HISTOIRE

Pierre Trudeau, le traître fanatique

Un enfant sans père

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Tribune libre

Pierre Trudeau est né en 1919 d’un père canadien-français, Charles Trudeau, et d’une mère canadienne-anglaise, Grace Elliott.  Toutefois, sa mère et ses ascendants sont d’origine mixte anglaise et française, alors que la lignée paternelle est française.  Pierre Trudeau est donc aux trois-quarts d’origine canadienne-française.  Remarque : Il serait naturellement devenu un Canadien français si le Québec n’avait pas été une société politiquement dominée.


Pendant son enfance, il oscilla constamment d’une langue ou d’une culture à l’autre.


Son père est décédé lorsqu’il avait 15 ans (1935).  Cette mort prématurée constitua le tournant majeur de son identité.  Il avouera : « Il est mort avant que je sois ouvertement en conflit avec lui. » (p. 435)  Pierre Trudeau développa un complexe d’Œdipe prononcé puisque l’obstacle contre l’attachement fusionnel à sa mère fut levé. 


L’anglais devint alors la langue de communication habituelle au sein de la famille Trudeau.  Il signera ainsi avec le nom écossais de sa mère : Pierre Elliott TRUDEAU, PE Trudeau (sans points abréviatifs), par exemple.  En cultivant l’ambivalence d’Elliott comme nom ou prénom, il accentua son aspiration fusionnelle.  Il précisera que ce fut aussi par provocation contre le nationalisme canadien-français.


Il résida avec sa mère jusqu’à l’âge avancé de 51 ans.


Son conflit virtuel avec le père se traduisit sur le plan politique par sa haine de Maurice Duplessis, arrivé au pouvoir en 1936.  Cette hostilité contre la figure du père s’étendra aux divers successeurs au poste de premier ministre du Québec.


P. E. T. se plaisait à valoriser son caractère anti-autoritaire.  Néanmoins, son obsession de la ratiocination, qu’il confondait avec la logique, l’incitait à justifier l’imposition abusive de ses idées à autrui, jusqu’à la démagogie.


Le processus de sa transformation vers une identité essentiellement anglaise s’étala sur une quinzaine d’années.  Passé le cap de la trentaine (1950), il prétendit se convertir au personnalisme, une philosophie chrétienne qui affirmait l’importance de la personne en équilibre avec la collectivité.  En réalité, il s’agissait d’une imposture : il devint un individualiste de type anglais, en plus forcené et arrogant.


À ce moment, il fut cofondateur de Cité libre : dès le début de la revue, il dénigra agressivement la collectivité canadienne-française en l’accusant de devenir un « peuple dégueulasse de petits maîtres chanteurs ».  Fréquemment, il traitera les nationalistes québécois de pleurnichards.


Il consacra l’entièreté de sa carrière politique, surtout à titre de premier ministre du Canada pendant une quinzaine d’années (1968-1979 et 1980-1984), à sa détestation aveugle du peuple québécois.


Cosigné par lui et paru dans Cité libre (mai 1964), un manifeste critiquait l’administration de la justice au Québec : « Très souvent, des personnes dont le seul tort est d’être soupçonnées sont arrêtées, détenues et interrogées, dans la plus stricte illégalité. »  Pourtant, en octobre 1970, il n’hésitera pas à suspendre les libertés civiles en proclamant la Loi sur les mesures de guerre afin de violer les domiciles, arrêter et emprisonner près de 500 citoyens innocents, qui ne seront ni jugés ni condamnés.  Il cherchait à casser le mouvement indépendantiste parce que le Parti québécois avait obtenu 23 % des votes lors de sa première participation à une élection générale en avril 1970.


L’écrivain Jacques Ferron l’appela « Da Nobis Trudeau », expression issue des vieilles chansons normandes qui signifie « celui qui nous a donnés », c’est-à-dire traître (document inédit de 1971 paru dans Le Devoir, 23 avril 2005, p. F 3).


