Squared

Gérard Briand46 articles

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L’auteur habite Rosemont. Détenteur d’une MBA (spécialisée en entreprises collectives) et collecteur de dons rattaché à des organisations nationales bénévoles, il est également chargé de cours en gestion philanthropique aux niveaux collégial et universitaire.





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1 commentaire

  • Ivan Parent Répondre

    2 janvier 2015

    On pourra dire que je suis un rabat-joie. De belles idées, de beaux projets, toutes sortes de belles choses comme nous avons entendu pendant les festivités des derniers jours. Comme toutes ces belles choses, ça n'a pas beaucoup de consistance, ça ressemble plus à des vœux pieux qu'à des réalisations potentielles, des fleurs roses pour aveugler le bon peuple naïf. Tant que ces propositions ne seront pas ultra payantes pour les pharmaceutiques, ça ne se fera pas. Obama qui a reçu un prix Nobel de la Paix, croyez-le ou non, a été beaucoup plus guerrier que Bush lui-même. Les USA cherchent à provoquer une guerre mondiale pour se sortir du pétrin dans lequel ils se sont englués en favorisant les banquiers véreux de la FED et de Wall street qui ont pris contrôle des finances de l'état à leur seul profit. Presque tous les états sont sous leur botte. La plupart des personnages cités dans le texte ont trempé dans des magouilles malpropres. Ça semble bien beau de voir que les USA ont levé l'embargo sur Cuba mais combien cela va-t-il coûter à Cuba? Les USA ne font jamais de cadeaux. Celui-ci ressemble plutôt à un cadeau empoisonné. L'avenir nous le dira mais à la place de Raul Castro, j'aurais les fesses serrées.
    Ivan Parent