L’indépendance des colonies de Nouvelle Angleterre, proclamée le 4 juillet 1776

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Chronique de Marie-Hélène Morot-Sir

 


Pendant que les Canadiens subissent tous ces changements blessants et difficiles, au Canada devenu anglais depuis 1763, les treize colonies de la Nouvelle Angleterre situées à l’Est le long de l’Atlantique commencent à être sérieusement exaspérées.


En effet la guerre de sept ans opposant la Grande Bretagne à la France et à l’Espagne a vidé les caisses de la couronne britannique, Londres avait alors décidé de faire supporter une partie des frais aux colons de leurs colonies d’Amérique du Nord.


Le Parlement impose donc de nouvelles taxes en votant toute une série de lois ce qui entraîne la colère des colons anglais. Ils refusent tout net de payer. Avoir de nouvelles taxes sans pouvoir être représenté au Parlement de Londres est insupportable pour eux : “ No taxation without representation ! ”


De plus, le gouvernement anglais avait décidé d’empêcher les treize colonies de s’étendre au-delà des Monts Alleghany, afin d’éviter d’autres conflits avec les Amérindiens, dans le seul but de se concilier ces tribus, car elles regrettaient profondément le départ de la France. De même ce gouvernement interdit aux colons de Nouvelle Angleterre de vendre des produits comme le thé, à d’autres pays que l’Angleterre.


La politique anglaise envers ses propres colonies reposait principalement sur le mercantilisme, le rendement et le profit. Un bureau de douane avait été installé à Boston mais les produits taxés avaient été immédiatement boycottés puis de grands affrontements eurent lieu dans les rues de la ville.


Les soldats tirèrent alors en masse sur la foule.


Le massacre de Boston du 5 mars 1770 annonça la révolution conduisant à la séparation des treize colonies anglaises. Un vent de révolte avait commencé à souffler  au-dessus des colonies anglaises, il n’était pas prêt de cesser !


 


Un groupe de colons grimés en Indiens envahirent un navire de la compagnie anglaise et jetèrent toute la cargaison de thé à la mer.


La Gazette de Québec rapportera les faits sous ce titre : 


“  La populace de Boston jette à la mer  une cargaison de thé, pour protester contre une nouvelle taxe ”


Mais lorsque le port de Boston sera fermé afin de ruiner toute la ville, les colons qui se baptisent eux-mêmes, “ les fils de la liberté ” se préparent à prendre les armes.


La rupture avec la métropole anglaise se produisit définitivement lors de la réunion des représentants des colonies, au congrès de Philadelphie en 1774, c’est là que les colons décidèrent alors, de quel côté ils voulaient être.


Les colons rebelles se retrouvèrent un pourcentage conséquent, d’environ 40 à 45% appelés au début de la révolte   “ fils de la liberté ” ou encore “ patriotes ”, puis ils furent dénommés par les Anglais “ Insurgents ” mais eux-mêmes préférèrent se désigner sous le terme qui leur restera depuis, celui "d’Américains".


Tous ceux qui rejetèrent et s’opposèrent à l’indépendance s’appelèrent “ loyalistes ”, ils n’étaient qu’un petit pourcentage, environ à peine 15 à 20% Ces colons loyalistes, voulant rester loyaux à Londres, se tournèrent vers l’empire britannique et allèrent aider les soldats anglais envoyés contre les Insurgents. Cette guerre d’indépendance contre l’Angleterre se transforma aussi en guerre civile entre Loyalistes et Patriotes.


 


Depuis 1775 alors que la guerre d’indépendance fait déjà rage, Thomas Paine, pamphlétaire et révolutionnaire, prend parti pour les Insurgents, dans son “ Sens Commun ”. Ce texte est un long plaidoyer pour la rupture avec la Grande Bretagne dans lequel les arguments sont particulièrement convaincants :


 “ N’est-il pas ridicule qu’une aussi petite île règne sur tout un continent ? ” affirme-t-il, puis “ Rester anglais entraînerait les mêmes guerres européennes ce qui serait très mauvais pour le commerce ”, ou d’autres arguments encore : “ La Société représente tout ce qui est bon pour elle-même, le gouvernement tout ce qui est mauvais ! ”


George Washington après avoir lu le “ Sens Commun ” aurait lui aussi été conforté par Paine et s’en serait inspiré.


Le ministère anglais ne pensait pas avoir à faire à une résistance importante, mais les colonies prirent une décision capitale, à laquelle personne n’avait pensé au commencement du conflit.


