Réforme de la carte électorale fédérale

Ottawa maintient le cap en dépit de l'opposition

La minorisation politique du Québec au Canada


Castonguay, Alec - Ottawa - Le gouvernement fédéral n'a pas l'intention de retirer son projet de loi qui vise à accorder 22 sièges de plus aux Communes à l'Ontario, à l'Alberta et à la Colombie-Britannique, ce qui fera diminuer le poids politique du Québec au Canada, puisque la province restera à 75 sièges.
Armé de nouvelles munitions en provenance de l'Assemblée nationale, où le Parti libéral du Québec, l'Action démocratique et le Parti québécois ont dénoncé à l'unanimité mercredi le projet de loi C-56 du gouvernement Harper, le Bloc québécois est monté au front hier encore pour dénoncer la refonte de la carte électorale envisagée par le fédéral.
«Le premier ministre a soulevé une vague de mécontentement dans le reste du Canada lorsqu'il a reconnu que les Québécois formaient une nation. Pour se faire pardonner, il annonce une reforme démocratique qui favorise l'Ouest et l'Ontario au détriment du Québec. Comment le premier ministre peut-il justifier qu'il diminue le poids politique du Québec autrement que pour démontrer à sa base électorale que la reconnaissance de la nation québécoise n'a aucune conséquence réelle et pratique pour lui?», a tonné le chef bloquiste, Gilles Duceppe, durant la période de questions.
En l'absence de Stephen Harper, occupé en Ontario hier, c'est le leader du gouvernement à la Chambre, Peter Van Loan, qui a riposté. Selon le gouvernement, le nombre de sièges du Québec reste à 75, ce qui est une bonne nouvelle. «Le projet de loi C-56 garantit le niveau de représentation au Québec», a-t-il dit. D'après M. Van Loan, le gouvernement doit élaborer une carte électorale conforme au poids démographique de chaque province.
Le projet de loi C-56 prévoit qu'en 2014, soit après le recensement de 2011, la Chambre des communes aura 22 nouveaux sièges, passant de 308 à 330. En raison de la croissance démographique, le gouvernement prévoit que l'Ontario en obtiendra la moitié, alors que l'Alberta et la Colombie-Britannique se diviseront le reste. Même si le Québec demeure à 75 comtés, son poids politique relatif passera de 24 à 22 % des sièges. C'est ce que dénoncent l'Assemblée nationale et le Bloc québécois.
Gilles Duceppe estime que la stagnation de la population du Québec ne justifie pas ce repli et qu'une exception doit être faite. «Il y a des endroits, comme à l'Île-du-Prince-Édouard, où le vote compte quatre fois plus qu'un vote au Québec. Ça, on n'en parle pas!»
L'Île-du-Prince-Édouard renferme quatre comtés, même si elle n'a que 133 000 résidants. Habituellement, au niveau fédéral, chaque circonscription renferme environ 100 000 citoyens.
De son côté, le chef libéral Stéphane Dion a refusé de s'avancer hier, même si son parti appuie le projet de loi. «On va étudier ça en comité. Le gouvernement arrive sans consultation, donc il faut étudier ça. On est pour le principe de la représentation par la population, ce qui est la base de la Chambre», a-t-il dit.


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