La victoire au référendum passera par les jeunes

C'est eux qui fourniront le pourcentage manquant

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Tribune libre

Il ne manque vraiment que très peu de choses pour atteindre la majorité requise pour réaliser l'indépendance, à peine 10 ou 11% des votes, car, rappelons-le, tous les votes comptent lors d'un référendum. Il n'y a pas un seul Oui de perdu; c'est cet atout qui fait notre force.

Bon an, mal an, depuis toujours, une base solide d'autour de 40% demeure acquise à l'idée de faire l'indépendance du Québec. Aller chercher 11% chez le 60% qui reste est chose tout à fait réalisable. Il suffit au fond de convaincre et de faire changer d'avis une seule personne sur six.

Et c'est chez les jeunes que nous avons le plus de chances d'aller chercher le 11% manquant pour la victoire. Mais pour ce faire, il faudra les éveiller à la cause, qui n'apparaît actuellement pas tellement prioritaire dans leur échelle d'intérêts, faute de notre part d'avoir su leur en démontrer l'importance capitale pour eux, la génération qui sera pourtant la première à pouvoir en profiter pleinement.

Mais nous pouvons compter sur plusieurs facteurs pour les rallier à la cause de la quête d'un pays bien à nous, eux compris.

- Les jeunes s'enthousiasment rapidement pour toute cause qui les allume. Ils ne demandent pas mieux que de s'impliquer dans tout projet à portée sociale. La durée d'une campagne bien menée est amplement suffisante pour les motiver et les mobiliser. Les jeunes adorent participer à une activité virale, lorsqu'ils en sentent l'importance (les carrés rouges, les manifestations et contestations en tout genre). Ils adorent se sentir dans le coup. C'est l'âge où on possède l'audace de vouloir changer les choses du tout au tout. Ils veulent que ça bouge. Lorsqu'ils veulent du changement, il le veulent tout de suite.

- Une fois que la jeunesse sent qu'il faut aller dans une direction plutôt que dans l'autre, tous s'unissent comme un seul homme par un effet d'entraînement imbattable, grossissant rapidement leur nombre et dépassant la majorité. L'effet boule de neige les caractérise. l'engouement subit pour un groupe de musique en est un exemple. Un jeune ne veut pas se sentir exclu lorsqu'il sent que la majorité de ses pairs va dans une direction donnée.

- La campagne référendaire devra être axée sur les idéaux actuels de la jeunesse, en leur faisant comprendre qu'un Québec souverain sera en meilleure position pour réaliser leurs priorités à eux, comme par exemple l'environnement qui leur tient tant à cœur, la mobilité dans l'emploi, la conciliation travail/loisirs, etc. Ces éléments devront figurer prioritairement dans les débats. Il faudra leur démontrer que c'est dans un Québec libre de ses décisions, de ses orientations, sans interférences d'Ottawa, que ces objectifs pourront être atteints.

- Les jeunes aiment relever des défis de taille, cherchant continuellement à repousser leurs limites (stage en aide internationale, l'engouement pour les sports extrêmes). L'indépendance ne représente-t-elle pas un incomparable défi à réaliser, un geste héroïque à poser?

- Il est inexact de prétendre que les jeunes ne s'intéressent pas à la politique ou à la cause nationale. C'est simplement qu'on a négligé d'aller les chercher, les croyant acquis d'avance. Leur intérêt est en mode de latence, en veille, il hiberne. Le goût de la liberté est plus fort que tout chez les jeunes.

- Plusieurs des porte-paroles de la campagne devraient être des jeunes dans le but de favoriser l'identification. Des jeunes qui sauront écouter et refléter les aspirations de leurs pairs.

- Contrairement à certaines catégories de personnes plus âgées ancrées dans leurs opinions jusqu'à la sclérose et incapables de remise en question, les jeunes sont capables de changement d'idéologie, d'adhésion politique, à condition de leur en démontrer le bien-fondé. Un autre exemple: on sait qu'il serait peine perdue de tenter de faire changer d'opinion les minorités ethniques qui votent en presque totalité pour le Non. Mais les jeunes, quant à eux, sont par nature capables d'oser autre chose, d'opter pour le beau risque. pourvu qu'on sache leur en démontrer les avantages avec conviction.