 


 


Les membres du Congrès de Philadelphie,  le 26 octobre 1774, adressent une lettre aux Français  du Canada pour leur proposer, semble-t-il très généreusement, si toutefois ils arrivent, bien entendu, à gagner leur indépendance et  à instaurer leurs  treize états unis d’Amérique, à en devenir le quatorzième, leur montrant aussi combien ils compatissent devant   toutes les injustices dont ils ont été victimes en devenant contre leur gré de “ nouveaux sujets britanniques ” et en les assurant  qu’ils auraient avec eux des personnes  ayant le plus grand respect  de leurs lois et de leur religion :  “ Saisissez l’occasion, votre conquête vous a acquis la liberté, vous n’êtes qu’un petit nombre par rapport à ceux qui vous invitent de vous joindre à eux à bras ouverts, votre intérêt est de vous procurer l’amitié constante  des peuples d’Amérique septentrionale et non pas de les rendre vos implacables ennemis. ”


La lettre est aimable mais les derniers termes ne cachent-ils pas pour le moins une menace voilée ?  Est-ce pour cette raison que les Canadiens-français ne font l’effort d’aucune réponse ? Ou bien est-ce parce qu’ils ont eu vent d’une précédente lettre écrite par ces mêmes membres du Congrès de Philadelphie, une lettre très récente datée seulement du 21 octobre précédant ? 


Cette lettre avait été adressée au peuple de Grande Bretagne suite à la loi du “ Québec Act ” en effet le parlement de Londres avait adopté ce projet de loi que les colons anglais nouvellement arrivés au Canada mais bien évidemment tous ceux des treize colonies de la Nouvelle Angleterre, ne pouvaient accepter, d’autant que le 22 juin 1774 le roi George III avait accordé la sanction royale à ce projet :


Le Québec Act est la cinquième loi de ce projet, elle va permettre aux Canadiens Français de retrouver un peu de leur liberté perdue :


- Les lois civiles françaises sont reconnues


- Le serment du test est aboli permettant à toute personne quelle que soit sa religion de briguer une place dans l’administration.


- Les prêtres  sont  autorisés à percevoir la dîme comme auparavant et à exercer  librement la religion catholique  “ sous la suprématie du roi ”


- Le territoire de la Province est agrandi jusqu’au grands lacs.


 


Les Canadiens-français paraissent accueillir avec soulagement, le Québec Act qui leur redonne l’autorisation d’exercer leur religion - sans se douter que cette loi va engendrer pour eux, bien des désagréments par la suite, car cette loi est loin de leur être totalement favorable - par contre il fait  un grand nombre  de mécontents chez les anglophones de Montréal qui acceptent mal ces concessions  accordées aux Français.


Ils  recouvrent de peinture noire la statue du roi  George III et ils suspendent autour du cou de cette statue une croix le  dénommant “  le pape du Canada ” !


Les colons anglais demandent que Londres rappelle cette loi, et en même temps le 21 octobre 1774 ils envoient un courrier “ au peuple de la Grand Bretagne ” depuis Philadelphie, s’étonnant que le Parlement ait pu consentir à établir   et soutenir publiquement une telle religion !


“ Nous ne pouvons nous empêcher d’être étonnés qu’un Parlement britannique ait consenti à rétablir une religion qui a inondé de sang notre île, qui a répandu l’impiété, la bigoterie la persécution, le mensonge et la rébellion  dans toutes les parties du monde ! ” 


Bien curieuse épître qui laisse le lecteur perplexe… Les membres du Congrès voulaient-ils alors jouer sur les deux tableaux ? 


Cependant, n’ayant reçu aucune réponse de la part des Canadiens-français à leur invitation et à leur vibrant appel lancé, deux régiments anglo-saxons dits maintenant « américains » avec leur chef Montgomery, envahissent la Province de Québec décidant d’aller eux-mêmes délivrer ces Canadiens-français colonisés, espérant les rallier à leur cause, puisqu’ils souffraient actuellement sous la même coupe anglaise, mais plus certainement, en faisant d’eux le quatorzième état des Etats-Unis..


 


En 1774 ils commencèrent à s’emparer de toute la région de Montréal qui passa entre leurs mains, puis Richard Montgomery en partant du côté de la rivière Richelieu prend deux forts, le fort Saint John et le fort Chambly, avant de rejoindre le régiment de Benedict Arnold par la rivière Chaudière, pour se rapprocher de Québec.


