BOLCHEVISME SANITAIRE

Nous entrons dans un long tunnel sans lumière

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« La petite liberté qui consiste à avoir le droit de prendre l’air dehors aurait dû être préservée. » 


Nous voilà donc radicalement confinés. Pour un mois officiellement, même si on sait que c’est probablement faux. Le gouvernement donne une date de déconfinement parce qu’il doit le faire. Parions qu’il la prolongera. 


Nous venons d’entrer dans un tunnel sans lumière. 


Les Québécois feront l’expérience du couvre-feu. Les marcheurs du soir risquent une contravention salée, pour ne pas dire démesurée, pour ne pas dire délirante. La petite liberté qui consiste à avoir le droit de prendre l’air dehors aurait dû être préservée.  


Couvre-feu


Quoi qu’on en pense, dans la situation historique qui est la nôtre, la vie démocratique doit se poursuivre. Elle s’accompagne du droit de critiquer ce qui nous semble mal fondé. Je ne me l’interdis pas. Ce n’est pas trahir son pays que de ne pas encenser le gouvernement à chaque instant.


Ne versons pas toutefois dans le piège du gérant d’estrade qui s’imagine comprendre mieux que tout le monde. Toutes les sociétés tâtonnent dans la pandémie. 


Un rappel essentiel doit être fait à tous les semeurs de guerre civile mentale : le gouvernement croit agir au mieux des connaissances disponibles pour le bien commun. Il ne cherche pas à assujettir les Québécois : il fait ce qu’il peut pour sauver une société qui découvre en ce moment sa fragilité. 


On peut reprocher au gouvernement ses mesures, mais certainement pas ses intentions. François Legault fait des erreurs, mais nul ne devrait douter qu’il veut le bien des Québécois.


Ajoutons que François Legault avait raison hier soir de tacler Justin Trudeau. Le farfadet d’Ottawa nous complique la vie. Ajoutons aussi qu’il serait encore plus simple de ne pas demander la permission à Ottawa pour définir notre stratégie de vaccination, comme le rappelait le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon. 


Je ne suis pas de ceux qui voient des conspirationnistes partout. Nous abusons de ce terme qui sera devenu la grande injure de notre temps.


Mais cela dit, une mouvance conspirationniste existe bel et bien. Quand elle veut voir dans la pandémie une immense machination orchestrée par des puissances maléfiques, elle bascule dans un univers fantasmatique.  


Ce fantasme, paradoxalement, lui donne l’impression de maîtriser mentalement les événements. Il y aurait d’un côté les méchants, de l’autre les gentils, et il suffirait de démasquer les mensonges des premiers pour que les seconds triomphent.


Conspirationnistes


Ceux qui voient le monde ainsi le réduisent à un scénario de film de superhéros dans lequel ils se donnent le beau rôle. Ils déconnent. 


Revenons à l’essentiel : courage, lors des prochaines semaines ! Critiquons le gouvernement, oui, lorsque cela sera nécessaire. Invitons-le à restaurer nos libertés. Rappelons-lui que le confinement a ses limites. 


Rappelons-nous en même temps que nous n’avons pas une pleine maîtrise sur la pandémie, mais que nous en sortirons, et que nous nous en sortirons ensemble. 


Loin, très loin, au bout du tunnel, nous avons quand même le droit d’espérer un peu de lumière.




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