Maximisons les avantages de cette flexibilité naturelle en misant sur l'attachement naturel des jeunes aux idées de la liberté, de la libération, de l'apprentissage de l'autonomie qui fait qu'on ne dépend plus de personne, ce qu'on cherche tant à acquérir à cet âge.

Ce 11 ou 12% manquant qui nous mènera à la libération nationale est tout à fait accessible grâce à l'apport des jeunes qui devront sentir qu'ils auront un rôle crucial à jouer dans le Québec de demain, ce pays tout neuf qui sera le leur pour les décennies à venir.

Il revient désormais aux organisateurs de la prochaine campagne de susciter l'adhésion, l'implication, la participation des jeunes, d'allumer la traînée de poudre de l'enthousiasme. À eux de recruter plus de jeunes convaincus dans leurs rangs, de leur accorder davantage de place dans l'orientation des choses, et de les laisser effectuer des déclarations pour la bonne cause dans les médias.

L'efficacité des assemblées de cuisine d'antan devrait être transposée à la grandeur des cegep et des universités, terreaux fertiles s'il en est deux pour la discussion et le choc productif des idées, en multipliant les débats informels et les causeries question-réponse avec des représentants, connus ou non, du mouvement indépendantiste.

À tous les jeunes qui nous lisent déjà, je dis: vous avez une énorme responsabilité sur les épaules, dont vous pouvez vous acquitter en épousant la grande et noble cause de l'indépendance nationale. Votre participation active fera la différence entre le succès et l'échec de notre grand projet collectif à tous. C'est vous qui pouvez faire pencher la balance du bon bord. Vous avez l'avenir de votre pays entre les mains. Participez à sa création, à sa reconnaissance internationale, pour qu'il soit vôtre à jamais.

Ce pays tant attendu qui grandit au cœur de nous tous, c'est le Québec qui ne demande plus qu'à naître.

Notre rendez-vous historique avec la destinée approche à grand pas. Que jeunes et moins jeunes y apportent leur précieuse contribution, unis dans un même élan libérateur.

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Réjean Labrie689 articles

  • 1 216 754

Réjean Labrie est natif de Québec. Il a fait une partie de sa carrière dans la fonction publique provinciale.

Il tire la plus grande fierté d’être un enraciné de la 11ème génération en sol natal. Son élan nationaliste se porte sur la valorisation de la culture québécoise et sur la préservation de l'identité culturelle québécoise et de sa démographie historique.

Il se considère comme un simple citoyen libre-penseur sans ligne de parti à suivre ni carcan idéologique dont il se méfie comme des beaux parleurs de la bien-pensance officielle.

L'auteur se donne pour mission de pourfendre les tenants de la pensée unique, du politiquement correct, de la bien-pensance, toutes ces petites cliques élitistes qui méprisent le peuple.

L'icône d'identification montre les fortifications de Québec qui symbolisent notre caractère irréductible et notre résilience face à l'adversité.

Ses quelques 685 articles publiés en ligne ont été lus plus d'un million de fois par tous ceux qui ont voulu partager une réflexion s'étendant sur une période de plus de 12 ans. À preuve que l'intérêt pour une identité nationale québécoise affirmée ne se dément pas, quoi qu'on en dise.





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7 commentaires

  • Réjean Labrie Répondre

    20 mai 2022

    Les plus récents sondages sont très encourageant.


    L’aspiration à la libération nationale progresse, surtout chez les plus jeunes


    Enquête GROP : 52,6 % des québécois pour la souveraineté-association. 40,5 % pour l’indépendance pure et simple.