Ils lancent une première attaque contre la ville défendue par le gouverneur Guy Carleton, mis à la tête du Canada nouvellement devenu anglais. Montgomery est touché dès les premiers instants de la bataille et meurt aussitôt. Arnold  reçoit  une balle de mousquet à la cheville gauche, il est rapatrié à l’arrière, tandis que son second Daniel Morgan prend le commandement. Une contre-attaque anglaise  piège Morgan et ses hommes,  sommés de se rendre.  Arnold refuse  d’abandonner et il assiège alors Québec. Trente soldats seront tués, vingt seront retrouvés au moment du dégel et plusieurs se noient en tentant de s’échapper dans les eaux glacées du fleuve. Malgré une violente et impressionnante  tempête de neige, au soir du 31 décembre 1775, ils resteront sous les murs même de la capitale, d’où ils assiégeront et bloqueront la ville.  Malgré le froid et la neige ils tiendront cette position durant plusieurs mois, jusqu’au 6 mai 1776, au moment où  la réouverture à la navigation sur le fleuve, permit l’arrivée  des bateaux, amenant quatre mille huit cent mercenaires  britanniques et allemands, qui furent plus que  réticents d’avoir à  combattre des compatriotes, afin de les obliger à se retirer !


Cependant cette violente riposte de leurs propres compatriotes Anglo-saxons  leur apporta néanmoins le soutien de deux régiments de Canadiens français  qui prirent aussitôt  les armes pour les soutenir, ils arrivèrent de toutes leurs paroisses en fervents soutiens des insurgés américains. De nombreux Canadiens-français n’avaient en effet plus tergiversé, ils s’étaient aussitôt rangés sans hésitation  du côté des Insurgés ne semblant  à l’évidence  pas  très désireux de défendre cette nouvelle patrie d’Angleterre qui leur avait été imposée, et qu’ils ne considéraient en aucune façon comme la leur. 


 


Bien évidemment, lorsque le siège de Québec fut levé et que les Insurgés furent repoussés,  le gouvernement anglais jugea sévèrement cette forte prise de position des Français et la conduite des habitants.


Les chefs de milice furent  immédiatement, en représailles, relevés de leurs postes,


On vit  avec surprise des femmes, sur l’île d’Orléans, faire de grandes  déclarations et prononcer des harangues, aussi enthousiastes  que chaleureuses, et même on peut le dire, passionnées,  en faveur de ces résistants, de ces rebelles  à l’impérialisme anglais. Elles seront par la suite désignées par le surnom de “ reines de Hongrie ”, mais toutes ces insubordinations entraînèrent des règlements de compte sérieux, le gouvernement fit sans tergiverser juger les habitants rebelles.


 


Dès le mois de juin 1776 la Virginie se dota d’une déclaration des Droits de l’Homme, puis cinq représentants furent chargés de préparer l’ébauche de la déclaration d‘indépendance :


 John Adams, Roger Sherman, Benjamin Franklin, Robert Livingston et Thomas Jefferson. Thomas Jefferson la rédigera.


 


Le texte fut approuvé le 4 juillet 1776 au congrès de Philadelphie.


 


Cette proclamation d’Indépendance des treize colonies anglaises fit officiellement sécession avec le Royaume Uni d’Angleterre, affirmant que « toutes les fois où une forme de gouvernement  devient destructrice pour un peuple il a le droit de le changer ou de l’abolir ! »


Cette déclaration était néanmoins unilatérale, il allait encore falloir que Londres l’accepte ! 


 


Les Insurgés ne peuvent cependant compter que sur une petite armée de cinq mille hommes à laquelle il faut rajouter les milices, mal organisés, pas vraiment structurés non plus, il y a beaucoup de désertions  car la solde est des plus aléatoires, le congrès ayant refusé de les aider, malgré la demande expresse de George Washington.


Les hommes manquent des choses les  plus élémentaires, de nourriture, de chaussures mais aussi de fusils et de munitions. Cette situation conforte les Britanniques dans l’idée que ces troupes d’insurgés ne sont composées que de rebelles  totalement désorganisés, et qu’il leur sera extrêmement facile de les dominer et d’en venir à bout.


D’autant plus  d’ailleurs qu’en face d’eux, l’armée britannique peut  aligner  cinquante mille soldats avec plus de trente mille mercenaires allemands - les Hessiens - auxquels s’étaient rajoutés les colons loyalistes, ce qui  permettait aux Anglais d’envisager sereinement qu’avec une seule victoire déterminante  ce serait suffisant pour abattre les insurgés, qui de fait se rendraient  sans  plus de difficulté !


