Le CHUM... en 2015?

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La construction des deux grands hôpitaux universitaires, le CHUM et le CUSM, qui devait commencer quelque part l'an prochain, pourrait être retardée de quelques années encore. Placé devant l'évidence qu'on a sous-évalué les coûts de ces hôpitaux spécialisés dès le départ, le bureau du premier ministre Charest semble maintenant tout à fait disposé à concéder leur réalisation au secteur privé.

Alors que le ministre de la Santé, Philippe Couillard, se disait plutôt réfractaire à la formule de PPP pour les grands hôpitaux, il semble que les dépassements de coûts révélés récemment aient affaibli sa position au conseil des ministres. Le ministre se montre désormais beaucoup plus ouvert à la formule de PPP.
De son côté, la présidente du Conseil du trésor, Mme Jérôme-Forget, responsable de l'Agence de PPP, n'a jamais caché son intérêt. Lors d'un entretien téléphonique, hier après-midi, Mme Jérôme-Forget n'a pas voulu confirmer que le gouvernement irait de l'avant... mais presque. D'ici peu, Québec devrait donc annoncer son intention et demander à l'Agence de comparer les avantages d'une construction en PPP par rapport à une construction conventionnelle.
Quant au type de PPP, la présidente du Conseil du trésor nous a souligné qu'on se limiterait à la construction, à la gestion et à l'entretien des immeubles et non pas à l'achat des équipements médicaux ou à la gestion des soins hospitaliers. En somme, il ne serait pas question de confier les hôpitaux au secteur privé, mais seulement leur construction et leur entretien pendant une trentaine d'années. Après quoi, ils seraient remis au gouvernement.
Qui financerait les travaux ? Probablement une grande institution intéressée à investir dans l'immobilier, «la Caisse de dépôt ou Teachers, par exemple», de répondre Mme Jérôme-Forget. On songerait même à éviter les taxes en passant par une institution gouvernementale comme la Corporation d'hébergement du Québec, qui possède et gère déjà des établissements du réseau de la santé.
Lors d'une visite au Devoir, plus tôt cette semaine, le directeur général du CHUM, le docteur Denis R. Roy, a exprimé l'avis qu'un PPP retarderait les travaux de construction de deux ans environ. En revanche, la formule peut faire en sorte que le projet soit réalisé à l'intérieur des échéances fixées et des budgets alloués, ce qui présente un intérêt certain.

Quant aux économies possibles au cours des années de gestion privée, la preuve reste à faire. Si l'entreprise responsable doit embaucher des employés d'entretien aux mêmes conditions que la fonction publique, on ne voit pas d'où proviendraient les économies.
Ce qui inquiète le plus à l'heure actuelle dans cette saga des hôpitaux, ce n'est pas le fait d'ignorer le nom de celui qui construira et entretiendra les immeubles, mais d'ignorer ce qui se passe derrière les portes closes. Depuis le jour où Québec a tranché quant au choix de l'emplacement du futur CHUM, on tourne en rond. Monsieur le ministre, à quand la première pelletée de terre ?
j-rsansfacon@ledevoir.com


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