LAÏCITÉ

Laïcité: lancement d’une campagne de financement pour la défense de la loi

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N'est-ce pas plutôt à l'État de se défendre lui-même ?


(Montréal) Le Mouvement laïque québécois lance une campagne pour financer sa défense de la Loi sur la laïcité de l’État.


La contestation de la loi doit être entendue à compter du 2 novembre et le Mouvement laïque québécois a obtenu l’autorisation de la Cour supérieure pour intervenir dans le dossier, aux côtés du Procureur général, qui défendra la loi.


Le Mouvement laïque québécois souhaite y faire entendre la voix des parents et des enfants en matière d’éducation, a expliqué Me Guillaume Rousseau, avocat du mouvement, lors d’une entrevue avec La Presse canadienne.


Il invite ceux qui soutiennent la cause à faire un don, à la mesure de leurs moyens, au jedonne21.ca ou en se rendant sur le site Web du mouvement.


 

« On est en position de déséquilibre », affirme-t-il, en soulignant que les opposants à la loi sont une quinzaine, dont deux organisations syndicales qui perçoivent des cotisations syndicales auprès de leurs membres, et une commission scolaire qui perçoit des taxes scolaires.


L’objectif de la campagne de financement sera révélé lors du lancement officiel de celle-ci, au début de septembre.


Me Rousseau souligne que si la cause doit se rendre jusqu’en Cour suprême, cela risque de coûter « plusieurs centaines de milliers de dollars ». Les avocats doivent en effet faire rédiger des rapports d’experts, faire les recherches nécessaires en droit, s’occuper des affidavits, préparer les témoins, les contre-interrogatoires.


L’audition de la cause doit commencer le 2 novembre et continuer aussi en décembre, à raison de cinq jours par semaine. Les différentes contestations de la loi qui devaient être intentées ont ainsi été réunies.


Ceux qui contestent la loi allèguent qu’elle est discriminatoire et contraire à la Charte des droits. Ils allèguent aussi qu’elle cause des torts aux minorités religieuses et briment particulièrement les droits des femmes musulmanes.


Parmi ces groupes qui contestent la loi, on compte le Conseil national des musulmans canadiens, la Commission scolaire English Montreal, la Fédération autonome de l’enseignement, l’Association canadienne des libertés civiles et l’étudiante en enseignement Ichrak Nourel Hak.


La Loi sur la laïcité de l’État interdit le port de signes religieux, durant les heures de travail, aux employés de l’État en situation d’autorité et aux enseignants des écoles publiques des niveaux primaire et secondaire. Elle prévoit également une clause de droit acquis qui en exempte ceux qui occupaient déjà un poste touché et qui portaient déjà un signe religieux.