LETTRE

Le temps d’agir pour la langue française

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La déification de l’anglais par les Libéraux

Madame la Ministre Hélène David, responsable de la Promotion et de la Protection de la langue française,

Comment est-ce possible ? Comment en est-on arrivé au Québec à dévaloriser à ce point l’extraordinaire travail de francisation mené, depuis les années 60, par les terminologues de l’Office québécois de la langue française, reconnus mondialement, et ce, dans toutes les sphères d’activités humaines ? Les exemples de francisation chez Aigle d’Or (Ultramar), chez Hydro-Québec, dans les papetières, dans les supermarchés d’alimentation, pour ne nommer que ceux-là, ont prouvé, sans conteste, que la francisation est rentable pour le Québec.

Alors, pourquoi ce recul du français partout au Québec, dans les chantiers de construction, dans les commerces, dans le monde de l’éducation et ailleurs ? Évidemment, les raisons sont multiples, mais parmi celles-ci viennent au premier plan l’acharnement de votre gouvernement à déifier l’anglais auprès de la population du Québec, de nos enfants et petits-enfants et à accepter, en adoptant une attitude de colonisés, que les multinationales imposent dorénavant l’anglais dans les chantiers de construction. De surcroît, vous et le président du Syndicat des employés de la Davie avez fait preuve d’un déni inqualifiable quant aux répercussions néfastes de la généralisation de l’utilisation « de l’anglais » au chantier naval de Davie et du même coup sapé le travail des conseillères et conseillers en francisation de l’Office.

Dans ce contexte de « retour en arrière », l’affichage de marques de commerce unilingues anglaises par des détaillants non respectueux du caractère français du Québec s’ajoute à une liste effroyablement longue de gestes soit posés, soit entérinés par votre gouvernement, de gestes plus anglicisants les uns que les autres qu’il nous faut dénoncer encore et encore. Madame la Ministre, je n’ai jamais pensé, il y a 40 ans, au moment de l’éclosion des grands chantiers de francisation au Québec, que 40 ans plus tard j’écrirais ces lignes dévastatrices sur le désengagement d’un gouvernement québécois quant à la francisation des entreprises et à l’utilisation de mots français aussi simples qu’entrepôt, supercentre ou supermarché pour accompagner l’affichage de noms de commerce par ailleurs exclusivement en anglais. Il est plus que temps d’agir !


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