Le "programme politique" d'une élite d'affaires

tarifications, déréglementations, privatisations

Droite - réplique syndicale et social-démocrate

Le « programme politique » (!) d’une « élite d’affaires »:

Tarifications, déréglementations, privatisations

Ces trois prétendues nouvelles idées sur les services publics et le rôle social de l’État sont de fait un retour en arrière inspiré du modèle de libéralisme du 19ième siècle avant que le mouvement ouvrier et populaire réalise ses conquêtes sociales.
Il y a une élite d’affaires au Québec, secondée et défendue par certains économistes, grands médias, certains journalistes et politiciens, des idéologues d’universités, qui veut s’emparer des services publics pour en tirer un profit maximum. Par exemple, des « gens » de compagnies d’assurance qui voudraient offrir des polices d’assurances privées suite à une réduction de la couverture du régime public d’assurance-maladie. Par exemple, le gouvernement a privatisé l’exploitation des hydrocarbures, la production d’électricité de source éolienne et a déréglementé les forages pour hydrocarbures en les soustrayant à l’article 22 de la loi sur l’environnement exigeant une étude d’impact préalable.
Gratuité, accessibilité, universalité
Ces trois principes sont lésés par la bureaucratisation et les choix budgétaires du gouvernement. Les services de première ligne sont déficients dû au sous-financement des Centres de Santé et de Services Sociaux (CSSS). La formation d’infirmières praticiennes et la mise sur pied des Groupes de médecine familiale (GMF) sont en retard. Deux millions de personnes au Québec sont sans médecin de famille.
Dans la région 450 de la couronne nord de Montréal, les services en santé sont très, très en-deçà de la croissance démographique des dernières années. On voit les urgences régionales débordées avec des taux d’occupation de plus de 300% et, proportionnellement, c’est la région où la pénurie de médecins de famille est la plus importante. Une partie de la « nouvelle classe moyenne » de ces banlieues au nord de Montréal, exilée de la métropole, se plaint de payer des impôts sans avoir les services en retour. Une situation qui s’aggrave depuis une décennie. Il y manque aussi 7000 places en garderies.
Comment l’État dépense notre argent?
Le gouvernement a choisi d’autre part de construire en partenariat avec le privé deux méga-hôpitaux universitaires à coup de milliards et au ministère de la santé on a embauché 2000 cadres de plus en 5 ans. Par exemple, l’Agence de la Santé et des Services Sociaux de Montréal (ASSSM) compte 99 cadres sur 360 employé(e)s et les 2/3 du personnel total sont dans l’administration. C’est un exemple de bureaucratisation inacceptable. Le coût des médicaments génériques est toujours trop haut.
Pendant ce temps sur le terrain, le personnel soignant réclame sans grand résultat la création de postes à temps complet pour les infirmières, les médecins omnipraticiens et spécialistes, etc. C’est comme si les politiques du gouvernement stimulaient justement les promoteurs de la médecine à deux vitesses.
Santé préventive: agir en amont
Plus de 100,000 salarié(e)s sont victimes d’accidents de travail chaque année. L’insuffisance de transports en commun favorise l’usage de l’automobile et… plus d’accidents de la route et de maladies pulmonaires. Des dizaines de milliers de personnes au revenu précaire souffrent de sous-alimentation et de malnutrition, causes directes d’une santé déficiente, etc. Les politiques de l’État sont essentiellement curatives et non préventives et ça coûte plus cher.
Contribution des entreprises
Les entreprises, malgré tout, bénéficient largement des garderies (des dizaines de milliers de femmes s’ajoutent au marché du travail), du système d’éducation publique qui forme la main-d’œuvre, du système de santé publique qui permet le retour au travail des accidenté(e)s. La contribution des entreprises est insuffisante lorsqu’on sait que la société d’État Hydro-Québec apporte plus au budget de l’État québécois que l’ensemble des entreprises au Québec. On peut dire que les entreprises, plus grandes « utilisatrices » des services publiques, ne paient pas leur dû. Et la taxe de 200$ pour tous?
Pseudo-modernisation de l’État
La pseudo-modernisation de l’État, idéologie élaborée par des « think-thank » des États-unis financés par des grandes entreprises, a été imposée par le Fonds Monétaire Internationale et la Banque Mondiale à l’époque à de nombreux pays du Tiers-Monde spécialement en Amérique latine où les populations en ont souffert avant que les mouvements sociaux populaires entreprennent la conquête du Pouvoir Politique pour mettre fin aux privatisations, à la destruction des programmes sociaux et des services publics.
Droits populaires vs profits à tout prix
Les tarifications, déréglementations et privatisations ne règleront pas les lacunes réelles mais relatives des services publics (relatives car pensons aux peuples qui n’en ont pas) et masquent la bataille d’intérêts égoïstes que mènent les obsédé(e)s du profit maximum à tout prix au détriment du droit à la santé, à l’éducation, à un revenu décent, à un environnement sain, à l’égalité des chances et des opportunités, à la dignité humaine.
C’est une bataille d’idées à conduire jusqu’à la victoire par la lutte des masses organisées sur le plan local depuis une base d’individus conscients défendant les intérêts de la majorité populaire contre une élite d’affaires masquant ses propres intérêts sous le couvert de défendre les contribuables.
Les jeux de coulisses, les cabales pour une nouvelle formation politique au Québec défendant les intérêts de cette « élite d’affaires » sont appuyés, cautionnés directement ou indirectement par de grands empires médiatiques (Québecor et Gesca-Power Corporation) et plusieurs animateurs du réseau radio de CORUS. Par des éditorialistes, des chroniqueurs et certains journalistes, ces empires promeuvent depuis plusieurs années ces mesures comme « programme économique » qu’ils veulent voir sur le plan politique. Le gouvernement actuel de Jean Charest ne va pas assez vite dans « leur direction » et est en perte élevée de crédibilité dans l’opinion publique. Pour eux, il vaut mieux éviter la réélection du Parti Québécois et freiner l’influence grandissante des Solidaires et donc préparer un Plan B si le Parti Libéral du Québec ne se rétablit pas dans les sondages et que l’ADQ stagne.
Pour triompher, les mouvements ouvriers, sociaux, populaires, progressistes doivent bien identifier et dénoncer les intérêts privés derrière ce discours rétrograde et valoriser les droits et les libertés populaires.
André Rousseau 14/11/2010

