Riel, gardons ta souvenance ; Que ton nom souvent répété nous parle de liberté, et nous prêche l’indépendance

Novembre 2017, n’oublions pas Louis Riel

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Chronique de Marie-Hélène Morot-Sir

La tombe de Louis Riel au cimetière de Saint-Boniface est devenue un lieu de pèlerinage pour la communauté métisse.


Cela a fait 132 ans ce jeudi 16 novembre 2017 que Louis Riel a été injustement pendu le 16 novembre 1885 à Regina, à seulement 41 ans au terme d’un procès considéré aujourd’hui comme un véritable simulacre de justice. Sir John A. Macdonald, poussé par les pressions venant de l’Ontario avait dit " Tous les chiens auront beau aboyer au Québec, Riel sera pendu ! "


Et ce fut fait !


Riel était coupable d’avoir voulu soutenir son peuple métis en l’aidant à construire une province française et catholique où tous  pourraient vivre en paix, cependant il fallait empêcher le regroupement de ce peuple en y installant des colons anglais qui feraient de ces terres des terres anglaises. Pour cela ils modifieront sans remords les lois et les traités signés, ils interdiront les écoles françaises, pour en faire enfin une province à leur image. Alors après la mort de Louis, la vie devint plus difficile au Manitoba, plus personne ne vint soutenir le peuple Métis. Ils continuèrent à être submergés d’anglophones, et le Manitoba devint enfin selon les vœux d’Ottawa une province anglophone.


Les Métis n’avaient rien fait, pas plus que les Acadiens, leur seul tort était qu’ils occupaient des terres que d’autres ambitionnaient. Ils avaient pourtant demandé, avec l’aide de Louis Riel,  qu’on respecte leurs droits à vivre sur leurs terres en conservant leur mode de vie ancestral, et cela avait été accepté.. Mais très vite on avait fait fi de ces ententes. A la fin de la rébellion il fallut bien trouver un coupable. Louis Riel fut fait prisonnier, on l’enferma pendant deux mois dans une cellule de trois mètres carrés, sans avocat. Puis, il fut jugé pour trahison et condamné à mort à Régina par un tribunal d’anglophones protestants, dont un seul comprenait un peu le Français ! Autant dire qu’avec des personnes juges et partis il n’a eu aucune chance ! Cela pourrait sans doute, être qualifié d’assassinat juridique !


C’est alors que des mouvements de révolte et un énorme tumulte soulevèrent les Canadiens français devant ce procès injuste. Cela fit écrire dans l’édition du journal " En premier Montréal " ce que tant de gens pensaient alors : " Louis Riel n’expie pas seulement le crime d’avoir réclamé les droits pour ses compatriotes, il expie surtout le crime d’appartenir à notre race française ! "


A deux reprises, Louis Riel pour défendre les Métis s'est opposé au gouvernement fédéral canadien pour faire reconnaître leurs droits et leur culture. En 1870, après la Résistance de la Rivière-Rouge, il a dirigé le gouvernement provisoire qui a négocié l'entrée du Manitoba dans la Confédération canadienne. En 1885, il a mené un autre soulèvement métis qui s'est soldé par une défaite à Batoche, dans l’actuelle Saskatchewan.


Des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de Montréal contre l’exécution de Louis Riel, chef des Métis canadiens-français et avaient inondé de lettres le gouvernement canadien et  le Premier ministre, Sir John A. Macdonald, qui empêcha que la peine de Riel fut commuée ou révisée. Wilfrid Laurier s’était opposé à la pendaison de Louis Riel, il avait écrit : " Si le gouvernement avait été loyal envers les Métis, rien ne serait survenu ! "


Nous n’oublions pas ce jeune homme généreux et enthousiaste  qui a tout fait pour soutenir et aider son peuple métis.


https://vigile.quebec/articles/louis-riel-souvenons-nous-a-jamais-de-ton-nom-qui-nous-parle-de-liberte


Il nous est facile de retrouver les  nombreuses traces de la vie de Louis Riel et de la tragique histoire des Métis en se rendant au Manitoba et plus précisément  à Saint Boniface. Le centre du patrimoine présente une grande collection d’archives  et entre autres de très nombreuses lettres écrites par Louis Riel y compris celle dans laquelle il évoque  ce magnifique nom de Manitoba « Esprit qui parle » qu’il voulait donner à ce pays des Métis, mais également une lettre très poignante écrite à sa mère Julie Lagimodière-Riel, la veille même de sa mort  le 15 novembre 1885.


Nous pouvons ressentir  ce passé  émouvant au musée de saint Boniface où de nombreux objets sont exposés  comme sa malle, un revolver, ses mocassins... mais également dans toute la ville, et pas uniquement devant la maison de Louis Riel  ou  devant sa tombe dans le cimetière de la cathédrale de Saint-Boniface.


Au Manitoba, on a donné le nom de Louis Riel à des rues, des ponts, des écoles et à certaines entreprises. Depuis 2008  a été instauré au Manitoba un jour de congé, tous les troisièmes lundis de février, en l'honneur du chef métis, la Journée Louis Riel.


Le don d'un bâton de marche ayant appartenu à Louis Riel avait été fait au Musée du Manitoba. Au départ il avait été seulement  prêté par le Musée régimentaire du Royal Winnipeg Rifles qui le possédait depuis 1970, puis c’est devenu un don réel afin de permettre au public d’en profiter. Il est exposé au Musée du Manitoba depuis janvier 2017.  Ce bâton avait servi de canne à Louis Riel  lorsqu’il a été transféré de Moose Jaw à Regina en 1885,  mais depuis certains pensent qu'il devrait absolument revenir  au peuple Métis, c’est pourquoi  une pétition a été lancée dans ce sens car ce bâton représente une grande  importance culturelle.


Une carte de visite de Louis Riel a été  curieusement retrouvée en Australie lors d’une vente aux enchères au milieu de  documents sur la guerre de Sécession aux États-Unis d’Amérique, mais comment s’était-elle retrouvée parmi ces documents,  aucune indication  ne l’explique.


Des centaines de textes, iconographiques ou photographiques peuvent être consultés aux archives du Manitoba , il est possible d’y lire un compte rendu  très important portant sur les délibérations de l’Assemblée législative du gouvernement, présidé par Louis Riel lors des négociations de l’entrée du Manitoba dans la Confédération canadienne dans  le Journal de la session de l’Assemblée législative d’Assiniboia, mais il est possible de trouver  d’autres archives à l’Université  même du Manitoba .


C'est un réconfort de constater que la grande ville de Winnipeg offre  énormément d'archives et d'objets ayant appartenu au grand chef métis.


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Marie-Hélène Morot-Sir126 articles

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Auteur de livres Historiques :

* « 1608-2008 Quatre cents hivers, autant d’étés »

* « Le lys, la rose et la feuille d’érable »

* « Au cœur de la Nouvelle France - tome I De Champlain à la grand paix de Montréal »

* « Au cœur de la Nouvelle France - tome II Des bords du Saint Laurent au golfe du Mexique »

* « Au cœur de la Nouvelle France - tome III Les Amérindiens, ce peuple libre autrefois, qu'est-il devenu? »

* « Le Canada de A à Z au temps de la Nouvelle France »

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* « De lettres en lettres, année 1912 »

* « De lettres en lettres année 1925 »

France (Provence)





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