George Washington se rendait bien compte  de tout cela et il  concevait en effet lui aussi, avec un profond regret, que leur possibilité de gagner contre une armée aussi importante était  particulièrement faible, mais sans accepter de  baisser les bras, il pensait qu’il leur fallait survivre en tentant  de remporter au moins quelques petites victoires, afin d’éviter de cette manière,  une trop lourde défaite.


 


La Grande Bretagne espérait grandement dans une tactique qu’elle pensait fine et habile, consistant à isoler les colonies de Nouvelle Angleterre des autres régions.


Pour cela il fallait   s’emparer de l’Hudson pourtant  ce plan - si ingénieux - échoua à cause du général Howe qui s’était dirigé avec ses seize mille  hommes sur les côtes de la Pennsylvanie  et le 11 septembre il attaqua  Washington sur les bords de la Brandyvine.  L’affrontement fut violent et particulièrement agressif, mais même si Howe battit le général Washington il ne put le capturer, comme il l’espérait.


 


Le 17 mars 1776 les insurgés américains avaient repris Boston et forcèrent les britanniques à évacuer la ville. Cependant malgré quelques victoires, les insurgés, ces fiers rebelles américains, sans ressource et sans aide aucune jusque-là, malgré leur témérité et leur terrible envie de liberté, ne purent que tenir tête, en résistant de leur mieux, aux vieux régiments qu’on envoyait contre eux depuis Londres.


Ils ne purent empêcher le général Howe à la tête de ses troupes de prendre New York  et Rhode Island  en juin 1776. 


Pendant plusieurs mois  Georges Washington  et Howe se battirent  pour cet Etat de New York jusqu’au moment où Washington dut se retirer dans le New Jersey.


Au même moment, beaucoup de soldats l’abandonnèrent tandis qu’il ne cédait du terrain que pied à pied. Il s’arrêta  après avoir passé  de l’autre côté  de la rivière Delaware, passage qui fut d’ailleurs extrêmement  périlleux. 


Avec une audace remarquable Washington franchit le fleuve sur la glace le jour de Noël, le 25 décembre  1776. Il surprit, à Trenton, pendant la nuit, un corps de mille allemands, le régiment des Hessiens, commandés par Rahl, il tua ce dernier et fit prisonnier ses soldats. 


Grâce à ce succès inattendu il put dégager Philadelphie ce qui remonta tellement le moral des gens que de nouveaux miliciens accoururent  pour renflouer les troupes et cela permit aussi à Washington, de forcer le général Charles Cornwallis et ses troupes à se replier eux aussi, plus au sud..


Durant l’hiver 1777 Washington et sa petite armée campaient dans Valley Forge, situé au Sud Est de Philadelphie. A cause du manque cruel de vêtements appropriés au froid de l’hiver, et au manque de vivres, cela fut terriblement effroyable et  angoissant.


L’endurance de Washington et de ses hommes fut inimaginable et même complètement inconcevable dans un tel contexte, beaucoup moururent de fièvre typhoïde et devant ce désastre et  cette détresse si les soldats  restaient,  c’était uniquement à cause de leur chef, Georges Washington, ils l’adoraient et seraient morts pour lui.


 


Le gouverneur de Virginie Lord Dunmore, avait promis l’affranchissement à ceux qui s’engageraient, aux côtés des Insurgents ainsi près de  cinq mille noirs ont combattu avec eux, mais par la suite cette promesse du gouverneur ne fut  malheureusement pas tenue…


 


Les Insurgés avaient un grand besoin d’aide malgré leur déclaration officielle d’indépendance


 


Mais bientôt le vent allait tourner  la France allait venir  à leur aide


 


Il y aura l’arrivée en 1777, de Gilbert du Motier  marquis de La Fayette, puis le 21 mai 1780 grâce au soutien du Roi, La Fayette put s’embarquer à Rochefort sur la frégate de marine ‘l’Hermione’, appelée aussi la frégate de la Liberté, c’était une  très bonne voilière de 45 mètres,  avec  trois mâts  mais aussi vingt-six canons de douze et six  canons de six. Le roi avait donné trois cent vingt-six marins et soldats mais la frégate emportait aussi, avec de la nourriture, des armes et des munitions plus de quatre mille uniformes et paires de chaussures pour les insurgés américains qui tentaient toujours de gagner leur indépendance.