P. E. T. paniqué, qui s’appuyait jusqu’alors sur le Canada anglais contre le Québec, chercha en 1977 à faire de la superpuissance états-unienne un allié additionnel majeur contre le gouvernement du Parti québécois porté au pouvoir l’année précédente : dans un discours au Congrès des États-Unis il déclara que l’indépendance du Québec serait « un crime contre l’histoire de l’humanité ».


Au référendum de 1980, il promit faussement aux Québécois le renouvellement de la Constitution canadienne afin de les détourner du Oui à la souveraineté-association proposée par le premier ministre René Lévesque.  P. E. T. gagna et procéda plutôt à un coup de force contre le Québec en important unilatéralement en 1982 l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, une loi de la Grande-Bretagne.  Par son chantage — l’accusation de colonialisme ! —, il fit céder les Britanniques qui étaient récalcitrants à la diminution de la souveraineté des assemblées élues que provoquerait l’ajout d’une charte des droits et libertés.  En effet, celle-ci réduisit considérablement les pouvoirs de l’Assemblée nationale du Québec — spécialement linguistiques —, instaurant ainsi le gouvernement des juges.  Selon P. E. T., la Constitution canadienne amendée devait « durer mille ans ».  Du pur délire triomphaliste.


Les pouvoirs fédéralistes tentèrent de réparer le gâchis constitutionnel avec l’accord minimaliste du lac Meech en 1990.  L’accord fut torpillé par l’influence de P. E. T., qui le qualifia de « monstre du lac Meech ».  Sans doute que les racines écossaises de Lord Elliott lui rappelaient le monstre du Loch Ness.  En 1988, il avait fait une intervention contre le projet d’accord devant le Sénat canadien.  Un discours de six heures.  Exclusivement en anglais !  Démentiel, il brandit le spectre de camps de concentration dans un Québec indépendant.  Reductio ad Hitlerum qui consacrait l’anglicisation totalitaire de P. E. T.


Avec l’Accord de Charlottetown en 1991, les fédéralistes tentèrent de nouveau de nettoyer le cloaque constitutionnel créé par P. E. T.  Il intervint rageusement contre la notion de « société distincte » en accusant les nationalistes québécois de menacer de déportation les anglophones du Québec.  Avait-il oublié celle des Acadiens en 1755, ou cherchait-il à la déplacer sur le dos des Québécois ?


Les autorités fédérales étaient franchement gênées ; aussi, demandèrent-elles à P. E. T. de ne pas intervenir lors du référendum de 1995.  Il semble qu’un reste de lucidité l’ait fait acquiescer.  Mais, aussi machiavéliques que leur maître à penser, elles dépensèrent illégalement des sommes colossales en propagande et firent voter des dizaines de milliers de personnes qui n’avaient pas le droit de vote au Québec.  L’accession du Québec à l’indépendance fut donc confisquée.


Conclusion. — Dominé par son complexe d’Œdipe, Pierre Trudeau exalta son surmoi tyrannique.  Malgré les avantages de la vie aisée procurés par la richesse paternelle, il se rendit coupable de haute trahison, précisément d’intelligence avec l’ennemi canadien-anglais francophobe.  Avec obsession, P. E. T. s’appliqua à immoler l’avenir du peuple québécois sur l’autel de son individualisme narcissique.


Exhortation. — Il est plus que temps d’évacuer l’héritage mortifère de P. E. T. en relançant la lutte constitutionnelle qui conduira à l’indépendance du Québec.  Place au vouloir-vivre du peuple québécois !


* * *


Source principale : François-Xavier Simard, Le vrai visage de Pierre Elliott Trudeau, Les Intouchables, Montréal, 2006.


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Marc Labelle39 articles

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Se voulant agent de transformation, Marc Labelle présente sur les valeurs et les enjeux fondamentaux du Québec des réflexions stratégiques, car une démarche critique efficace incite à l’action salutaire. Ses études supérieures en sciences des religions soutiennent son optique de penseur libre.





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