Lettre - Le nom de Champlain doit rester sur le pont

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What's in a name ? Tout !

Depuis l’annonce d’un nouveau pont Champlain, les autorités du gouvernement d’Ottawa précisent que le pont portera peut-être un nouveau nom. Curieux, n’est-ce pas ? Pourquoi voudraient-ils retirer le nom du fondateur de la Nouvelle-France au profit d’un autre ? Champlain était un grand homme, un homme dont nous pouvons être fiers, un homme qui rallie les Québécois, qui a laissé une empreinte indélébile sur l’Amérique.

Mais c’est le gouvernement canadien qui décidera, pas le gouvernement du Québec. Que nous préparent-ils ? Connaissant le militarisme du gouvernement Harper, son entichement pour la monarchie et l’Empire britannique ainsi que sa répugnance pour la France, on peut raisonnablement présumer qu’ils aimeraient commémorer quelqu’un qui partageait ces sentiments et qui rappellera durablement le lien colonial entre le Canada et le Royaume-Uni. En même temps, il ne peut heurter de front les sensibilités québécoises.

Ce sera donc quelqu’un avec un nom d’origine française, mais qui a montré patte blanche à l’Empire et qu’on peut essayer de décrire comme un personnage ayant marqué l’histoire du Canada. Trudeau étant attribué à un aéroport, les choix sont limités. Est-ce Salaberry qu’on se prépare à célébrer ? Si c’est le cas, l’annonce se fera bientôt pour marquer le 200e anniversaire de l’escarmouche de Châteauguay, le 26 octobre 2013. Stephen Harper fera ainsi d’une pierre deux coups : nous éloigner de nouveau de l’épopée de la Nouvelle-France, dont Champlain est le héros, et nous imposer un héros - d’aucuns pourraient dire un pantin - de l’Empire britannique. Car la guerre que le Canada dit de « 1812 » est connue plus largement sous les noms de seconde guerre d’Indépendance ou guerre anglo-américaine. Et Isaac Brock, celui que le gouvernement Harper célèbre tant, n’a pas caché qu’il se battait pour la Couronne britannique et contre un éventuel retour de la France en Amérique.

Si c’est Salaberry, un NON assourdissant doit surgir de ces contrées que Champlain a visitées, cartographiées et laissées en héritage.


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