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Membre du Parti Québécois, comté de Mercier

Membre du comité communication et mobilisation du Forum social québécois

Membre de l’Association Québécois de Lutte contre la Pollution
Atmosphérique (AQLPA)

Diplômé en économie appliquée de l’UQAM (certificat)





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2 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    15 novembre 2010

    Pourquoi cette précipitation à développer, sans plus d'études, la filière gaz de schiste. Il y a anguille sous roche.
    À qui profitera le crime ? Qui contrôle, qui est derrière ces entreprises ?
    Il y a quelques mois , nous n'aurions jamais pu penser que la mafia s'était infiltrée dans tous les domaines de l'activité économique du Québec. Quant à moi, aujourd'hui, la preuve en est faite.

  • Lise Pelletier Répondre

    14 novembre 2010

    M.Rousseau, je vois aussi tout ce que vous mentionnez et je me demande s'il y a possibilité d'un retour en arrière.
    J'ai écouté l'émission "Découvertes" ce soir sur les gas de
    schiste, je me demandais pourquoi les études sur les conséquences de cette exploitation (car il semble bien qu'ils en sont à cette étape) requérant des tonnes d'eau n'avaient pas été faites avant. Vous m'avez donné la réponse
    avec la loi 20 qui a été modifiée. C'est dégueulasse.
    La diffusion de cette émission qui est très populaire va
    peut-être aidée pour obtenir le moratoire que l'on espère
    depuis des mois. Comme prévu, j'irai demain à la manifestation sur la rue Gentilly à Longueuil, c'est à souhaiter que suite à l'émission, il y ait plus de monde.
    Si mes souvenirs sont exacts, les compagnies ont jusqu'à la fin de l'année 2010 pour extraire sans payer de dividences.
    Eh bien je leur souhaite le malheur de ne pas réussir.
    Ce gouvernement est tellement pourri et le peuple démotivé et démobilisé. On doit attendre encore au moins 2 ans, ce
    qui donnera le temps nécessaire à François Legault et les
    lucides bien nantis de fonder un nouveau parti et diviser le vote. J'ai pas de mots pour décrire ce que je ressens face à cette traîtrise.
    désolée de ce pessimisme
    Lise Pelletier