Le directeur de l'information de la Gazette désavoué après un tweet sur Maxime Bernier

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La question raciale va devenir centrale dans les prochaines années en raison de la gauche multiculturaliste


Basem Boshra, directeur de l'information du journal The Gazette depuis deux ans, a dû supprimer son compte Twitter après avoir écrit que la formation politique de Maxime Bernier était un « parti de Blancs ». Il demeure toutefois employé par le quotidien du réseau Postmedia.




Le micromessage ne compte pas 20 mots. Il a pourtant causé tout un émoi sur le réseau social.


« By the looks of it, things are definitely picking up for the White People's Party of Canada » (« D'après ce que l'on observe, les choses commencent à aller mieux pour le parti des Blancs du Canada », en français).


M. Boshra commentait ainsi une série de trois photos publiées sur Twitter par Clinton P. Desveaux, directeur général du Parti populaire du Canada (PPC), à la suite d'un événement tenu à Halifax vendredi soir. Sur ces photos, on constate que des centaines de personnes s'étaient déplacées pour assister au discours de son chef, Maxime Bernier.


Les partisans sont assis dans une vaste salle de l'hôtel Atlantica.Des centaines de personnes ont assisté au discours de M. Bernier à Halifax vendredi. Photo : Twitter (Clinton P. Desveaux)

La remarque – cinglante – serait probablement restée inaperçue n'eût été les fonctions de M. Boshra, qui agit depuis deux ans comme directeur de l'information de la publication montréalaise – un poste qui interdit à son titulaire de prendre position sur des enjeux controversés.



La réponse de Maxime Bernier a été virulente. M. Boshra est un « idiot », qui « insinue que le PPC est un parti raciste parce qu’il y avait trop de Blancs dans un rassemblement [en Nouvelle-Écosse] alors que nous sommes le seul parti qui ne fait pas de la politique identitaire », a-t-il écrit sur Twitter dimanche. Selon lui, la publication de M. Boshra était « dégueulasse ».


Le directeur de l'information de la Gazette s'est excusé par la suite, ce qui n'a pas empêché le leader du PPC de qualifier encore une fois son opinion de « fausse, intolérante et offensante ».


Impossible toutefois de consulter les excuses en question, puisque le compte Twitter de M. Boshra a été supprimé dans les heures qui ont suivi. Maxime Bernier s'est néanmoins permis de demander sur Twitter si la direction de la Gazette croyait elle aussi « qu’il faut des quotas raciaux des gens dans les rassemblements politiques ».



À quelle sorte de couverture peut-on s’attendre de la Gazette dans l’avenir?


Maxim Bernier, chef du PPC


La réponse est venue de la rédactrice en chef du quotidien, Lucinda Chodan. « Les opinions exprimées sur le compte personnel Twitter de Basem Boshra ne reflètent en aucun cas celles de @mtlgazette », a-t-elle écrit sur Twitter lundi. « Cependant, comme directeur de l’information de @mtlgazette, Boshra reconnaît que ses commentaires n’étaient pas appropriés. Son compte a été désactivé. »


Joint par Radio-Canada, le principal intéressé a décliné notre demande d'entrevue, nous dirigeant plutôt vers Mme Chodan.


Celle-ci a fait savoir que M. Boshra profitait lundi d'un congé planifié et qu'elle n'avait communiqué avec lui que par courriel. C'est Basem Boshra lui-même qui aurait pris la décision de supprimer son compte Twitter dans la nuit de dimanche à lundi, a-t-elle déclaré.


Quant à savoir si des mesures disciplinaires seront prises contre lui, Mme Chodan a répondu qu'il ne serait pas « approprié » de discuter publiquement de ce sujet. Elle a toutefois affirmé que M. Boshra demeurait employé par The Gazette.


Basem Boshra.Basem Boshra travaille pour la Gazette de Montréal depuis 2008, selon son compte LinkedIn. Photo : LinkedIn (Basem Boshra)

Si le faux pas de M. Boshra a provoqué une tonne de commentaires assassins sur Twitter, certains de ses collègues l'ont tout de même défendu publiquement, lundi. C'est le cas du reporter Christopher Curtis, qui a décrit son patron comme un homme « dur, mais juste ». « Il m'a soutenu à travers des périodes difficiles dans ma carrière et m'a aidé à devenir un meilleur journaliste et une meilleure personne », a-t-il écrit lundi. « Nous avons tous déjà tenu des propos regrettables et Basem mérite le bénéfice du doute. »