Une phrase en français avec combien de mots en anglais?

Les jeunes au cerveau conquis

Parler anglais anglicise

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Tribune libre

La nouvelle génération a parfois de quoi décourager jusqu'aux plus indulgents d'entre nous, particulièrement lorsqu'on entend tant de jeunes inconscients s'exprimer dans le style "une phrase en français, une exclamation en anglais", ou "une phrase en français, avec 2-3 mots en anglais dedans", tout cela pour faire plus branché, ou plus "in", plus "full cool", plus "nice", comme ils répètent à la moindre occasion. "Come on, guys, ça suffit".
Et à quoi est dû cette anglicisation soudaine de toute une génération? Bien évidemment à l'enseignement intensif et exagéré de l'anglais. Car même lorsqu'il ne comprend pas parfaitement l'autre langue, le jeune essaie d'écouter des émissions, de lire sur internet, même s'il n'en saisit parfois que des bribes ou n'en comprend que le sens général, avec pour résultat qu'il est exposé à un bombardement de mots, d'expressions en anglais utilisés par les personnages ou d'autres jeunes et qu'il retient pour usage ultérieur malgré lui. Et qui dit jeune dit moutonnage...
Comme s'il n'était pas suffisant de naître en pays conquis, voilà maintenant que certains de nos jeunes Québécois affichent un cerveau tout aussi conquis. Quelle navrante abdication...
Il ne faudrait pas se gêner pour leur dire: "regardez-vous aller, vous n'arrivez même plus à faire une phrase complète en français, vous en rendez-vous au moins compte?
Pour que ce soit les expressions anglaises qui leur viennent en premier à l'esprit à tout bout de champ, il faut vraiment qu'ils affichent de graves lacunes en français, et à un degré tel que les expressions usuelles courantes leur font défaut dans la conversation et ne leur viennent pas à la bouche spontanément.
"Hé, les jeunes, rappelez-vous que vous n'êtes pas des Canadiens-anglais, pas des Américains, pas des anglos non plus, et sachez que vous n'avez pas à le devenir passivement ou activement".
"Vous êtes Québécois. Ayez la fierté de votre identité en respectant vos origines et les caractéristiques de la nation qui vous a vu naître". Cela comprend la langue française unifiante qui fait que nous existons encore en tant que peuple.
La chanteuse acadienne Patsy Gallant, voulant y aller d'une de ces déclarations-choc dont sont friands certains artistes plateau/bobos/bonasses, déclarait à l'emporte-pièce à Pénélope McQuade qu'elle se réjouissait de voir que les artistes acadiens actuels comme Radio Radio et Lisa Leblanc s'expriment dans leur langue abâtardie par l'anglais, comme si c'était là un mode d'expression délibérément choisi et non pas subi qui représenterait fidèlement leur ethnie acadienne.
Ils ne rendent même plus compte que c'est plutôt un signe d'assimilation, de soumission à la langue du conquérant, une dégradation navrante de la langue de leurs ancêtres qui eux ne voulaient pas s'éteindre à petit feu.
Non, Mme Gallant, détrompez-vous en revoyant le documentaire révélateur de 1969 réalisé par
Les jeunes sont épris de liberté. Eh bien, qu'ils se libèrent donc du joug de l'anglais pour commencer.
Québécois d'hier à demain, pour toujours.

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Réjean Labrie513 articles

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Réjean Labrie, né en 1954, est originaire de Québec. Il a fait carrière dans la fonction publique à l’aide sociale. Il est fier d’être un enraciné de la 10ème génération en sol natal.Son élan nationaliste se porte sur la valorisation de la culture québécoise et sur la préservation de l'identité culturelle québécoise et de sa démographie historique. L'icône d'identification montre les fortifications de Québec qui symbolisent notre caractère irréductible et notre résilience face à l'adversité.





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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    9 novembre 2016

    Merci, M. Labrie. Excellent texte.
    En lien avec ce texte, je propose ceci :
    Marine Le Pen et la francophonie
    Marine Le Pen : " France, civilisation mondiale au XXIe siècle "
    https://www.youtube.com/watch?v=vRnKx14Lyqs
    Vidéo publiée le 8 novembre 2016