    Rappelons qu’un an avant le référendum de 1995, l’appui à la souveraineté (question « dure ») se situait à 35,4% (Léger, novembre 1994). Or, 27 ans plus tard, en 2022, cet appui s’élève à 40,5% (« que le Québec devienne un pays indépendant »)


    Faits saillants :





    • 40,5% des répondants se déclarent favorables à l’indépendance du Québec. 48,6 % chez les francophones ;



    • 52,6% se disent pour la souveraineté-association. 60,5% chez les francophones ;



    • 61,9% appuient l’idée d’un statut particulier pour le Québec. 68% chez les francophones ;



    • Selon les résultats de l’enquête, les moins de 25 ans s’affichent comme de tendance souverainiste, alors que les répondants de 25 à 54 ans se révèlent plutôt de tendance fédéraliste. Toutefois, chez seuls francophones de ce groupe d’âge, le portrait est plus nuancé, allant de très faiblement souverainiste pour les 25 à 34 et croissant chez les 35 à 44 ans, puis encore un peu plus chez les 45 à 54 ans. Enfin, les 55 ans et plus présentent une forte tendance souverainiste. L’étude présente également les résultats du coup de sonde en fonction du lieu de résidence des répondants et de leur situation économique.



    • Par ailleurs, 51,2% des souverainistes considèrent qu’il serait possible de réformer le fédéralisme canadien, cette proportion passant à 68,5% chez les centristes et à 54,3% chez les fédéralistes ;



    • La reconnaissance du droit du Québec à faire sécession du Canada est partagée par 99,6% des souverainistes, 82,9% des centristes et à peine 9,4% des fédéralistes ;



    • La confiance dans la capacité du Québec d’être un pays souverain rejoint 99,6% des souverainistes, 67,9% des centristes et 6,3% des fédéralistes ;



    • 95,1% des souverainistes jugent la souveraineté faisable, cette proportion étant de 49,7% chez les centristes et de seulement 2,3% chez les fédéralistes ;



    • En ce qui concerne le sentiment d’appartenance nationale, l’étude relève que si la majorité des jeunes se définissent en tant que québécois et québécoises, ceux-ci manifestent toutefois un attachement identitaire plus faible que leurs aînés envers le Québec, et se montrent plus individualistes et pragmatiques que ces derniers. Chez les francophones, trois groupes d’âge se distinguent : 1) les 55 ans et plus, majoritairement souverainistes, affichant un fort sentiment identitaire québécois de nature symbolique ou normative et présentant des traits collectivistes ; 2) les 35 à 54 ans qui, au sein de la catégorie plus large des moins de 55 ans, se révèlent les plus enclins à appuyer le camp fédéraliste ; 3) les moins de 35 ans, qui forment un fort contingent de centristes. [Étude Cotnoir, p. 3]


    Source: https://vigile.quebec/articles/enquete-grop-52-6-des-quebecois-pour-la-souverainete-association-40-5-pour-l



  • Archives de Vigile Répondre

    21 avril 2016

    @ Normand Paiement
    En complément à votre commentaire, voici une urgente information à transmettre aux gens qui s'intéressent au sujet de la dette de l'Ontario envers le Québec depuis 1867 :
    Date : Mardi 26 avril 2016
    Heure : 19 heures
    Lieu : Église Saint-Laurent, 775 avenue Sainte-Croix,
    Salle St-Joseph (Rampe d’accès)
    Allocution du physicien centenaire, monsieur Pierre Demers, au sujet de la dette du Québec et de l’Ontario dans une perspective historique. L’ancien candidat du Bloc québécois, William Fayad, professeur de mathématiques à la retraite, fera la présentation.
    L’entrée est gratuite mais les personnes intéressées pourront se procurer des vidéos de Monsieur Pierre Demers au coût de 25$
    SOURCE : http://www.independantes.org/2016/04/05/une-certaine-dette-du-quebec/

