Martine Ouellet qualifie Gilles Duceppe de «belle-mère» et croit qu'il «lui a tiré dans les jambes»

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La guerre interne des souverainistes s'est traduite de manière radicale au Bloc

L’ex-chef du Bloc québécois Martine Ouellet a reproché jeudi matin à son prédécesseur Gilles Duceppe de lui «avoir tiré dans les jambes».


En entrevue avec Benoît Dutrizac sur les ondes de QUB Radio, Martine Ouellet a dit que M. Duceppe ne s'était pas «gêné» pour la «dénoncer» dans les médias.


Mme Ouellet a qualifié l'ex-chef bloquiste de «belle-mère» du Bloc.


Elle a ajouté qu’il «y avait clairement une guerre de pouvoir» au sein de la formation souverainiste, alors que des «gens voulaient être les gardiens de l’orthodoxie de Gilles Duceppe».



Être une femme


Quand on lui a demandé si elle avait été traitée différemment parce qu’elle est une femme, Martine Ouellet a indiqué que cela avait «joué un peu dans la balance».


«Je pense que certains députés ne sont pas habitués d’avoir une chef de parti femme», a-t-elle expliqué au micro de Dutrizac.


L'ex-chef du Bloc et députée du Parti québécois a affirmé que certains élus croyaient pouvoir exercer un contrôle sur elle et sur ses décisions.


«Je pense que le leadership féminin n’est pas toujours accepté», a-t-elle poursuivi.


Changement de culture


Celle qui a été ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement de Pauline Marois a appelé à un changement de culture dans le mouvement souverainiste.


Selon elle, pour faire avancer l'indépendance, il est primordial d'en faire la promotion publiquement. «Quand on ne s’assume pas, on ne peut [...] convaincre personne, c’est clair. Il y a vraiment un changement à faire», a-t-elle lancé sur les ondes de QUB Radio.


Mme Ouellet a aussi soutenu que les sept députés qui avaient quitté le Bloc sous sa direction lui avaient reproché de trop «parler d’indépendance devant les caméras». Elle ne digère visiblement pas leurs sorties dans les médias.


«Comment ça se fait que ces sept individus-là se soient permis d’aller sur la place publique?»


Transparlementarisme


Martine Ouellet a également profité de son passage à l’émission Dutrizac de 6 à 9 pour défendre le transparlementarisme, elle qui siégeait à l’Assemblée nationale en étant également chef du Bloc à Ottawa.


«Que j’aille faire une journée par semaine à Ottawa, c’est pas ça qui m’empêchait de faire mon travail dans le comté. J’étais très, très présente dans le comté», s’est-elle défendue.


«Il faut qu’on arrête de travailler en silo.»


Rappelons que Martine Ouellet a démissionné de son poste de chef du Bloc québécois en juin dernier, après n’avoir obtenu que 32 % d’appuis parmi les membres du parti.



Au moment de sa démission, elle avait réglé ses comptes avec ses adversaires. Elle disait alors que le «principal obstacle» à l’indépendance du Québec provenait de l’intérieur du mouvement.




► Tous les vendredis matin, Martine Ouellet débattra de sujets d’actualité aux côtés d’Adrien Pouliot à l’émission Dutrizac de 6 à 9, sur les ondes de QUB Radio