La nouvelle révolution

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Martineau est obsédé par la lourdeur de la social-démocratie et ne voit pas l'effondrement national


Bientôt, nous entrerons en période préélectorale.


Si l’on se fie à ce qu’on a entendu ces dernières semaines, les couteaux risquent de voler bas.


Les libéraux vont traiter leurs adversaires de racistes, les caquistes vont faire des promesses qui ne tiennent pas la route, et les péquistes vont tenter de colmater les fissures créées dans le camp souverainiste par l’implosion pathétique du Bloc.


Bref, on restera au ras des pâquerettes.


Ce que j’aimerais entendre


Je suis peut-être idéaliste, mais voici ce que j’aimerais entendre au cours des prochains mois.


Un discours avec de la vision, de l’ampleur, de l’ambition. Comme ceux que l’on avait l’habitude d’entendre dans les années 1960.


Ça irait comme suit...


« Chers compatriotes, il y a 50 ans, le Québec a changé le cours de son histoire en créant un État moderne.


« Nous ne nous sommes pas contentés de nager le vent dans le dos : nous avons pris le destin par les cornes et avons plongé tête première dans le 20e siècle.


« Nous avons tout refait, tout inventé, tout construit. Nous avons apporté des réponses originales à des questions nouvelles, inédites.


« Eh bien, le temps est venu d’effectuer une autre révolution, tout aussi déterminante pour le cours de notre histoire.


« Il ne s’agit pas d’appliquer des recettes des années 1960 à des problématiques des années 2020, comme le voudraient certains nostalgiques.


« Le monde a changé dramatiquement au cours des 50 dernières années, et les réponses que nous devons apporter aux problèmes d’aujourd’hui et de demain doivent prendre en compte et refléter ces changements. »


Une révolution dans nos têtes


« Dans les années 1960, nous avons construit un État fort, solide. Mais cet État s’est hypertrophié. Il est gros, obèse, éléphantesque, et n’est plus capable de réagir prestement et efficacement aux défis qui s’imposent à nous.


« Il ne suffit pas de le modifier. Il faut le transformer de fond en comble, revoir sa mission fondamentale.


« Quelle est la mission d’un État ? Venir en aide aux déshérités, les aider à se prendre en main. Aide-toi et l’État t’aidera. Or, aujourd’hui, l’État vient en aide à tout le monde et son frère et veut régler tous les problèmes qui se présentent dans le cours normal d’une vie. Désolé, mais c’est impossible.


« L’État ne peut se substituer aux parents, à la famille ou à la communauté. Prenez-vous en main et cessez de balayer vos responsabilités dans la cour de l’État et du gouvernement !


« L’État est un monstre qui ne cesse de gruger de plus en plus de fonds publics. Il ne sert plus le citoyen, c’est le citoyen qui le sert.


« Cela doit cesser. Terminé, le temps de la gestion à la petite semaine. Il faut une révolution !


« Une révolution dans notre façon de concevoir l’État et une révolution dans nos têtes ! »


Encore un effort


« Si vous nous élisez, nous ne vous promettons pas des vacances. Ça va être dur ! Nous devrons faire des choix déchirants ! Mais nous laisserons à nos enfants un Québec renforci, prêt à embrasser le 21e siècle ! »


Seriez-vous capables d’entendre un tel discours ?


Voteriez-vous pour un tel parti ?