  • Normand Paiement Répondre

    18 avril 2016

    Monsieur Labrie,
    Voici le genre d'information choc qu'il conviendrait de faire circuler, tant auprès des jeunes que de l'ensemble de la population du Québec:
    L’incroyable dette de l’Ontario envers le Québec!
    Je fais partie de ces indépendantistes qui déplorent au plus haut point que les ténors péquistes n'aient pour ainsi dire jamais pris la peine, sans doute par pusillanimité, de présenter à la population des arguments convaincants en faveur du projet de pays qu'ils prétendent pourtant défendre avec fougue.
    Heureusement, d'autres s'en chargent depuis quelque temps. Ainsi, les liens suivants donnent accès à des textes et à des vidéos qui réfutent certaines des objections habituelles des fédéralistes en démontrant clairement, chiffres à l'appui: 1° que le Canada anglais a depuis toujours agi au détriment des intérêts économiques du Québec; et 2°que l'indépendance sera payante, TRÈS payante: http://aqction.info/evenement/lundi-de-lhistoire-10/, http://www.independantes.org/2015/09/15/le-carcan-federal-dette-historique-de-lontario-envers-le-quebec/, https://www.youtube.com/watch?v=xz7AfqCvNEY, https://www.youtube.com/watch?v=zLjKgaRgB0U&feature=autoshare, https://www.youtube.com/channel/UCpmnbvqwLntSFQSbIAEPlGA/videos.
    Bonne lecture et bon visionnement!

  • Claude Poitevin Répondre

    17 avril 2016

    Peut être ces représentations de mon cru, issue de mes tableaux eux même inspirés de photos d époque, inspirera t il la génération actuelle.
    https://picasaweb.google.com/108508475851565117119/5073#5953582378663680626

  • Laurent Desbois Répondre

    17 avril 2016

    Pour votre réflexion!
    Les jeunes québécois disent: “Canada, adieu !”
    http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/jeunes-quebecois-canada-adieu/7168/
    Chez les 18-24 ans, cette auto identification québécoise atteint: 68%. Pour le reste, 13% se disent également Canadiens et Québécois et seulement 14% se disent “Canadiens d’abord” ou “Canadiens seulement”.
    Chez les francophones de 18-24 ans, le niveau est de 77%. (13% égal et 8,4% Canadiens)
    (l’Association des études canadiennes, dont le directeur est Jack Jedwab)

  • Jean-Jacques Nantel Répondre

    16 avril 2016

    Pour convaincre le 10 ou 11% d'électeurs manquants, encore faudrait-il que les chefs indépendantistes parlent d'indépendance aux fédéralistes.
    Parce que, voyez-vous, ils évitent systématiquement de le faire dans le but évident de se faire élire.
    Mais pourquoi diable, quand ils ont un micro de télévision sous le nez, évitent-ils tous d'utiliser l'argument économique hyperconvaincant des droits de passage qu'un Québec indépendant imposera pour traverser son territoire, EXACTEMENT COMME LE FONT TOUS LES AUTRES PAYS INDÉPENDANTS DU MONDE?
    Le Canada anglais devra nous payer quand il traversera le Québec en autos, en autobus, en camions, en trains, en bateaux, en pipelines, en gazoducs, tout le temps!
    On parle ici de beaucoup plus que 10 milliards de dollars qui entreront dans un Québec indépendant ET QUI N'ENTRENT PAS PRÉSENTEMENT.
    Et c'est maintenant qu'il faut commencer à le dire pour que ces idées aient le temps de pénétrer dans la population, mais aussi pour susciter le débat autour de ces questions. Deux ans après l'élection de Couillard, le PQ est encore en train de ¨s'organiser¨ et de placoter sans rien faire pour faire avancer le projet.
    Plus ça va et plus c'est clair qu'on fait rire de nous... encore!

  • Archives de Vigile Répondre

    15 avril 2016

    Il est vrai que de rappeller que les québécois ont décidés collectivement dès 1963 de se tourner exclusivement vers l'hydro-électricité pour combler leurs besoins énergétique alors que partout en occident et particulièrement en amérique du nord, le nucléaire et le pétrole était et demeure favori, ne peut qu'être positif pour intéresser les jeunes au PQ.
    De plus,il s'agit d'un exemple concrets qui prouve que les québécois sont ingénieux, visionnaires et qu'ils peuvent prendre des décisions collectives dans la sérénité et pour le mieux pour notre avenir collective. Finalement, elle démontre l'absurde des arguments fédéralistes qui prévoit la grande noirceur au Québec advenant l'indépendance..