 


L’armée de Rochambeau fut rapidement envoyée en renfort :


Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, Comte de Rochambeau arrivera dès le mois de juillet 1780 avec six mille hommes de troupes français pour apporter l’aide de la France aux colons anglais insurgés, dirigés par George Washington contre les troupes britanniques.


Il traversa l’Atlantique avec la flotte commandée par l’amiral de Ternay qui eut de grandes difficultés à passer à travers les frégates de surveillance de l’armée navale anglaise, mais parvint à déposer à bon port le général de Rochambeau et toutes ses troupes.


 


Le 5 juillet 1781 la flotte de France, l’escadre même de l’amiral de Grasse de quarante navires appareilla de Fort Royal aux Antilles et mit le cap vers la baie de la Chesapeak


Lord Cornwallis et toute l’armée anglaise de Virginie s’étaient enfermés à Yorktown. Ils étaient bloqués là par les troupes de terre de La Fayette, qui même si elles ne pouvaient les attaquer et les déloger les retenaient, pour l’instant encore, assez fortement. En attendant l’arrivée conjointe des forces de G. Washington et de l’armée de Rochambeau.


Mais à présent, l’arrivée de la flotte française, dans la baie de la Chesapeake, allait enlever définitivement à Cornwallis tout espoir, soit d’être ravitaillé soit même de fuir.


Le 19 octobre 1781 Cornwallis, le grand chef des armées anglaises, signa l’acte officiel de la capitulation, les honneurs de la guerre lui furent accordés.


Les Anglais des fortifications et défilèrent entre deux lignes interminables formées par les troupes françaises et américaines, face à face. 


A la tête des troupes alliées se tenaient les généraux Washington, La Fayette, Rochambeau entourés de leurs états-majors au complet, ainsi que Benjamin Lincoln, futur président du Congrès.


Thomas Jefferson, au lendemain de la victoire de Yorktown, convenant sans restriction aucune, que sans la France, il n’y aurait pas pu y avoir de victoire et encore moins d’indépendance avec la création de leurs nouveaux Etats-Unis d’Amérique, rendra un hommage vibrant  et sincère aux Français, en déclarant : 


« Aussi longtemps que la gratitude sera une vertu, chaque homme aura deux patries dans son cœur, son pays et la France ! »


 


Tandis que G. Washington s’apprêtait à exploiter le fruit de sa victoire, l’Angleterre allait durement souffrir dans son orgueil et sa puissance, à l’annonce de cette capitulation qui mettait fin à ses rêves d’hégémonie, en Amérique du Nord.


 


 


 


N.B le terme Canadiens-Français a été employé dans ce texte pour une meilleure compréhension, mais il n'a réellement été donné que  beaucoup plus tard pour différencier les Français  qui seuls s'appelaient  jusque-là Canadiens des nouveaux Canadiens-anglais cette fois !


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Marie-Hélène Morot-Sir149 articles

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Auteur de livres historiques : 1608-2008 Quatre cents hivers, autant d’étés ; Le lys, la rose et la feuille d’érable ; Au cœur de la Nouvelle France - tome I - De Champlain à la grand paix de Montréal ; Au cœur de la Nouvelle France - tome II - Des bords du Saint Laurent au golfe du Mexique ; Au cœur de la Nouvelle France - tome III - Les Amérindiens, ce peuple libre autrefois, qu'est-il devenu? ; Le Canada de A à Z au temps de la Nouvelle France ; De lettres en lettres, année 1912 ; De lettres en lettres, année 1925 ; Un vent étranger souffla sur le Nistakinan août 2018. "Les Femmes à l'ombre del'Histoire" janvier 2020   lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=evnVbdtlyYA

 

 

 





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1 commentaire

  • Claude Richard Répondre

    8 juillet 2021

    Madame Morot-Sir,


    C'est toujours intéressant de vous lire. Vous avez l'art de raconter les événements importants en parsemant vos textes de détails que, tout férus d'histoire que nous soyons, nous ne connaissions pas.


    J'aurais une question pour vous. Le fort Saint John dont il est question dans votre texte est-il l'ancien fort Saint-Jean du temps de la Nouvelle France rebaptisé Saint John par les Britanniques, un nouveau fort érigé par ces derniers ou l'appellation de l'ancien fort retenue par les Américains? 


    Merci de satisfaire ma curiosité et bonne continuation!