Les Juifs de Montréal appuient Israël

Géopolitique du Proche-Orient



Comme le premier ministre Stephen Harper, la communauté juive de Montréal estime justifiées les attaques d'Israël au Liban. Selon plusieurs, l'État hébreu "aide" les Libanais en les libérant du joug du Hezbollah.
"Israël n'avait pas d'autre choix pour assurer la protection de ses citoyens et retrouver les soldats enlevés", dit Luciano Del Negro, directeur général du Comité Québec-Israël.
Il se dit par contre "fort attristé" par la mort de sept Montréalais d'origine libanaise dans le conflit, son organisation ayant d'ailleurs diffusé un communiqué pour exprimer ses condoléances aux proches des victimes. Mais la communauté juive de la métropole est elle aussi touchée par le conflit, ajoute-t-il. Un neveu de Juifs montréalais a péri sous les tirs du Hezbollah à Haïfa, avant-hier, ainsi qu'un soldat de l'armée israélienne, petit-fils d'autres membres de la communauté, la semaine dernière. M. Del Negro déplore d'ailleurs la couverture du conflit par les médias québécois, qu'il juge "biaisée". "Pourquoi ne publie-t-on pas de photos des gens tués à Haïfa?"
D'autres sont moins modérés. Pour Ron Mez, l'armée israélienne devrait être encore plus agressive envers le Hezbollah afin de l'"effacer de la carte". "Quelqu'un est venu, nous a pris nos soldats, et le monde nous demande de nous calmer? Les États-Unis, après avoir reçu des avions (dans les tours du World Trade Center), sont allés dans deux pays (l'Afghanistan et l'Irak) et les ont fait éclater!" lance-t-il. Selon lui, la communauté internationale applique des critères différents envers Israël, ce qui pousse l'État hébreu à se limiter dans ses actions. "Les Arabes du Hezbollah sont des lâches! Ils se cachent derrière des civils. Qu'ils sortent et viennent se battre comme des hommes", lance l'homme de 33 ans, qui a servi dans l'armée israélienne pendant trois ans.
Le rabbin Sinir Bitton, qui a vécu trois ans en Israël, trouve "dommage" qu'Israël ait attendu si longtemps pour attaquer les cibles du Hezbollah. "Si on ne coupe pas ce cancer (Hezbollah), il y a plus de gens qui vont mourir." À son avis, les Libanais devraient saluer les actions de Tsahal (l'armée israélienne). "S'ils regardent avec des yeux clairs, il vont voir qu'Israël va les aider à devenir une nation libre."
Il existe toutefois quelques voix discordantes. "Israël, par son intransigeance, a fourni l'opportunité au Hezbollah pour déstabiliser le gouvernement libanais", croit Bruce Katz, coprésident de l'organisme Palestiniens et Juifs unis. Il s'indigne que le gouvernement canadien ait pu appuyer les actions de l'État hébreu la semaine dernière, avant d'en condamner l'intensité. Il ne comprend pas plusieurs de ses coreligionnaires. "Comment peut-on parler d'aide à un peuple quand on est en train de le bombarder et de le tuer?"


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