Ottawa maintient l'aide aux tournées à l'étranger pour les artistes

Budget Harper - 2007


par Baillargeon, Stéphane
Après des semaines de tergiversations et de réponses confuses aux réponses les plus simples, le fédéral maintient finalement son programme d'aide aux tournées des artistes canadiens à l'étranger. La décision a été annoncée hier en Chambre par le ministre des Affaires étrangères.
«Le programme des arts du ministère a été retenu [put on hold] pendant que le gouvernement procédait à un examen de ses dépenses, a répondu Peter MacKay à une question posée par Maka Kotto, porte-parole du Bloc québécois en matières culturelles. «Par la suite, nous avons repris le financement pour les tournées internationales des artistes par l'intermédiaire de ce volet.»
Il s'agit du programme de Promotion des arts, doté d'une enveloppe de 4,7 millions de dollars par année. Toute l'enveloppe (et non 2,5 millions comme le laissaient entendre parfois des fonctionnaires depuis quelques semaines) sert à l'aide aux tournées et bénéficie largement aux artistes et compagnies du Québec dans certains secteurs, comme la danse contemporaine.
La pression ne se relâche pas sur Ottawa depuis l'annonce des compressions (ou ce qui semblait tel), le mois dernier. Les associations professionnelles, puis les artistes et les compagnies ont dénoncé l'effet dévastateur de la possible disparition du programme de soutien de leurs activités étrangères. La ministre de la Culture du Québec a écrit à son homologue fédérale, Bev Oda, pour lui demander d'intervenir dans ce dossier. Dimanche soir, le président de l'ADISQ, Paul Dupont-Hébert, a rejoint les rangs des contestataires en plein gala annuel télédiffusé de l'industrie du disque et du spectacle.
«J'ai été très surpris par ces propos», a dit hier soir en entrevue au Devoir le sénateur Michael Fortier, ministre des Travaux publics, qui assistait au gala. «Je n'avais pas vu l'annonce de ces compressions il y a un mois. En fait, les coupures n'ont pas eu lieu et l'argent pour les tournées existe encore.»
Pour le ministre-sénateur, la confusion découle peut-être de l'annonce de l'«examen» de certains programmes. «En entendant que le programme était examiné, des gens ont conclu qu'il était menacé de disparition, résume-t-il. Quoi qu'il en soit, je le redis: ces sommes n'ont pas été amputées du budget.»
Il a cependant été impossible hier de comprendre ce qu'il advient des autres sommes amputées fin septembre aux Affaires étrangères. Le ministère a alors annoncé une compression de quelque 12 millions en deux ans de son volet dit de la démocratie publique. Il resterait donc quelque 7 millions en ballottement.
Des compagnies québécoises ont pris la route cet automne sans avoir obtenu de réponses d'Ottawa à leurs demandes de subventions. Certaines autres se disaient menacées de faillite par la décision de ne plus les soutenir à l'étranger. En danse, par exemple, les artistes les plus demandés peuvent tirer les trois quarts de leurs revenus d'activités à l'étranger, d'ailleurs largement utilisées par les ambassades et les consulats pour faire la promotion diplomatique et culturelle du pays.


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