PKP ET LES MÉDIAS

Mésentente autour d'un «notamment»

Le c.a. du Centre d'études sur les médias se réunira cette semaine afin de prendre une décision

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Un mandat trop «ad hominem» pour être acceptable

Québec — Sans l'appui du Parti québécois, des chercheurs devront décider s'ils exécutent un mandat pour analyser les questions soulevées par les liens entre le député péquiste Pierre Karl Péladeau et les entreprises médiatiques qui composent son conglomérat Québecor.
Le secrétaire général du Centre d'études sur les médias (CEM), Daniel Giroux, a déclaré mardi que son conseil d'administration se réunira cette semaine afin de prendre une décision à ce sujet.
«Nous sommes en réflexion à ce sujet, a-t-il écrit dans un courriel. Nous n'avons pas dit que nous accepterions le mandat si notre proposition n'était pas entérinée par tous les partis politiques, tout comme nous n'avons pas décidé de procéder sans cet appui.»
Maltais trouve la proposition trop restrictive
M. Giroux a tenu ces propos à la suite d'une déclaration de la députée péquiste Agnès Maltais, opposée au mandat du CEM, qui a précédé celle du leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, pour qui les chercheurs peuvent aller de l'avant sans l'appui du PQ.
Lors d'un point de presse, Mme Maltais a estimé que la proposition de mandat soumise par le CEM est trop restrictive et traduit l'objectif du gouvernement qui est de forcer M. Péladeau à choisir entre son siège à l'Assemblée nationale ou son bloc d'action qui lui donne le contrôle de Québecor, propriétaire notamment du réseau TVA.
«Ce que propose le Centre d'études sur les médias vise encore plus le député de Saint-Jérôme, a-t-elle dit. Donc, je pense qu'ils ont bien compris l'intention gouvernementale.»
Mme Maltais, leader parlementaire de l'opposition officielle, souhaite notamment que d'autres entreprises médiatiques comme Gesca, Cogeco et Radio-Canada soient l'objet de l'analyse du groupe d'experts universitaires.
«Puisqu'on veut parler de l'influence des actionnaires des médias sur le débat démocratique, on pense qu'un mandat qui évince quels sont les liens avec Gesca, qui évince Radio Nord, qui évince Cogeco, qui ne permet pas aussi de parler, surtout après les propos d'Alain Saulnier, des interventions qui se font à Radio-Canada, est un mandat trop restrictif à notre goût et qui ne visera que le député de Saint-Jérôme», a-t-elle dit.
Un «notamment» de trop
Selon Mme Maltais, les libéraux, péquistes, caquistes et représentants de Québec solidaire étaient sur le point de s'entendre mais un ajout au mandat pointe trop directement vers M. Péladeau.
«Il y avait même, à un moment donné, une possibilité de solution sur la table, mais se sont ajoutés des mots qui visaient spécifiquement le député de Saint-Jérôme», a-t-elle dit.
M. Fournier a pour sa part confirmé que tout le monde, sauf le PQ, avait été d'accord pour préciser dans le mandat la nécessité d'examiner l'influence des propriétaires de médias, «notamment» quand ils sont députés.
«Ce que nous avons fait, et à la lecture de la proposition, avec Québec solidaire et la CAQ, nous avons indiqué au centre qu'il y avait un élément qui manquait et qui a été réinclus, vous allez voir dans le document qui vous sera distribué, qui se retrouve dans le mot "notamment", a-t-il dit. C'est la seule modification, mais elle a son importance.»
Selon M. Fournier, le CEM, qui disposera d'un budget de 50 000 $ pour ses travaux, peut procéder sans l'appui du PQ.
«La confirmation que j'ai du centre, c'est qu'on peut aller de l'avant puisqu'il ne s'agit pas d'une condition, mais d'un souhait», a-t-il dit.
Des craintes qui en disent long
M. Fournier a estimé que l'opposition du PQ au mandat traduit ses craintes que les conclusions du rapport lui soient défavorables.
Le leader parlementaire a affirmé que le mandat ne concernerait pas que M. Péladeau.
«Tout le monde est étudié, mais Québecor aussi», a-t-il dit.
Un document remis par le cabinet de M. Fournier expose le mandat proposé par le centre pour «préparer un document de réflexion regroupant des données et autres informations permettant d'éclairer les discussions en cours sur l'influence que peut avoir, grâce à ses médias, sur les politiques publiques et la vie démocratique, un propriétaire ou un actionnaire important d'un média d'information ou d'un groupe de médias, notamment lorsqu'il participe, en tant qu'élu, aux instances politiques».
Selon des échanges de courriels également remis aux journalistes, la dernière version du mandat a été soumise au gouvernement incluant la dernière partie qui commence par le mot «notamment».


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