OLÉODUCS

Pas à n’importe quel prix

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Pour une fois, bien dit !

Le 2 décembre 2013, les municipalités de la CMM ont répondu « oui, mais » au projet d’inversion de l’oléoduc 9B d’Enbridge. Un « oui » qui met en relief l’importance d’un approvisionnement pétrolier régulier et moins coûteux pour les industries de l’est de Montréal. Et un « mais » essentiel afin que, dans le cadre de ce projet, on assure la sécurité de la population et on préserve l’intégrité de l’écosystème, notamment des cours d’eau.

Dans une lettre adressée à la CMM le 14 novembre dernier, Enbridge tentait de répondre aux préoccupations soulevées par la CMM plus tôt cet automne concernant les mesures qui devraient être mises en place pour le franchissement des cours d’eau et pour faire face aux situations d’urgence — respectivement les conditions 18 et 20 du rapport de l’Office national de l’énergie (ONE) sur le projet. La lettre apporte effectivement des précisions techniques sur la gestion du projet, notamment sur la nature des produits qui transiteront par l’oléoduc. Toutefois, aucune nouvelle donnée n’était fournie en ce qui a trait aux caractéristiques des cours d’eau traversés ou aux mesures d’intervention en cas d’incident.

La CMM sera intraitable à ce sujet. Comme je l’ai dit plusieurs fois, en matière de transport pétrolier, il faut une note parfaite. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Enbridge doit répondre à toutes nos préoccupations. Elle doit nous fournir toutes les informations que nous lui avons demandées et nous assurer que le franchissement des cours d’eau se fera de façon sécuritaire et que toutes les mesures d’urgence requises seront retenues. Nous l’avons répété à maintes reprises au cours de la dernière année. Et nous le répétons aujourd’hui.

Projet Énergie Est

Ces mêmes exigences en matière de sécurité et d’environnement, la CMM les appliquera également dans le cadre du projet d’oléoduc Énergie Est, de la compagnie TransCanada. Celle-ci a déposé son projet à l’ONE le 30 octobre dernier. Or, après avoir pris quelques semaines pour analyser l’imposante documentation disponible, il en ressort que le projet nous semble pour le moins discutable dans sa mouture actuelle. Discutable parce que les études d’impact sont inexistantes. Discutable parce que les techniques de franchissement des cours d’eau nous semblent risquées. Discutable parce que les emplacements des valves de sécurité ne sont pas identifiés. Enfin, discutable parce que TransCanada n’a même pas encore fourni le tracé définitif. C’est pourquoi la CMM souhaite d’ores et déjà mettre en garde l’ONE par rapport à ces enjeux. TransCanada doit terminer ses devoirs avant même que son projet soit étudié.

Enfin, la CMM a de sérieux doutes quant aux bénéfices de ce projet pour la région métropolitaine puisque tout indique que les retombées économiques de l’oléoduc Énergie Est seront dérisoires. Si TransCanada souhaite réellement être transparente et travailler en étroite collaboration avec les différentes communautés qui sont touchées par le projet, comme elle le laisse entendre, elle doit mettre cartes sur table et agir respectueusement à l’égard de celles-ci, ce qui va bien au-delà d’un plan de relations publiques.


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