Le prélude à la formation d'un parti des régions?

Claude Béland ouvre un vaste chantier sur la décentralisation

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Mobiliser pour mieux décentraliser. Une coalition de citoyens, présidée par l'«ex-monsieur Desjardins» Claude Béland, a annoncé hier le début d'une vaste tournée dans les 17 régions du Québec. L'exercice, qualifié de «plus grand projet citoyen des dernières années au Québec», doit se solder dans un an par la tenue d'états généraux visant à définir un nouveau partage des pouvoirs au Québec mais aussi à orchestrer l'apparition de gouvernements territoriaux autonomes partout dans la province.
Pis, sur la base de ces consultations, ce projet de décentralisation des pouvoirs de l'État pourrait alors faire l'objet d'un référendum lors des élections municipales de 2009, a précisé la Coalition pour un Québec des régions, lors d'une conférence de presse tenue à Montréal hier.
«Cela fait plus de 15 ans que, chaque fois que je promène au Québec, j'entend les citoyens des régions revendiquer une réelle démocratie régionale, a indiqué Claude Béland. Mais il ne se passe rien. Aujourd'hui par contre, je suis optimiste. Ces consultations vont entraîner une mobilisation telle que les élus n'auront pas d'autres choix que d'agir.»
Avec comme slogan «Libérer les Québecs», ce groupe de citoyens souhaite poser dans la prochaine année les bases d'un nouveau Québec qui «ne souffrirait plus de l'énorme centralisation de l'État», a-t-il indiqué. Cette nouvelle donne devrait faciliter le développement et l'affirmation des régions, estiment les membres de la coalition.
Dans les grandes lignes, les consultations à venir souhaitent se transformer en outil «d'éducation et d'écoute» des citoyens qui, de Val-d'Or à Shefferville, en passant par Jonquière, La Tuque et Gaspé, devraient écrire en choeur la Constitution d'un Québec des régions. Et ce, en encadrant la répartition territoriale des pouvoirs politiques, dans les secteurs de l'éducation, de la santé, du transport, de la sécurité publique ou encore de la culture et de l'immigration. Entre autres.
Le rôle du gouvernement provincial, les particularités régionales, la solidarité provinciale mais aussi le statut à accorder à la capitale, Québec, et à la métropole, Montréal, vont se retrouver au centre des consultations. La Coalition souhaite également, par cette démarche, mettre fin à l'opposition entre Montréal et les régions, «deux pôles qui doivent être complémentaires», a souligné le politicologue Paul Cliche, représentant montréalais au sein de ce groupe de citoyens.
«Depuis trois décennies, Québec parle de partager ses pouvoirs avec les régions, a souligné le fondateur et ex-président de l'Union paysanne Roméo Bouchard, qui coordonne les activités de la Coalition. Par l'entremise de cette coalition, nous ne voulons désormais plus en parler, mais bien agir en trouvant une stratégie pour débloquer enfin la question des décentralisations.»
Pour forcer la main à Québec, l'ancien sous-ministre de la Réforme électorale et parlementaire sous René Lévesque, André Larocque, prévient d'ailleurs que le fruit de cette réflexion sur le partage des pouvoirs va avoir un grand «impact politique». «C'est quand les élus prennent conscience que les revendications viennent avec un nombre important de votes que les choses bougent», a-t-il indiqué. Outre la voie référendaire pour faire adopter la Constitution du Québec des régions par la population en 2009, la Coalition, qui se dit pour le moment «sans allégeance partisane», n'écarte pas la possibilité de défendre son projet, par la suite, à l'intérieur d'un parti politique. Et ce, au nom d'un Québec où les 17 régions seraient autonomes et complémentaires.


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